(Paris) Novak Djokovic était peu enclin à le reconnaître samedi après sa qualification, mais la finale de Roland-Garros dimanche contre Rafael Nadal pourrait être un tournant de l’histoire du tennis entre deux des trois meilleurs joueurs de tous les temps.

Igor GEDILAGHINE
Agence France-Presse

Les enjeux

Cette finale sera un marqueur pour le débat sans fin sur le meilleur joueur de tous les temps (GOAT).

Si Nadal (N.2 mondial/34 ans) gagne, il égalera le record de titres majeurs détenu par Roger Federer (20). Il deviendra également, le seul joueur de l’Histoire à s’être imposé à 13 reprises dans le même tournoi, Martina Navratilova ayant remporté 12 fois celui de Chicago. Sans compter qu’il signerait une 100e victoire aux Internationaux de France pour… deux défaites et un forfait en 16 participations.

PHOTO CHRISTIAN HARTMANN, REUTERS

Rafael Nadal

Si Djokovic (N.1 mondial/33 ans) gagne, il recollera à une longueur de Nadal dans la course aux Majeurs avec 18 titres contre 19. Il deviendra également le seul joueur à avoir battu l’Espagnol en finale de Roland-Garros. Et il sera le premier joueur de l’ère Open (depuis 1968) à remporter deux fois chacun des tournois du Grand Chelem.

Il s’agira du 56e duel entre les deux hommes, le 9e en finale de Grand Chelem (4 victoires chacun). Au total, Djokovic a gagné 29 fois, Nadal 26.

Le parcours des joueurs

Nadal n’a pas rencontré grande résistance pour se hisser en finale. Le jeune Italien Jannick Sinner, en quarts de finale, l’a poussé au bris d'égalité dans la première manche avant de céder en trois sets. En demies, Diego Schwartzman l’a emmené au jeu décisif dans la 3e manche, mais n’y a pas marqué le moindre point.

De son côté, Djokovic s’est promené pendant quatre tours avant de buter, pour des raisons physiques peut-être imputables à une immense nervosité, sur Pablo Carreno en quarts. Malgré des douleurs au cou et au bras gauche qui ont un temps fait craindre un abandon, il s’est finalement imposé en quatre sets. Et la marche Stefanos Tsitsipas s’est avérée encore plus haute en demies. Le Serbe semblait s’envoler vers une qualification aisée avec une balle de match sur son service à 5-4 au 3e set, quand le Grec a retourné la situation et emmené le match jusqu’au 5e set.

Avant Roland-Garros, Nadal n’a remporté qu’un tournoi cette saison, Acapulco avant la suspension du circuit. Il a atteint les quarts à l’Open d’Australie ainsi qu’à Rome juste avant de venir à Paris. Il n’avait pas fait le déplacement à New York pour défendre son titre aux Internationaux des États-Unis.

Au contraire, Djokovic arrive en finale avec 36 victoires cette saison, son seul revers étant sa disqualification en huitièmes de finale des Internationaux des États-Unis sur un geste d’humeur. Il a notamment remporté son 8e titre aux Internationaux d’Australie ainsi que deux Masters 1000 (Cincinnati et Rome).

L’état physique et mental

Physiquement, les deux hommes sont en forme. Djokovic a démontré en demies que son pépin en quarts était oublié et il a assuré avoir « largement le temps » de récupérer de son combat contre Tsitsipas.

Nadal, lui, n’a pas eu à puiser dans ses ressources physiques. En revanche, les conditions automnales du tournoi réduisent l’efficacité de son lift et effacent une partie de l’avantage que la vivacité de sa balle lui donne habituellement.

Ce qu’ils en disent

Quelles que soient les conditions, il est toujours là, il est Rafa, il est en finale et on joue sur terre battue… J’ai perdu contre lui sur ce court la plupart de nos matchs, mais j’en ai gagné un en trois sets en quarts en 2015. C’est de ce match que je vais m’inspirer tactiquement.

Novak Djokovic

Les conditions ne sont pas parfaites pour mon style de jeu, donc en arriver là ça a beaucoup plus de valeur encore. J’ai su chercher des solutions jour après jour pour être compétitif, et j’ai vraiment eu tout le temps la bonne attitude. Je vais continuer à me battre. Je joue le tournoi le plus important de la saison pour moi.

Rafael Nadal