Il était hors de question pour Félix Auger-Aliassime de décevoir les partisans entassés au stade IGA pour le voir à l’œuvre mercredi soir. Même s’il a donné des sueurs froides à ses amateurs en début de match, le Québécois s’est imposé, tel un roi dans son royaume, pour l’emporter en deux manches de 7-5 et 6-4 contre Yoshihito Nishioka.

Mis à jour le 10 août
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Ceux qui croyaient que ce premier match contre Nishioka, 54e raquette mondiale, allait être une balade dans le parc Jarry se trompaient. Le Japonais n’était pas une proie facile.

Il avait atteint la finale du tournoi de Washington il y a quelques jours à peine et il avait une fiche gagnante de deux victoires et une défaite en carrière contre le Québécois. Auger-Aliassime devait quant à lui assumer la pression de jouer devant les siens, sur le central, pendant la séance de soirée.

« C’est difficile de se préparer à ça, a expliqué Auger-Aliassime après la rencontre. Ce matin quand je me suis levé, je me sentais très bien, je me suis reposé à la maison, j’ai discuté avec ma famille, tranquillement. »

Il explique tout de même avoir ressenti quelque chose de spécial lorsqu’il a entendu son nom en arrivant sur le terrain.

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Félix Auger-Aliassime, se frayant un chemin dans la foule, entre les vestiaires et le court central du stade IGA

Un sentiment que je ne retrouve nulle part ailleurs. Ça m’a donné des frissons.

Félix Auger-Aliassime

C’est d’abord l’inconstance qui a marqué le début de rencontre de la tête d’affiche. Galvanisé par l’accueil reçu à son entrée sur le terrain et pendant la période d’échauffement, il a donné le ton à la première manche avec des coups puissants et précis. En revanche, il semblait parfois à court de solutions contre un rival qui lui retournait presque tout.

C’est dans cette tendance dichotomique que la sixième tête de série a dû négocier.

Autant le Québécois a utilisé son coup droit en parallèle à de nombreuses reprises pour terrasser son adversaire, autant son premier service avait de la difficulté à tomber en jeu. Son taux de réussite était seulement de 25 % après ses deux premières séquences au service.

Autant il a réussi à soulever la foule grâce à 24 coups gagnants en première manche, autant il a suscité des murmures avec 25 fautes directes.

« Une première manche difficile. […] J’avais quand même de bonnes idées et de bonnes intentions, mais l’exécution n’était pas là », a admis le principal intéressé.

Néanmoins, FAA a survécu et a remporté le bris d’égalité de la première manche notamment grâce à un passing du revers qui s’est terminé le poing dans les airs, dans l’extase la plus totale.

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Félix Auger-Aliassime, après avoir remporté la première manche

Cependant, Auger-Aliassime en avait assez de seulement survivre. Il voulait surtout exister et marquer son territoire. La deuxième portion de la partie a été la sienne et même s’il n’a pas été en mesure de concrétiser deux balles de match à 5-3, il s’est repris de belle façon grâce à un as du côté sortant que son adversaire n’a même pas essayé de toucher.

Celui qui a fêté son 22e anniversaire il y a deux jours s’est offert un cadeau pas piqué des vers. La foule a acclamé son favori pendant de longues minutes après la rencontre, comme si elle en voulait encore.

Garder la tête froide

Déjà que Auger-Aliassime doit négocier avec la pression d’être le favori local et le joueur québécois le mieux classé de l’histoire de l’Omnium Banque Nationale, voilà qu’un nouveau facteur est entré en ligne de compte mercredi. Daniil Medvedev, Carlos Alcaraz et Andrey Rublev, respectivement première, deuxième et cinquième tête de série, ont tous été éliminés. Le tableau est donc grand ouvert pour le Québécois.

L’intérêt et l’engouement autour de ses performances prendront donc de l’ampleur plus le tournoi avancera, parce que certaines des plus grandes menaces ont déjà été écartées.

La clé pour lui sera de rester concentré sur sa tâche : « Tout le monde aime se projeter dans la vie, moi y compris, à certains moments, mais c’est ça, le travail d’un joueur. C’est d’arriver à garder la tête froide et de rester tranquille. Tous les points qu’on joue, il faut les gagner nous-même. »

L’heure de la revanche

Auger-Aliassime a donc rendez-vous avec Cameron Norrie (9), jeudi. L’historique entre les deux joueurs avantage le Québécois. Il a gagné quatre de leurs cinq affrontements. Cependant, il a subi sa seule défaite contre le Britannique la semaine dernière, en demi-finale du tournoi de Los Cabos. Ce revers est donc encore frais dans sa mémoire.

Le fait de l’avoir affronté la semaine dernière, oui j’ai perdu, mais c’est une bonne chose.

Félix Auger-Aliassime

Il a également affirmé que Norrie est l’un des meilleurs joueurs au monde par les temps qui courent et que comme leurs affrontements précédents, le prochain match sera difficile à gagner.

La glace est maintenant brisée pour Félix Auger-Aliassime, et les attentes seront plus élevées de jour en jour. Avec la chute des titans du circuit, la mission du Québécois n’est pas simple. Il veut régner, chez lui, le poing dans les airs.