(Paris) À trois mois des Internationaux d’Australie (17-30 janvier), les autorités gouvernementales australiennes répètent l’impérieuse nécessité d’être vacciné pour y participer, même si la WTA a évoqué un scénario avec quatorzaine préalable. Une ligne rouge qui fait planer le doute sur la participation du no 1 mondial Novak Djokovic.

Elodie SOINARD Agence France-Presse

Selon l’ATP et la WTA, interrogées par l’AFP, près de deux joueurs sur trois et plus de 60 % des joueuses sont vaccinés à ce jour.

Quelle est la position des autorités australiennes ?

Intransigeante et constante. Depuis une semaine, des autorités locales au gouvernement fédéral, le message est ferme : pas de vaccin, pas de visa.

« Je ne crois pas qu’un joueur non vacciné obtiendra un visa », se prononçait mi-octobre Daniel Andrews, le premier ministre de l’État de Victoria, où se situe Melbourne - qui sort à peine de plus de 260 jours de confinement cumulé, ce qui en fait une des villes au monde les plus longtemps placées sous cloche.

« Le virus se moque de votre classement ou de combien de Grands Chelems vous avez remportés. Vous devez vous vacciner pour vous protéger et protéger les autres », plaidait-il.

Une position soutenue par plusieurs ministres fédéraux dans les jours suivants. « Je n’ai pas un message pour Novak (Djokovic), j’ai un message pour quiconque souhaite venir en Australie : il devra être doublement vacciné », martelait-on au ministère de l’Immigration. « Nos règles s’appliquent sans exception. Peu importe que vous soyez no 1 mondial ou qui que ce soit d’autre », insistait-on à la Santé.

Depuis, le premier ministre australien Scott Morrison a évoqué la possibilité d’accorder des exemptions, comme ça peut être le cas pour des travailleurs qualifiés depuis le début de la pandémie. Mais Daniel Andrews a balayé cette éventualité.

« Je veux dire très clairement que l’État de Victoria ne demandera pas d’exemption pour les joueurs non vaccinés. Donc il n’en sera pas accordé. Et le problème est réglé », a-t-il asséné mercredi. Question de cohérence, explique-t-il : « Je ne vais pas demander aux spectateurs et aux employés du tournoi d’être vaccinés alors que des joueurs ne le seraient pas ».

D’autres scénarios sont-ils envisagés ?

La WTA, en lien notamment avec Tennis Australia, qui organise le premier Grand Chelem de la saison, a informé les joueuses d’un protocole sanitaire plus ouvert en cours de discussion, selon un mail révélé par un journaliste spécialisé dimanche.

Y est exposé un système à deux vitesses : rigoureux avec les non-vaccinés, souple avec les autres.

En résumé, pour les non-vaccinés, « une quarantaine obligatoire de 14 jours à l’hôtel » et « des tests réguliers », sans compter la question des cas contact « pas encore 100 % arrêtée ».

Pour les vaccinés en revanche, une « complète liberté de mouvement » à condition de présenter deux tests négatifs, un dans les 72 heures précédant le départ et un dans les 24 heures suivant l’arrivée.

Mais la WTA demandait alors de la discrétion, la fédération australienne y « travaillant toujours avec le gouvernement ».

Contactée par l’AFP, cette dernière s’était alors dit « optimiste quant à la possibilité d’organiser » le tournoi « dans des conditions aussi proches que possible de celles pré-pandémie ».

Qu’en disent les joueurs ?

La voix qui trouve le plus d’écho est celle du no 1 mondial Novak Djokovic, qui a publiquement pris position contre les vaccins au printemps 2020 et refuse de partager son statut vaccinal.

« Je ne sais pas si je vais aller en Australie », a déclaré le recordman de titres à Melbourne (9) au journal serbe Blic il y a une dizaine de jours. La portée du Grand Chelem australien est pourtant historique pour Djokovic : dépasser, avec un 21e trophée majeur, Roger Federer et Rafael Nadal.

« Personnellement, je suis opposé à la vaccination, et je ne voudrais pas qu’on m’y oblige pour pouvoir voyager », affirmait-il en avril 2020. Un an plus tard, il plaidait encore pour la « liberté de choix ».

« C’est une affaire privée. Ça me paraît incroyable que la société te juge en fonction d’un vaccin », estime le Serbe.

Un temps réticents, le no 3 mondial Stefanos Tsitsipas, qui arguait de sa jeunesse, ou encore le Français Gilles Simon, se sont décidés à tendre le bras.

Depuis les Internationaux des États-Unis début septembre, l’ex-no 1 mondiale Victoria Azarenka considérait elle « bizarre que les spectateurs soient obligés d’être vaccinés et pas les joueurs », et ainsi « inévitable que ça devienne obligatoire ».  Andy Murray, également ex-no 1 mondial, y voyait lui « une responsabilité en tant que joueurs qui voyagent à travers le monde ».