(Toronto) La Lavalloise de 19 ans Leylah Fernandez a obtenu mardi le trophée Bobbie Rosenfeld, remis à l’athlète féminine de l’année, selon La Presse Canadienne.

Publié le 28 déc. 2021
Gregory Strong La Presse Canadienne

Fernandez a affiché le calme d’une championne après sa défaite en finale à Flushing Meadows, où elle a montré qu’elle est dorénavant un grand nom de la scène sportive.

Après être passée près d’un titre en Grand Chelem, la Québécoise a prononcé un discours qui a conquis le public au stade Arthur Ashe, et bien au-delà. Son éloquence a séduit, tout comme la qualité de son jeu durant le tournoi.

Rempli de victoires surprenantes, son parcours new-yorkais a été un fait saillant d’une saison représentant une brillante percée.

Fernandez a mérité un premier titre en carrière à la WTA cette année, atteignant le top 25 du circuit.

Classée 73e en arrivant dans la Grosse pomme, Fernandez a surpris la championne en titre Naomi Osaka au troisième tour avant d’écarter des joueuses telles Angelique Kerber, Elina Svitolina et Aryna Sabalenka, en route vers la finale.

« J’ai été très très fière de moi, de comment j’ai réussi à rester calme et d’être à la hauteur dans les moments importants », a dit Fernandez.

Fernandez a charmé avec son énergie et sa détermination. Les partisans ont été ravis, encourageant la Canadienne comme si elle était l’une des leurs.

En finale, elle s’est inclinée devant la qualifiée anglaise Emma Raducanu.

C’était un après-midi émouvant à New York, à l’occasion du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre. Après une interview sur le terrain, Fernandez a demandé le micro avant de recevoir le trophée de la finaliste, afin de s’adresser plus directement à la foule.

« Je sais que ce jour-là est particulièrement difficile pour New York et tout le monde aux États-Unis, a-t-elle dit. Je veux juste dire que j’espère que je pourrais être aussi forte et résiliente que New York l’a été au cours des 20 dernières années.

« Merci d’avoir toujours été là pour moi, merci de m’avoir encouragé. Je t’aime New York. J’espère vous voir l’année prochaine. »

Les applaudissements des 23 000 spectateurs ont été assourdissants.

En plus de sa première finale en Grand Chelem, Fernandez, qui a débuté l’année 88e, a triomphé à Monterrey en mars. Elle a également aidé le Canada à l’emporter 4-0 contre la Serbie lors des séries éliminatoires de la Coupe Billie Jean King en avril.

Pour l’obtention du trophée Rosenfeld, Fernandez a reçu 12 des 45 votes venant de rédacteurs en chef, journalistes et diffuseurs du Canada.

Les nageuses Penny Oleksiak et Maggie Mac Neil ont recueilli 10 votes chacune.

« Ce prix sera l’une des nombreuses récompenses qu’elle obtiendra, a déclaré le président de Tennis Canada, Michael Downey. Nous sommes tellement fiers de cette jeune femme, à la fois pour ce qu’elle a fait sur le terrain mais aussi pour ce qu’elle fait en dehors du terrain. Son discours (à New York) était extraordinaire. Nous sommes tellement fiers d’elle. »

Fernandez, qui vit et s’entraîne à Boynton Beach, en Floride, est la troisième joueuse de tennis à remporter ce prix annuel au cours de la dernière décennie. Bianca Andreescu l’a remporté en 2019 et Eugenie Bouchard l’a mérité en 2013 et en 2014.

Fernandez a terminé l’année avec une fiche de 25-17 et a remporté 1,77 million $.

La joueuse de soccer Christine Sinclair a remporté l’honneur l’an dernier.

« Je suis très honorée de faire partie de ces athlètes qui ont tant fait pour le sport féminin et leurs sports respectifs, et même en dehors de leurs sports, a déclaré Fernandez.

« J’ai vu tout ce que (Sinclair) a accompli au fil du temps. Je suis honorée d’avoir mon nom à côté du sien. »

Le gagnant du prix Lionel Conacher, remis à l’athlète masculin de l’année, selon la Presse canadienne, sera annoncé mercredi. L’équipe de l’année sera dévoilée jeudi.