À première vue, le duel semble inégal. La Canadienne Rebecca Marino aura un très grand défi à relever ce jeudi, en ronde des 16, alors qu’elle affrontera la favorite du tournoi, la Biélorusse Aryna Sabalenka, numéro 3 mondiale.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Marino pourra toutefois compter sur le soutien de Sylvain Bruneau, avec qui elle s’entraîne cette semaine, au stade IGA. Le coach est bien heureux de la voir faire « un bout de chemin » à l’Omnium Banque Nationale.

« Rebecca, je la connais depuis longtemps. Quand elle avait 18 ans, j’ai bossé beaucoup avec elle à Montréal. Elle est venue s’installer ici, j’ai voyagé avec elle », raconte Bruneau, à qui on a entièrement confié le tennis féminin professionnel et de transition au Centre national de tennis (CNT) à l’approche du départ de Louis Borfiga.

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Sylvain Bruneau, entraîneur du Centre national de tennis

La joueuse de 30 ans, 220e mondiale – 38e il y a 10 ans –, n’a plus l’habitude de bénéficier des conseils d’un entraîneur en cours de compétition. Quand elle est à Vancouver, Rebecca Marino travaille avec un coach sur place, mais il ne voyage jamais avec elle, indique Sylvain Bruneau.

Avec la distance qui les sépare, Marino et Bruneau ne se côtoient donc plus sur une base régulière.

« Mais on se parle beaucoup, a révélé l’entraîneur, en entrevue avec La Presse. On est encore très proches et on avait décidé de faire l’entraînement avant le tournoi, pendant le tournoi et la semaine suivante ensemble ici. »

Keys, puis Badosa

Rebecca Marino avait déjà causé une surprise en sortant Madison Keys au premier tour, lundi soir. Il faut dire qu’on a déjà vu l’Américaine sous de meilleurs jours, elle qui a réussi seulement 7 coups gagnants contre 28 fautes directes dans ce match…

Mais, mercredi, la Canadienne en a rajouté une couche en se débarrassant de la coriace Paula Badosa en trois manches de 1-6, 7-5 et 6-4 sur le court central.

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Rebecca Marino

En progression rapide, l’Espagnole de 23 ans, 31e mondiale, a remporté un premier titre de la WTA en 2021, à Belgrade. Elle a aussi atteint cette année trois demi-finales et deux quarts de finale (Tokyo 2020 et Roland-Garros). Une victoire significative pour Marino.

« Je suis très fière. C’est incroyable, a-t-elle déclaré, en français, lors de son entrevue d’après-match, sur le court. J’ai entamé le match un peu lentement, mais j’ai cru en moi du début à la fin et j’ai été capable de m’en sortir. La foule m’a aidée à continuer. Merci à tout le monde. »

La présence de Sylvain Bruneau dans son entourage n’est peut-être pas totalement étrangère aux succès de la Canadienne.

C’est l’fun. Même si je ne la vois pas pendant un petit bout de temps, quand je la revois et que je vais sur le terrain avec elle, je sais où est son jeu et on a cette connexion-là.

Sylvain Bruneau, entraîneur

Aryna Sabalenka a aussi dû batailler ferme pour obtenir son billet pour la ronde des 16, l’emportant sur la talentueuse Sloane Stephens en trois manches de 7-6, 4-6 et 6-4.

Au cours de la journée des médias, dimanche, Sabalenka se demandait comment elle allait se comporter avec ce petit (1) à côté de son nom.

« C’est un peu différent d’être numéro 1 parce qu’Ashleigh [Barty] et Naomi [Osaka] se sont désistées. Oui, c’est une petite pression et on verra comment je vais la gérer », avait-elle dit.

En ce sens, le match de ce jeudi, alors que la foule poussera fortement pour sa rivale, se révélera un bon test.

Avec La Presse Canadienne