(Wimbledon) Les cris de « Vai ! (Allez !) », « Forza ! (Allons-y !) » et même « Andiamo, amore mio ! (Allons-y, mon amour !) » ont retenti sur le court central, encourageant Matteo Berrettini dans sa langue maternelle sur le point de devenir le premier finaliste italien dans un tournoi du Grand Chelem en 45 ans.

La Presse Canadienne

Grâce à de percutants services qui lui ont permis de totaliser 22 as et de puissants coups droits qui l’ont aidé à inscrire 60 coups gagnants, Berrettini, septième tête de série, a utilisé une séquence de 11 jeux pour s’emparer d’une importante avance, puis il a tenu bon pour vaincre Hubert Hurkacz, no 14, 6-3, 6-0, 6-7 (3), 6-4 à Wimbledon.

PHOTO AELTC/DAVID GRAY, AFP

Hubert Hurkacz

Dimanche, Berrettini affrontera en finale le favori Novak Djokovic, détenteur de 19 titres majeurs.

Berrettini a offert un dimanche de rêve à Londres pour l’Italie. Après avoir disputé la finale de Wimbledon en après-midi — la première pour un joueur masculin de son pays dans un match pour le titre dans n’importe quel tournoi majeur depuis qu’Adriano Panatta a remporté les Internationaux de France en 1976 — l’Italie affrontera l’Angleterre au stade de Wembley en finale de l’Euro en soirée.

Berrettini, âgé de 25 ans, avait perdu sa seule demi-finale précédente lors d’un tournoi majeur, soit aux Internationaux des Étas-Unis en 2019.

Il est maintenant sur une séquence de 11 victoires consécutives sur gazon, dont un titre lors du tournoi préparatoire du Queen’s Club le mois dernier, lorsqu’il est devenu le premier homme depuis Boris Becker en 1985 à remporter le trophée à ses débuts à cet évènement. Becker a triomphé à Wimbledon cette année-là.

Berrettini en force

Le résultat de vendredi a semblé se dessiner assez vite en la défaveur de Hurkacz, qui n’avait jamais franchi le troisième tour en Grand Chelem, mais après des victoires contre l’octuple champion Roger Federer à Wimbledon et le no 2 Daniil Medvedev.

Un moment clé, assez curieusement, est survenu après moins de 20 minutes, lorsque Hurkacz a mené 3-2 et a eu une balle de bris. Elle a été effacée par Berrettini — sans surprise — par un service vainqueur à 208 km/h, ponctué par l’un de ses nombreux cris de « Si ! »

À partir de là, Hurkacz est passé du gars qui a remporté la plus grande victoire de sa carrière — en trois manches en quarts de finale contre son idole, Federer — au joueur qui est arrivé en Angleterre après une séquence de six défaites consécutives.

Plus de 50 minutes se sont écoulées avant que Berrettini ne perde un autre jeu, une séquence qui lui a donné les deux premières manches et une avance de 1-0 dans la troisième.

Il ne pouvait (presque) pas rater. Hurkacz n’a (presque) pas pu s’en relever.

Domination

À la première manche, par exemple, Berrettini, du haut de ses six pieds cinq, a compilé 21 coups gagnants — 11 sur son coup droit — et seulement huit fautes directes. Hurkacz, en revanche, n’a pas remporté un seul coup en fond de court au cours de cette période.

À la fin, Berrettini a totalisé 24 coups gagnants sur son seul coup droit, et seulement 18 fautes directes. Les totaux de Hurkacz ? Moins de la moitié des coups gagnants — seulement quatre en coup droit — et 26 fautes directes.

Hurkacz, si calme contre Federer deux jours plus tôt, offrait l’image d’un joueur angoissé, se penchant en avant ou roulant des yeux après certains coups ratés.

Lorsque Hurkacz a cédé le bris pour la première fois par un après-midi nuageux, le Polonais de 24 ans s’est assis pour le changement qui a suivi et, entre deux bouchées de banane, a fait signe à son entraîneur américain, Craig Boynton, d’ajuster la disposition des sièges dans leur loge d’invités, voulant que certaines personnes soient plus proches les unes des autres et d’autres plus dispersées.

Comme si c’était ça le problème.

Hurkacz possède également un service redoutable, mais s’il n’a jamais semblé capable de gérer celui de son rival, Berrettini a fait les bonnes lectures et il a réussi à les bloquer pour amorcer les échanges.

Cela a bien fonctionné et a pavé la voie à six bris de Berrettini, qui a sauvé les deux balles de bris contre lui.

Acclamé depuis les gradins par sa petite amie, Ajla Tomljanovic, qui s’est qualifiée pour les quarts de finale cette semaine, Berrettini était à deux points de la victoire à quatre reprises dans la troisième manche, alors que Hurkacz a servi — deux fois à 5-4 (les deux fois à égalité), deux fois à 6-5 (à 30-partout et à égalité).

Mais Hurkacz est passé à travers, puis il a obtenu un sursis en enlevant le bris d’égalité, dans lequel il a pris une avance de 4-0 lorsque Berrettini a expédié la balle dans le filet sur ce qui aurait dû être une volée facile sur son coup droit.

Hurkacz a réussi à se ressaisir un peu en retraitant vers les vestiaires après la deuxième manche, et Berrettini a quitté le terrain après la troisième. Lorsque le jeu a repris, Berrettini a réussi le bris pour commencer la quatrième, et il était très vite de retour sur la bonne voie. Hurkacz a sauvé la balle de match initiale de Berrettini, à 5-3, avec un service vainqueur du service à 214 km/h.

Berrettini et ses partisans n’ont dû attendre que cinq minutes pour une deuxième occasion de fermer les livres, ce qu’il a fait.