(New York) Leylah Fernandez vient de signer la victoire la plus étincelante de sa très jeune carrière, sur l’une des plus grandes scènes de tennis du monde. Un triomphe inspirant contre nulle autre que la championne en titre des Internationaux des États-Unis, Naomi Osaka, qui a ensuite annoncé prendre une pause du tennis.

La Presse Canadienne

La Québécoise, classée 73e au monde, a réussi à renverser la Japonaise 5-7, 7-6 (2), 6-4, devant la bruyante foule du stade Arthur-Ashe, pour atteindre le quatrième tour du prestigieux tournoi du Grand Chelem.

Fernandez, qui célébrera son 19e anniversaire de naissance lundi, n’avait jamais affronté une joueuse aussi bien classée qu’Osaka, troisième raquette au monde.

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Fernandez, qui célébrera son 19anniversaire de naissance lundi, n’avait jamais affronté une joueuse aussi bien classée qu’Osaka, troisième raquette au monde.

« C’était un très bon match. J’étais très heureuse de la façon dont j’ai joué en première manche. Je servais bien, mais elle a eu le dessus à la fin, a analysé Fernandez. Pendant la pause, je me disais de rester positive et de continuer à me battre. Au deuxième set, j’ai trouvé une façon de résoudre le problème qu’était son service. »

Elle a paradé les deux bras en l’air devant la foule et a agité les poings, après avoir achevé son adversaire. Devant un public conquis, elle s’est dégourdie au micro. À savoir comment elle avait résisté à son adversaire qui servait pourtant pour le match en deuxième manche : « Je voulais rester ici plus longtemps. Je voulais donner un spectacle, une heure, ce n’était pas assez. »

Fernandez a obtenu sa meilleure réaction quand on lui a demandé à quel moment elle avait senti qu’elle pouvait vaincre Osaka.

Fernandez, qui célébrera son 19e anniversaire de naissance lundi, n’avait jamais affronté une joueuse aussi bien classée qu’Osaka, troisième raquette au monde.

« J’y ai cru dès le début, avant même le match », a-t-elle lancé, sourire étincelant, à mi-chemin entre la timidité et la confiance.

Dans tous les cas, son manque d’expérience n’a jamais paru. Fernandez a réussi 28 coups gagnants contre 24 fautes directes, tandis qu’Osaka a cogné 37 coups gagnants, mais 35 fautes directes.

Osaka a toutefois semblé perdre son désir de vaincre après avoir été victime d’un bris alors qu’elle était au service pour le match en deuxième manche. Durant le bris de la deuxième manche, elle a lancé plusieurs fois sa raquette au sol, et projeté une balle en hauteur chez les spectateurs. Osaka, il faut le dire, vit des mois difficiles depuis son forfait avant le deuxième tour de Roland-Garros, durant lequel elle a confié avoir des problèmes d’anxiété.

« Je ne pensais pas à elle, a précisé Fernandez au sujet des agissements de sa rivale. Je me concentrais sur ce que j’avais à faire. »

Avant de remercier un public new-yorkais impitoyable, mais qui sait aussi aimer sans retenu. « Ça a fait une grosse différence, merci aux partisans de New York, a dit la Québécoise. Vous m’avez aidé à gagner. »

L’atmosphère était largement différente dans le camp Osaka, on le comprendra. Dans un point de presse express mais lourd en émotions, entrecoupé de sanglots, Osaka a annoncé qu’elle prenait une pause.

« Récemment, quand je gagne, je ne suis pas heureuse, je suis surtout soulagée. Quand je perds, je suis triste. Je ne crois pas que ce soit normal. Je ne veux pas pleurer (sanglots). Je veux continuer (la conférence). Ok. C’est difficile. Je suis à un moment où j’essaie de comprendre ce que je veux faire. Je ne sais pas quand je vais jouer mon prochain match.

Puis, après un long moment de réflexion : « Je crois que je vais prendre une pause du tennis pendant un moment. » Osaka a ensuite levé les deux pouces en l’air, avant de quitter la pièce.

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Naomi Osaka est partie du terrain en faisant un signe de peace

Le déroulement du match

Fernandez a fait preuve de sang-froid contre Osaka, détentrice de quatre titres majeurs. Les deux joueuses sont restées au coude à coude en première manche jusqu’à ce que Fernandez se retrouve au service à 5-5.

Osaka a finalement brisé le service de Fernandez à zéro, avant de vite fermer les livres à son tour au service. Osaka a remporté les neuf derniers points du premier set.

Visiblement peu dérangée par la situation, Fernandez a commencé la deuxième manche en force, gagnant le premier jeu à zéro.

Les deux joueuses ont continué à ne rien donner au service. Fernandez s’est à nouveau retrouvé dans l’eau chaude au service à 5-5. Elle a sauvé deux balles de bris avant d’être victime d’un brillant coup gagnant du revers d’Osaka.

Avec la Japonaise au service pour le match, Fernandez a réussi à obtenir ses deux premières balles de bris de la rencontre et elle a converti la deuxième, quand Osaka a raté un coup droit. Un bris d’égalité a donc été nécessaire.

Fernandez a gagné les quatre premiers points du bris d’égalité et Osaka a violemment lancé sa raquette contre le sol, visiblement frustrée. Elle l’a lancée une deuxième fois après avoir perdu le cinquième point. Une manche ultime a donc été nécessaire.

Gonflée à bloc, Fernandez a brisé le service d’Osaka dès le premier jeu du troisième set. Elle a ensuite fait le nécessaire pour filer vers la victoire.

Le match a pris fin quand Osaka a raté un coup droit.

Au quatrième tour, Fernandez affrontera l’Allemande Angelique Kerber, 16e tête de série. Kerber, championne à New York en 2016, a vaincu l’Américaine Sloane Stephens, championne en 2017, 5-7, 6-2, 6-3.

Chez les hommes, Félix Auger-Aliassime, 12e tête de série, a repris du poil de la bête au cinquième set et il s’est sauvé avec une victoire de 6-3, 6-4, 4-6, 3-6, 6-3 aux dépens de l’Espagnol Roberto Bautista Agut (no 18).

PHOTO FRANK FRANKLIN II, AP

Félix Auger-Aliassime

Tout allait bien pour Auger-Aliassime après deux manches, mais le Québécois âgé de 21 ans a commencé à commettre beaucoup plus d’erreurs et Bautista Agut a été plus précis dans ses coups.

En retard 5-4 en troisième manche, Auger-Aliassime a redonné espoir à l’Espagnol en perdant son service. Au quatrième set, le Québécois a obtenu six balles de bris alors qu’il tirait de l’arrière 5-3, mais Bautista Agut a montré beaucoup de caractère pour forcer une manche ultime.

Lors du quatrième jeu, Auger-Aliassime a cette fois trouvé une façon de concrétiser son occasion et il a brisé son rival pour prendre les devants 3-1. Il a sauvé trois balles de bris à 4-2 avant de fermer les livres lors de sa première balle de match.

Au quatrième tour, Auger-Aliassime croisera le fer avec le vainqueur du duel entre le Russe Andrey Rublev (no 5) et l’Américain Frances Tiafoe.

En double masculin, le Britanno-Colombien Vasek Pospisil et le Danois Frederik Nielsen ont gagné leur match de premier tour 6-3, 7-6 (3) contre l’Américain Marcos Giron et le Suédois André Göransson.