(Paris) Iga Świątek est devenue samedi la première Polonaise titrée dans un tournoi du Grand Chelem après sa victoire en finale de Roland-Garros 6-4, 6-1 aux dépens de l’Américaine Sofia Kenin qui a semblé diminuée physiquement.

Agence France-Presse

À 19 ans, Świątek (54e mondiale) jouait sa première finale d’un tournoi de Grand Chelem et n’a pas perdu le moindre set de la quinzaine. Elle deviendra 17e au classement WTA lundi.

« Je ne sais pas ce qui se passe, je suis tellement heureuse, tellement contente que ma famille soit enfin là. C’est fou, je suis bouleversée. Il y a deux ans, je gagnais un Grand Chelem en juniors [Wimbledon 2018], j’ai l’impression que c’est allé tellement vite… », a-t-elle déclaré avant de recevoir le trophée.

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Iga Świątek passera du 54e rang au 17e du classement WTA lundi.

En 2016, Świątek avait déjà battu Kenin à Roland-Garros, mais au 3e tour du tournoi junior. Cette année, elle avait en face d’elle la no 6 mondiale qui s’était illustrée en début de saison en remportant les Internationaux d’Australie, son premier titre du Grand Chelem.

« Peut-être que Sofia aurait mieux joué sans blessure, je ne sais pas, mais j’ai été solide mentalement, je voulais juste être combative comme aux tours précédents. C’était très stressant aujourd’hui pour moi, ça a été difficile », a ajouté Świątek.

Kenin a en effet tenu le coup jusqu’à la fin du premier set, mais ensuite, après s’être fait bander le haut de la cuisse gauche, elle n’a plus vraiment opposé de résistance.

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Sofia Kenin a versé quelques larmes après sa défaite.

Świątek survole

Née à Varsovie, Świątek n’était que la deuxième joueuse polonaise à accéder à une finale en Grand Chelem dans l’ère Open (depuis 1968), la troisième au total. Avant elle, seules Jadwiga Jędrzejowska à trois reprises (Wimbledon et Internationaux des États-Unis en 1937, Roland-Garros en 1939) et Agnieszka Radwańska à Wimbledon en 2012 s’y étaient hissées. Sans succès.

Świątek, elle, a survolé le tournoi jusqu’au bout : en sept tours, elle n’a laissé échapper en moyenne que quatre jeux par match, en battant au passage Simona Halep, tête de série no 1 et favorite du tournoi, en huitièmes de finale.

Et pourtant… elle n’avait encore jamais remporté le moindre titre sur le circuit WTA et n’avait joué qu’une seule finale, perdue à Lugano (Suisse) en 2019. En Grand Chelem, elle n’avait jamais dépassé les huitièmes de finale.

La dernière joueuse à avoir gagné Roland-Garros sans céder le moindre set était Justine Henin en 2007.

Świątek est aussi la 54e joueuse à remporter un titre de Grand Chelem dans l’ère Open (1968). Lors des 13 derniers tournois du Grand Chelem, huit joueuses différentes ont gagné leur premier majeur. Dont Kenin à Melbourne en début de saison.

L’an dernier, pour sa deuxième participation aux Internationaux de France, la Floridienne, d’origine russe, avait battu sa compatriote Serena Williams au troisième tour avant de chuter en huitièmes face à la future lauréate australienne Ashleigh Barty. Au total, depuis son arrivée sur le circuit principal en 2018, elle n’avait gagné que 6 matchs sur terre battue, contre 11 défaites, avant l’édition 2020 de Roland-Garros. Elle a doublé son score en une seule édition et retrouvera lundi le quatrième rang mondial.