(Montréal) Nick Kyrgios est imprévisible, mais il commence à prendre l’habitude de gagner tous ses matchs ! L’Australien a remporté mercredi le 14e de ses 15 derniers matchs en surprenant le numéro un mondial Daniil Medvedev (6-7, 6-4 et 6-2).

Mis à jour le 10 août
Michel Marois
Michel Marois La Presse

Une victoire spectaculaire, ponctuée de coups brillants, de retournements de situation et de quelques sautes d’humeur, curieusement de la part de Medvedev, pourtant habituellement imperturbable.

C’est que la transformation de Kyrgios en « machine à gagner » commence à perturber ses rivaux, même les meilleurs. Et l’Australien en est pleinement conscient. « Ce n’est pas comme si je n’avais jamais battu le 1er mondial auparavant », a-t-il rappelé quand on lui a demandé comment il se sentait.

Je l’ai déjà fait. J’ai déjà gagné contre Medvedev. J’ai battu Roger [Federer], Novak [Djokovic], Rafa [Nadal]. Je ne manque jamais de confiance en moi. Même si je perds cinq matchs d’affilée, je pense quand même que j’ai une chance de battre n’importe qui !

Nick Kyrgios

Sans complexe, Kyrgios savait néanmoins qu’il devait mieux jouer qu’il ne l’avait fait la veille face à l’Argentin Sebastián Báez. « Le match a été difficile. Je savais qu’il [Medvedev] était en confiance et que je devais jouer un tennis qui briserait son rythme. Après avoir perdu le jeu décisif de la première manche, je me suis dit : “Pourquoi ne pas changer complètement ?” J’ai donc essayé de jouer service-volée sur pratiquement tous les points.

« J’ai bien servi, bien volleyé aussi, et j’ai pu gagner. Mais ce n’est qu’un match. Dans une plus large perspective, cela ne va pas me faire entrer dans le top 10 au classement. Ce n’est qu’un match, je dois me préparer pour le suivant. »

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Nyck Kyrgios

Curieusement, Kyrgios a paru plus frais que la veille. « À ce stade de la saison, tout le monde souffre un peu de quelque chose, personne n’est vraiment tout à fait frais. Je me lève le matin un peu fatigué, mes échauffements sont un peu plus courts. J’essaie de faire le minimum pour préserver mon énergie pour le match. Aujourd’hui, je ne me suis échauffé que pendant 10 minutes et je suis rentré pour aller sur la table du kiné. »

L’Australien est visiblement aussi plus serein. « Je suis capable de gérer l’après-match mieux que je n’ai jamais pu le faire, c’est vrai », a-t-il convenu. Je suis dans un bon état d’esprit, très positif. Ma compagne m’aide à rester positif, mon équipe m’entoure bien. Mentalement, tout commence par là. Je dois rester positif, penser à ma bonne série en ce moment et tabler sur ces succès. »

Plus fort mentalement et physiquement, Kyrgios commence aussi à prendre conscience de l’impact que ses succès peuvent avoir. « Maintenant, je joue pour bien plus que moi-même, a-t-il rappelé.

Je jouais [mercredi] à Montréal, sur le court central, un des plus beaux courts du monde, contre Medvedev. Ce serait égoïste de ma part de ne pas donner un bon spectacle, une belle performance au public, à mon équipe et à tous ceux qui regardent.

Nick Kyrgios

« Si je n’avais pas offert une bonne performance [mercredi], je n’aurais pas rendu service à mon sport. C’est ce dont le tennis a besoin, des matchs enlevants entre deux bons joueurs. Regardez le public, et je suis sûr que les joueurs ont aussi regardé le match. C’est important que les grands joueurs soient performants dans des matchs comme ceux-là, cela maintient notre sport en vie. »

Sur sa lancée, Kyrgios sera l’un des favoris aux Internationaux des États-Unis dans quelques semaines. « J’ai encore deux tournois avant New York, ici et à Cincinnati, et je dois tabler sur ces deux semaines, deux énormes semaines. Mais rien n’est garanti dans la vie. Je prends chaque jour l’un après l’autre, je ne regarde pas plus loin. Ma routine quotidienne me demande déjà un immense effort…

Trop tôt pour Medvedev

De son côté, Medvedev ne cachait pas sa vive déception. Le champion en titre des Internationaux des États-Unis venait, comme Kyrgios, de remporter un tournoi (à Los Cabos à Mexique).

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Daniil Medvedev

« C’est un peu dommage d’avoir eu à affronter Nick dès mon premier match, a estimé Medvedev.

[Nick] joue actuellement comme un joueur du top 10 et nous aurions dû nous affronter plus tard dans le tournoi.

Daniil Medvedev

Je n’étais pas vraiment à l’aise sur le court et j’ai raté quelques coups aux mauvais moments du match. Cela dit, il a été très bon, a bien joué et m’a battu sans équivoque. Mais je crois que le résultat aurait pu être différent si nous nous étions affrontés plus tard cette semaine. »

Le numéro un mondial avait pourtant arraché la première manche. « Habituellement, cela permet d’avoir des occasions tôt dans la deuxième manche, mais j’ai mal joué le premier jeu, il a fait le bris et il était déjà de retour dans le match. Avec lui, on ne sait jamais. Parfois, si on met de la pression sur lui, il craque, d’autres fois, non. Là, j’ai perdu mon service en début de manche et ça l’a mis en confiance… »