Simona Halep n’aurait pu affronter pire adversaire pour son retour au jeu après trois mois d’absence en raison d’une blessure au mollet gauche. Danielle Collins l’a emporté 2-6, 6-4 et 6-4, au terme d’un affrontement enlevant sur le court central du stade IGA, mercredi soir.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Actuellement sans entraîneur à plein temps, l’Américaine de 27 ans connaît sa meilleure séquence à vie : 12 victoires de suite et deux titres consécutifs. À Palerme (catégorie 250, sur terre battue), puis à San Jose (catégorie 500, sur surface dure).

« Je ne peux me rappeler quand j’ai joué autant de matchs, honnêtement. Ç’a été de longues semaines en solitaire. Et aujourd’hui, ç’a été très douloureux vers la fin. Je suis simplement chanceuse d’être passée au travers », a commenté Collins sur le terrain, très émotive au terme du match, elle qui a dû demander une longue pause médicale à mi-chemin de la troisième manche.

La 28e mondiale avait entamé le duel en force, avec un as.

Une première balle qui est d’ailleurs centrale dans son jeu. Son taux de réussite est bas, à 55 %. Mais lorsque ce premier service frappe la cible, l’Américaine figure parmi les meilleures du circuit pour sa conversion en points.

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Danielle Collins

Au cinquième jeu, déjà à sa septième tentative du match, la Roumaine a enregistré un premier bris.

Puis, après une faute directe au septième jeu, Collins a laissé tomber sa raquette par dépit.

Devant elle, cela dit, Simona Halep n’avait pas les allures d’une joueuse anxieuse de retour à la suite d’une grave blessure.

« Je suis ici pour voir comment mon corps va tenir et à quel niveau je peux jouer après cet arrêt », a-t-elle répété maintes fois de différentes façons, dimanche, à l’occasion de la journée des médias. En entrevue avec La Presse, elle s’était même dite « inquiète ».

Après un deuxième bris consécutif qui lui permettait de prendre les devants 5-2, les derniers doutes s’étaient probablement dissipés.

Au premier set, Collins a commis 10 fautes directes. Halep, une seule…

Après le match, elle a confirmé que son mollet avait bien réagi. Et elle s’est dite heureuse de son match et de son jeu, malgré la défaite.

Pour Danielle Collins, il s’agit d’une première présence à Montréal. À l’opposé, Simona Halep avait gagné les deux dernières éditions du tournoi montréalais, en 2016 et en 2018.

Le vent tourne

Le portrait a changé au début de la deuxième manche, Halep étant brisée pour la première fois dès sa partie initiale au service.

Mais deux lancers de raquette de la bouillante Collins et un bris plus tard, l’équilibre était rétabli.

On ne sait si la mobilité de Simona Halep a déconcentré l’Américaine. Chose certaine, la Roumaine semblait l’avoir entièrement recouvrée.

Puis, on a assisté à un festival de bris, la manche se terminant avec cinq coup sur coup. Cinq ! 6-4 Collins.

Depuis lundi, Halep est exclue du top 10 après 373 semaines consécutives, une séquence qui vient au huitième rang parmi les plus longues de l’histoire. Maintenant 13e mondiale, elle était 6e tête de série à Montréal.

Pause controversée, fin de match haletante

Le début du troisième set a mis en relief la longue inactivité de la gagnante de deux tournois majeurs et 11 titres sur surface dure. Ses coups devenaient plus courts, tandis que la puissance de l’Américaine la mettait continuellement sous pression.

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Simona Halep

C’est néanmoins la Roumaine qui a réalisé le premier bris, au troisième jeu.

Le dernier ? Bien sûr que non. Deux autres ont suivi consécutivement.

À ce moment, Danielle Collins a demandé un long traitement médical au vestiaire. Au haut de la cuisse gauche, de toute évidence.

En entrevue d’après-match, elle a d’ailleurs raconté s’en être excusée à Simona Halep.

« Je crois qu’elle a réalisé que je souffrais. Mais je me sentais mal parce qu’elle était au service et avait du momentum. »

Pas certain que Halep ait été convaincue…

« C’était difficile pour moi parce qu’après deux heures et demie de jeu, avoir plus de 10 minutes de pause, ce n’est pas équitable. Mais certains joueurs, quand ils craignent de perdre le match, demandent une pause médicale et ensuite ils courent mieux qu’avant », a-t-elle laissé tomber. Ouf.

Et pendant ce temps, l’adversaire transpire et perd de l’énergie, a-t-elle expliqué, concluant sa tirade en reconnaissant tout de même le mérite de Collins pour la qualité de son match.

Quoi qu’il en soit, le mini-concours de bris s’est poursuivi.

Ce qui a mené au 10e jeu de cette dernière manche. Une partie exceptionnelle au cours de laquelle Halep a sauvé quatre balles de match avant de flancher.

Un duel enlevant qui semblait pourtant se diriger, après une manche, vers une soirée pas trop compliquée pour Simona Halep. Ce ne fut pas le cas. Et sa défense hors du commun n’aura pas suffi.

Faisons le compte des bris : 7 en 22 occasions de part et d’autre. Autant de jeux ont été gagnés en retour qu’au service.

Danielle Collins affrontera ce jeudi sa compatriote Jessica Pegula, 30e mondiale, en ronde des 16.