Le compte à rebours en vue des Jeux olympiques a beau se poursuivre près de la gare de Tokyo, ils ne s’ouvriront pas comme prévu le 24 juillet, selon Richard Pound.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

L’avocat montréalais en paraît convaincu : l’événement sportif planétaire sera repoussé par le Comité international olympique (CIO), vraisemblablement jusqu’en 2021, en raison de la pandémie de la COVID-19.

« Sur la base des informations dont dispose le CIO, un report a été décidé, a affirmé Pound dans une entrevue au USA Today lundi. Les paramètres n’ont pas été établis, mais les Jeux ne commenceront pas le 24 juillet, autant que je sache. »

Ancien vice-président et membre du CIO depuis plus de 40 ans, il estime que les prochaines annonces « viendront par étapes » d’ici les quatre prochaines semaines.

« Nous allons reporter cela et commencer à traiter toutes les ramifications de ce changement, qui sont immenses. »

La sortie de Pound survient au lendemain de la décision du Comité olympique canadien (COC) de ne pas envoyer ses athlètes au Japon si les JO se déroulent aux dates prévues, du 24 juillet au 9 août. Le COC a été le premier comité national à adopter une telle position. À quelques nuances près, l’Australie a envoyé le même message, tandis que la Suisse et le Brésil ont également demandé un report au CIO. L’épidémie de coronavirus a touché plus de 368 000 personnes et provoqué plus de 16 000 morts partout dans le monde.

« Ce n’est pas quelque chose qui va disparaître d’ici le 24 juillet, a ajouté Pound dans une entrevue subséquente à l’AFP. Pas plus que d’ici septembre ou octobre. Beaucoup de pays du monde, dont les plus grands, sont quelque peu dépassés, et cela commence tout juste à prendre racine en Afrique. »

Quatre semaines

La puissante fédération internationale d’athlétisme ainsi que les fédérations américaines de natation et d’athlétisme ont elles aussi mis de la pression sur le CIO ces derniers jours. Dimanche, le CIO a indiqué qu’il ferait connaître sa décision finale dans quatre semaines. Cette période devrait lui permettre d’évaluer ses options avec le comité organisateur de Tokyo 2020, soit de modifier les paramètres des Jeux pour aller de l’avant comme prévu le 24 juillet, ou en changer les dates.

Seule une annulation a été écartée. Le même jour, le premier ministre japonais Shinzo Abe a admis pour la première fois qu’un report « pourrait devenir inévitable », même si aucune région du pays n’a été frappée par une propagation généralisée du coronavirus, comme le soulignait un communiqué de Tokyo 2020.

Selon Walter Sieber, membre du COC, le report d’un an est la seule solution envisageable, même si le comité d’organisation local préférerait peut-être une présentation en octobre.

« Que vont-ils faire avec les 4000 employés? a soulevé l’ancien directeur général des sports des JO de Montréal en 1976 . Ils devront travailler plus ou moins une année de plus. Le Village olympique, une bonne partie est déjà louée à partir du mois d’août. Il faudra retarder ça aussi. Au bout du compte, la santé de tout le monde est plus importante que la question de l’argent. »

Sieber, qui siège toujours à la commission du programme du CIO, rappelle qu’un tel changement entraînera un véritable casse-tête pour les fédérations internationales de sport.

« Les calendriers sont faits de quatre à six ans à l’avance. Les Championnats du monde, les Coupes du monde, c’est réglé. Quand ce sont les Jeux olympiques, c’est le seul moment où tout s’arrête. »

Cette fois, ce sont les Jeux eux-mêmes qui devront sans doute prendre une pause.