Son parcours jusqu’en finale à Stockholm aura peut-être sonné le glas de la saison de Denis Shapovalov. Après sa défaite en trois manches de 6-4, 2-6, 6-4 face à l’Américain Tommy Paul, samedi, le Canadien a révélé qu’il tirait un trait sur sa participation à la phase finale de la Coupe Davis, qui se mettra en branle le 25 novembre prochain.

Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

« Je ne jouerai pas la Coupe Davis, a-t-il lancé en visioconférence après sa défaite crève-cœur. J’aime toujours jouer et représenter mon pays, mais j’ai besoin de repos pendant la saison morte. »

C’est un choix difficile qui se présente aux joueurs sélectionnés pour participer à cette « Coupe du monde du tennis ». Soit ils y participent et ne prennent aucun repos entre la fin et le début de la saison de l’ATP, soit ils se retirent pour profiter de quelques semaines d’entraînement et de détente.

« À travers une carrière, les priorités et les motivations changent, ajoute-t-il. […] J’envisageais d’y participer jusqu’à cette semaine. Mais j’ai joué tellement de tennis cette saison. J’ai de la difficulté à me motiver. Je ne crois pas que la bonne chose à faire pour moi, en ce moment, soit de continuer et d’aller jouer d’autres tournois. »

C’est important que je prenne du temps de repos. J’ai besoin d’une pause.

Denis Shapovalov

Il faut dire que Shapovalov, champion en titre à Stockholm, s’adressait aux médias après avoir échoué à arracher une victoire.

« Selon moi, j’ai vraiment manqué mon coup », a soupiré le Canadien, frustré.

Il venait de remporter trois matchs consécutifs pour la première fois depuis sa demi-finale à Wimbledon. À 4-3 en troisième manche, il avait deux balles de bris.

Révélation du tournoi

Mais Tommy Paul, une véritable révélation dans ce tournoi, après qu’il a sorti coup sur coup Taylor Fritz, Andy Murray et Frances Tiafoe, n’avait pas dit son dernier mot. Il sauvait la mise dans ce jeu, avant d’aller briser Shapovalov à 0-40 à 4-4. Les carottes étaient cuites : il gagnait son service à 5-4 pour éliminer celui qui avait remporté la dernière édition de ce tournoi, en 2019.

PHOTO JONAS EKSTROMER, TT VIA ASSOCIATED PRESS

Tommy Paul

« Je suis très content de mes performances cette semaine, a commenté Paul, qui repartait ainsi avec le premier titre de sa carrière. J’ai joué avec assurance, en jouant mon tennis sans en déroger, même quand j’étais sous pression. »

C’est ce que je veux continuer à faire. Je n’ai gagné qu’un seul tournoi, mais je veux en gagner plusieurs autres.

Tommy Paul

Paul s’amenait en finale après avoir remporté 24 matchs en 2021, sa meilleure année en carrière.

Et l’Américain de 24 ans a commencé sur une bonne note. Paul ne ratait pratiquement rien en première manche. Tout le contraire de Shapovalov : le Canadien a commis 14 fautes directes contre 4 seulement pour son adversaire.

« Il jouait vraiment bien et il m’a surpassé dans la première manche », a analysé le Canadien.

Des bruits émanant des gradins ont déconcentré Shapovalov à 2-2. Gardant son sang-froid, Paul en a profité pour pousser son adversaire à la faute sur son coup droit et s’emparer du bris de service qui s’avérera gagnant dans ce premier engagement.

L’histoire de la deuxième manche, remportée 6-2 par le Canadien, a été les 6 balles de bris que Tommy Paul a laissé filer. Shapovalov s’était emparé d’un premier bris dès le deuxième jeu, à sa première occasion du match. Lorsque la porte s’est ouverte pour Paul, à 0-40 au cinquième jeu notamment, Shapovalov s’est assuré de la refermer. Avec éclat : il lâchait un c’mon ! bien senti et réveillait ainsi la foule. Le champion en titre concluait la deuxième manche avec un autre bris.

Les rôles étaient inversés. Tommy Paul a commis 10 fautes directes contre 4 pour Denis Shapovalov en deuxième manche. Ce dernier a réussi 11 coups gagnants contre 3 pour l’Américain.

« J’ai été capable de lui mettre plus de pression au deuxième set, a souligné Shapovalov. Au troisième, j’avais l’impression de lui mettre plus de pression et d’avoir plus d’occasions, mais j’ai laissé le match filer. »

Malgré une première balle dévastatrice du Canadien, qui l’a sauvé du pétrin à plusieurs reprises en deuxième et troisième manche, il a tout de même commis trois doubles fautes dans ce match. Paul a remporté cette première rencontre entre les deux hommes en ne convertissant que deux balles de bris sur 12 occasions.

« Ce n’est pas une surprise pour moi de le voir jouer ainsi, a encore commenté Shapovalov. Je le connais depuis les juniors. Il est si bon joueur. Quand il joue son tennis, il est très difficile à battre. »

Denis Shapovalov avait battu son compatriote et ami Félix Auger-Aliassime en demi-finale, s’imposant en deux manches de 6-4 et 7-5.