Pablo Carreño Busta a été patient, et l’attente en aura valu la peine. À 31 ans, il a remporté son premier titre en tournoi Masters 1000, dimanche à Montréal, en disposant d’Hubert Hurkacz (8e) en trois manches de 3-6, 6-3 et 6-3.

Mis à jour le 14 août
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

À 5-3 à la fin de la troisième manche, Carreño Busta s’est procuré une balle de match. Jamais depuis le début de la rencontre le court central du stade IGA n’avait été aussi silencieux. Hurkacz était au service, du côté avantage. Il a servi un puissant service qui a été retourné brillamment par Carreño Busta. Un retour court, mais précis, à la droite du serveur. Hurkacz, qui a connu des difficultés pendant toute la rencontre au filet, est arrivé en retard sur la balle. Il l’a envoyée dans le filet.

De l’autre côté du terrain, Carreño Busta a bondi et sa tête a presque touché la stratosphère. Un petit bond pour le monde du tennis, mais un bond de géant dans la carrière de l’Espagnol, qui était sur un nuage après la rencontre.

  • Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pablo Carreño Busta

  • Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pablo Carreño Busta

  • Hubert Hurkacz

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Hubert Hurkacz

  • Hubert Hurkacz et Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Hubert Hurkacz et Pablo Carreño Busta

  • Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pablo Carreño Busta

  • Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pablo Carreño Busta

  • Pablo Carreño Busta

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pablo Carreño Busta

  • Hubert Hurkacz, le premier ministre québécois François Legault et la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Hubert Hurkacz, le premier ministre québécois François Legault et la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly

1/8
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il ne s’agit peut-être pas d’une finale qui restera dans les annales du tennis, mais c’est certainement une finale dont Pablo Carreño Busta se souviendra très longtemps.

C’est bon d’enfin gagner un titre Masters 1000, parce que j’ai travaillé vraiment très fort. […] Ç’a été une semaine incroyable. Je suis toujours resté positif, donc je suis très heureux en ce moment avec ce titre.

Pablo Carreño Busta

Le vainqueur de l’édition 2022 de l’Omnium Banque Nationale de Montréal a intégré brièvement le top 10 mondial en 2017, jusqu’au début de l’année 2018. Depuis, sa carrière est en dents de scie, naviguant entre la 11e et la 70e position. Il était même un peu sorti du radar.

Il avait tout de même mis la main sur six titres ATP, mais dimanche, il tentait de remporter son premier en Masters 1000, la deuxième catégorie la plus prestigieuse après les tournois majeurs. « Ce titre est probablement le plus important de ma carrière. Ça reste un gros accomplissement de gagner un Masters 1000 », a expliqué Carreño Busta.

Il avait fort à faire pour espérer battre Hurkacz. Le Polonais avait gagné les cinq finales auxquelles il avait pris part et il venait de disposer de Casper Ruud (4e) et Nick Kyrgios. En revanche, Carreño Busta avait aussi connu un fort tournoi, montrant la porte de sortie aux Italiens Matteo Berrettini (11e) et Jannik Sinner (7e). Le droitier n’était pas arrivé en finale par hasard. Il menait tous les joueurs du tournoi pour le nombre de jeux gagnés au service, lui qui s’était fait briser seulement trois fois. Cependant, il affrontait un joueur qui avait réalisé 77 as en quatre matchs.

Un retour réussi

Même si le début du match n’a pas été à son avantage, Carreño Busta est resté fort et concentré. Dès le départ, les deux joueurs ont imposé un rythme très élevé. Les jeux se déroulaient rapidement, les pauses étaient concises, et les célébrations après chaque point étaient de courte durée.

Carreño Busta a cependant eu un petit moment d’égarement au sixième jeu, alors qu’il tirait de l’arrière 3-2. Il a commis des fautes directes à des moments cruciaux et la 23e raquette mondiale s’est fait briser pour la quatrième fois du tournoi seulement.

Cependant, Carreño Busta ne comptait pas en rester là. Son adversaire s’est mis à servir avec moins de constance et de précision. « Pablo a bien joué, mais je n’ai pas bien servi. Ce sont les détails qui font les plus grosses différences », a expliqué Hurkacz après la rencontre.

Carreño Busta en a profité pour briser Hurkacz à son tour dès le deuxième jeu de la manche médiane. Il a été sublime en retour, et ç’aura été l’une des clés pour décrocher la victoire. Il a mené dans toutes les catégories en retour au cours de la deuxième manche.

L’éventuel gagnant du match aura finalement survolé la manche ultime. Il a servi notamment un passing spectaculaire à Hurkacz au deuxième jeu, puis il a servi un coup gagnant après un long échange de 19 coups à la mi-manche. Une séquence pendant laquelle les deux joueurs ont épaté la galerie avec des smashs, des amortis, des coups vifs, mais c’est surtout une frappe désespérée par derrière de Carreño Busta qui aura fait sursauter la foule.

« Je ne sais pas trop comment j’ai fait, j’ai juste essayé de mettre la balle dans le terrain. J’ai essayé de courir le plus vite possible. J’ai été un peu chanceux, parce que la balle est tombée près de la ligne. C’était un point incroyable. C’était juste un point, mais il a été important pour ma confiance. » Un point qui aura certainement changé l’issue du match.

La finale s’est conclue en 1 h 45 min et sitôt victorieux, Carreño Busta doit faire ses valises pour aller disputer le tournoi de Cincinnati, où il espère être porté par ses performances dans la métropole.

La suite

Dans le cas de Hurkacz, il s’agit aussi d’une semaine positive dans l’ensemble. « J’ai apporté beaucoup d’améliorations dans mon jeu et je retiendrai beaucoup de choses de cette semaine. »

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

Hubert Hurkacz

Il a atteint la finale en simple et la demi-finale en double. Demi-finale qui, cela dit, s’est terminée à 2 h du matin, dimanche. Ce qui n’a laissé au Polonais que 14 heures avant de retrouver le court central pour la finale. Il ne croit pas que cela a joué dans l’équation. Il préfère seulement évoquer les bons moments pour pouvoir attaquer avec aplomb le reste de la séquence nord-américaine.

Pour Carreño Busta, les prochaines semaines seront importantes avec la venue des Internationaux des États-Unis. Il a le vent dans les voiles et il devra saisir cette occasion pour faire un bon bout de chemin dans le tournoi new-yorkais. « J’ai gagné beaucoup de confiance et un trophée très important cette semaine. J’ai joué à un niveau très élevé. J’ai très bien joué depuis le premier match contre Berrettini. Je dois continuer comme ça, être moi-même, être combatif et je vais avoir mes chances. »

L’homme de 31 ans n’est pas dupe pour autant. Il sait que sa carrière de joueur ne durera pas une autre décennie. Il croit pouvoir jouer encore quatre fois les Internationaux des États-Unis. Peut-être cinq. Six, à la rigueur. Alors évidemment il veut gagner, mais il veut aussi profiter du temps qu’il lui reste pour s’amuser.