Félix Auger-Aliassime se trouvait juste au seuil de sa toute première finale en tournoi majeur. Mais il s’est incliné 6-4, 7-5 et 6-2 devant Daniil Medvedev, en demi-finale des Internationaux des États-Unis.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Le mandat était costaud contre le no 2 mondial, 33-5 sur surface dure en 2021.

« Il fallait que je joue mon meilleur tennis, et même mieux, pour avoir une chance de gagner aujourd’hui, a reconnu Auger-Aliassime en conférence de presse. Je ne l’ai pas fait suffisamment longtemps. Globalement, Daniil a été le meilleur de nous deux. »

Le Québécois ne s’est pas simplifié la vie d’entrée, commettant trois doubles fautes, mais il s’en est sorti indemne. Medvedev, lui, n’a pas perdu de temps, réalisant un premier jeu au service sans tache.

Se sont enchaînées quelques parties sans grande histoire, jusqu’à 3-3. Puis, au service, Auger-Aliassime a fauté au terme des deux premiers points qu’il contrôlait pourtant. Résultat : bris facile pour le Russe. Ce sera le seul de la manche.

PHOTO JOHN MINCHILLO, ASSOCIATED PRESS

Daniil Medvedev

Bien qu’il ne soit pas le reflet du score, le ratio coups gagnants-fautes directes des deux joueurs a été aux antipodes dans ce set initial : 14-5 pour Daniil Medvedev, 10-13 pour Félix Auger-Aliassime.

Et, avec sa deuxième balle de service, le Canadien n’a remporté que deux des dix points.

Les deux joueurs ne s’étaient croisés qu’une fois dans le passé, en 2018, à Toronto. Medvedev avait alors gâché le 18anniversaire d’Auger-Aliassime, remportant le duel au bris d’égalité du dernier set.

Medvedev sur une séquence

En début de deuxième manche, Daniil Medvedev – surnommé « L’ours », signification du mot « medved » en russe – a poursuivi le travail.

Moins dominant globalement, il a toutefois continué sur sa lancée au service.

De son côté, le Québécois n’a signé son premier coup gagnant du set qu’en fin de cinquième jeu.

Mais, à la partie suivante, en avance 3-2, il a enfin bénéficié de ses premières balles de bris du match. Bris que lui aura offert le Russe avec sa première double faute de la rencontre.

Félix Auger-Aliassime s’est donc retrouvé balles en main pour le set. Sans succès. Un deuxième bris en autant d’occasions dans le match pour le favori. Le Canadien ne s’en remettra pas.

« C’est un moment où je pouvais le briser mentalement et c’est ce qui est arrivé », a commenté Medvedev sur le court après le match.

Auger-Aliassime a évalué qu’il jouait jusqu’à ce moment aussi bien qu’il le pouvait. Sans équivoque, le moment décisif.

Dès son occasion suivante, Daniil Medvedev brisait de nouveau avant de remporter la manche 7-5, alors qu’il tirait de l’arrière 5-2.

Un match un peu étrange, a qualifié le vainqueur. Je pense que tout le monde avait l’impression qu’on serait un set partout après deux. Je ne crois pas avoir joué mon meilleur match, mais je suis heureux d’être en finale.

Daniil Medvedev

Après deux manches, Auger-Aliassime comptait déjà 29 erreurs non provoquées, dont 8 doubles fautes.

Conclusion aisée

Cette mauvaise fin de manche a laissé des traces. Au troisième jeu du troisième set, Medvedev brise.

Il entrouvre la porte à la partie suivante en octroyant une balle de bris à l’adversaire, mais pour mieux la lui refermer au nez.

Ç’aura sans doute été la dernière chance – aussi petite soit-elle – de revenir dans le match pour Auger-Aliassime. Au jeu subséquent, le Russe brise. Encore. Il a été parfait à ce chapitre : 5 en 5.

À 4-1, Daniil Medvedev au service, les jeux étaient faits. Ça se terminera 6-2. Un match, somme toute, plutôt facile pour le Russe, bouclé en deux heures et des poussières. Il n’a perdu qu’un set depuis le début de cette quinzaine new-yorkaise.

En soirée, il comptait regarder l’autre demi-finale, entre Novak Djokovic et Alexander Zverev.

Félix Auger-Aliassime conclut le duel avec 17 coups gagnants pour 39 fautes directes. Le ratio du vainqueur : 37 contre 25. Et il a remporté 104 points contre 73.

Le Québécois de 21 ans est désormais 0-7 en carrière contre des membres du top 5.

Un maître du dur

Après son quart de finale, Auger-Aliassime avait dit de Medvedev qu’il était l’un des meilleurs joueurs sur surface dure en ce moment. On ne peut plus vrai.

En fait, le dur, c’est le terrain de jeu du Russe. De ses 12 titres, 11 ont été gagnés sur cette surface. Il mène d’ailleurs l’ATP sur le dur depuis 2018 avec ces 11 titres, ses 17 finales et ses 146 victoires.

Cette année, sur cette surface, Medvedev fait partie du top 5 pour les as, le taux de points gagnés sur première balle – tant au service qu’en retour – et la proportion de jeux gagnés en retour.

Donc, on savait qu’il sert bien et retourne bien. Dans ce match, il a gagné 46 % de ses points en retour et 81 % des points joués sur sa première balle de service.

Félix Auger-Aliassime a admis avoir été impressionné par la qualité du service de son opposant.

Le no 2 mondial disputera une troisième finale à vie en tournoi majeur. Il s’est incliné à ses deux premières présences : en 2019, à New York, et cette année, en Australie.

Quant au Québécois, il a tout de même connu une forte année lors des tournois du Grand Chelem, après une ronde des 16 à Melbourne et un quart de finale à Wimbledon.

Maintenant, c’est l’heure de se reposer, puis de retourner au travail. C’est une semaine positive. On s’en va dans la bonne direction

Félix Auger-Aliassime

Premier demi-finaliste canadien de l’histoire des Internationaux des États-Unis, il était par ailleurs le plus jeune demi-finaliste à Flushing Meadows depuis Juan Martin Del Potro, en 2009.

Au 15rang mondial avant le tournoi, il sera classé 11lundi. Son sommet à ce jour.