(Paris) Pour la première fois depuis 2014, Eugenie Bouchard disputera le troisième tour des Internationaux de France. Elle s’est qualifiée mercredi en revenant de l’arrière pour arracher une victoire de 5-7, 6-4 et 6-3 aux dépens de l’Australienne Daria Gavrilova.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

La Québécoise, actuellement 166e mondiale, a disputé l’un de ses meilleurs matchs en Grand Chelem depuis plusieurs années. Ancienne 20e mondiale, Gavrilova a été ralentie par les blessures, mais c’est une joueuse complète et Bouchard a dû se battre pendant près de 2 heures et 30 minutes.

« Je suis vraiment fière d’être revenue de cette façon dans un match très exigeant physiquement, a souligné Bouchard en visioconférence. Elle [Gavrilova] est une excellente joueuse, qui retourne beaucoup de balles, et je savais que ce ne serait pas facile. J’ai vraiment été forte mentalement. »

Après avoir pris un avantage de 4-1 en première manche, Bouchard a vu sa rivale hausser son niveau et elle n’a pu empêcher son retour. Le scénario s’est répété en deuxième manche, la Canadienne menant 5-2 avec deux bris pour elle, mais Gavrilova est revenue à 4-5. Bouchard a alors resserré son jeu et elle a remporté le 10e jeu à zéro.

PHOTO CHARLES PLATIAU, REUTERS

Eugenie Bouchard

La joueuse de 26 ans est restée solide au début de la manche décisive et elle a pris l’avantage dans le cinquième jeu avec son sixième bris du match. Excellente en retour de service tout au long du match, Bouchard a obtenu pas moins de 18 balles de bris, remportant la dernière pour sceller sa victoire à sa troisième balle de match.

« J’étais déçue après avoir échappé la première manche, a raconté Bouchard. J’ai peut-être cessé d’attaquer après avoir pris l’avantage et elle en a profité. J’ai essayé d’oublier ma frustration entre les deux manches et cela m’a aidée, puisque je suis revenue en force dès le début de la deuxième manche. »

Et même si Gavrilova n’a jamais baissé les bras, elle n’a plus été en mesure de reprendre l’avantage sur Bouchard.

« Je suis maintenant plus forte mentalement, a expliqué Bouchard. J’ai amélioré plusieurs petites choses dans mon jeu depuis un an, mais je crois que la plus grosse différence, c’est ma condition physique, grâce au travail avec Gil Reyes [son préparateur physique, qui a aussi longtemps travaillé avec Andre Agassi]. Il m’a vraiment beaucoup aidée depuis que je travaille avec lui [à Las Vegas]. »

Je sais maintenant que je peux rester sur le court aussi longtemps et même plus que mon adversaire, et cela me procure beaucoup de confiance. Même dans les moments plus difficiles, je n’ai jamais cessé de croire en moi, jamais douté que mon jeu était encore là.

Eugenie Bouchard

Celle qui n’était encore que 330e au classement mondial il y a quelques semaines a bénéficié d’une invitation de la Fédération française pour disputer le tournoi, après des négociations avec Tennis Canada (qui a offert un laissez-passer pour la Coupe Rogers en contrepartie).

« Je suis fière et heureuse d’avoir pu prendre avantage de cette opportunité et de toutes celles que j’ai pu avoir en cette année difficile. Avec mon classement, j’ai vraiment dû saisir toutes les occasions qui se sont présentées à moi, j’ai travaillé très fort pour y arriver et je suis heureuse de voir que cela a donné des résultats. Je remercie la Fédération française pour ce laissez-passer, mais aussi pour avoir organisé le tournoi comme elle l’a fait. »

Bouchard, qui est déjà assurée de grimper au moins au 140e rang, affrontera au troisième tour la jeune Polonaise Iga Świątek, l’une des révélations de Roland-Garros en 2019 quand elle avait atteint le quatrième tour. La joueuse de 19 ans, 54e mondiale, a disposé mercredi de Su-Wei Hsieh (65e), 6-1 et 6-4.

Quand on a fait remarquer à Bouchard que les circonstances exceptionnelles dans lesquelles le tournoi est organisé cette année se prêtaient bien aux surprises et qu’elle avait des atouts pour en causer d’autres au cours des prochains jours, elle a répliqué : « Je suis simplement heureuse d’être ici, chanceuse de pouvoir faire mon boulot. J’essaie de ne pas regarder trop loin devant moi et je ne pense qu’à ma prochaine adversaire. Bien des choses vont se produire au cours des prochains jours, mais je préfère me concentrer sur ce prochain match. »

Au tour de Fernandez et de Shapovalov ?

Leylah Annie Fernandez et Denis Shapovalov tenteront jeudi de rejoindre Bouchard au troisième tour. La première affrontera la Slovène Polona Hercog (50e), dans le deuxième match au programme sur le court 5 vers 7 h, heure du Québec, alors que Shapovalov se mesurera à l’Espagnol Roberto Carbales Baena (101e) dès 5 h sur le court Suzanne-Lenglen.

Fernandez, qui fait ses débuts à Roland-Garros, était par ailleurs aussi inscrite en double après avoir reçu une invitation, mais elle et la Française Diane Parry ont été éliminées au premier tour.

L’Ontarienne Gabriela Dabrowski est cinquième favorite avec sa partenaire Jelena Ostapenko, et elles ont bien amorcé le tournoi avec une victoire de 7-5 et 6-3 sur Zarina Diyas et Ariana Rodionova.