Deux semaines après avoir atteint le quatrième tour des Internationaux des États-Unis, Félix Auger-Aliassime espère faire encore mieux à Roland-Garros.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Forfait à la dernière minute l’année dernière quand il s’était blessé le week-end précédent en finale du tournoi de Lyon, le joueur de 20 ans va faire ses débuts aux Internationaux de France.

« Après Wimbledon, Roland-Garros est le tournoi que je préfère en raison de toute l’histoire et de la tradition qui l’entoure, a-t-il souligné vendredi en point de presse. Cela avait été décevant de ne pas jouer l’année dernière, mais je n’ai vraiment aucune inquiétude physique cette année. J’ai l’impression de progresser tous les jours à l’entraînement et j’espère être prêt pour mon premier match [lundi, contre le Japonais Yoshihito Nishioka]. »

Auger-Aliassime est accompagné à Paris par Fred Fontang, l’un de ses deux entraîneurs avec Guillaume Marx. « Un an plus tard, Félix est rendu ailleurs, a-t-il estimé cette semaine en entrevue. C’est un meilleur joueur de tennis, il a évolué dans tous les domaines et son classement [21e] lui permet maintenant d’être l’une des 32 têtes de série. Tout cela lui permet d’aborder ce tournoi avec la volonté de bien faire, en y allant un match à la fois. »

Après New York, Auger-Aliassime a disputé deux tournois sur la terre battue, s’inclinant au premier tour à Rome, puis au deuxième à Hambourg.

« Les transitions rapides ne sont jamais faciles, surtout qu’on n’est arrivés que le mercredi à Rome et que Félix est tombé d’entrée contre un bon joueur, [Filip] Krajinovic, un joueur très dangereux, très solide, a souligné Fontang. C’était déjà mieux lors de son premier match à Hambourg, contre [Lorenzo] Sonego, mais c’est sûr que la transition vers la terre battue est très exigeante. Il faut montrer plus de patience, retrouver ses automatismes de construction du jeu et ce n’est pas évident comme ça en septembre avec les conditions plus lentes en raison des températures plus fraîches et de l’humidité. »

Fontang espère voir son protégé poursuivre sur sa lancée des Internationaux des États-Unis. « On cherche toujours à bâtir sur le positif, c’est l’état d’esprit qu’il faut avoir », a-t-il insisté.

À New York, Félix a fait sa première deuxième semaine en Grand Chelem en atteignant le quatrième tour. À Wimbledon, l’été dernier, il n’avait atteint que le troisième tour et il ne faut pas oublier qu’il n’a pas encore beaucoup d’expérience en Grand Chelem.

Fred Fontang, l’un des entraîneurs d’Auger-Aliassime

« C’est important de continuer à construire et il l’a bien fait aux Internationaux des États-Unis avec notamment deux matchs très solides contre [Andy] Murray et [Corentin] Moutet, deux matchs pleins. Puis après, en affrontant le futur vainqueur du tournoi [Dominic] Thiem, ça lui a permis de voir le chemin qui reste à parcourir au niveau du tennis, mais aussi quant aux qualités physiques nécessaires pour tenir dans ces longs matchs en Grand Chelem. Il a tenu pendant une manche, mais c’est devenu plus difficile par la suite ; il faut qu’il soit capable de tenir plus longtemps à l’avenir. »

Fred Fontang est un habitué de Roland-Garros et il croit qu’Auger-Aliassime pourrait profiter des conditions particulières dans lesquelles le tournoi sera présenté. « Roland-Garros, en septembre, ce sera très différent et il va falloir s’adapter rapidement. L’important, dans ces grands tournois, c’est toujours de rester dans le moment présent, de s’adapter aux conditions et de trouver le chemin vers la victoire avec les moyens du bord. »

Fernandez aime la pression

En l’absence de Bianca Andreescu, Leylah Annie Fernandez est la seule Canadienne qui a accédé directement au tableau principal à Roland-Garros. « Je suis heureuse de pouvoir représenter le Canada dans un tournoi aussi magnifique. Être la mieux classée de mon pays amène plus de pression, mais c’est le genre de chose qui me motive. »

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

La Canadienne Leylah Annie Fernandez a été couronnée championne junior à Roland-Garros l’an dernier.

Fernandez vient d’entrer dans le top 100 féminin. Championne junior à Roland-Garros en 2019, la joueuse de 18 ans débute cette année en Grand Chelem et elle a remporté une première victoire aux Internationaux des États-Unis.

« Je suis évidemment très contente d’être de retour ici à Paris, même si je sais que ce ne sera pas facile. Je suis très excitée de disputer mon match de première ronde, dans quelques jours. On va prendre ça un match à la fois, mais j’espère me rendre à la deuxième semaine. J’aime toutes les surfaces et je sais que je peux bien faire sur la terre battue. J’espère que mes résultats seront aussi bons que chez les juniors. »

Fernandez n’a joué qu’un match sur la terre battue cette année, il y a quelques jours à Rome, où elle s’est inclinée au premier tour des qualifications.

« Nous avions eu seulement deux jours de préparation [pour passer du ciment à la terre battue], sûrement pas l’idéal et vraiment pas assez pour me qualifier à Rome, a-t-elle souligné. Heureusement, nous avons pu rattraper le temps perdu depuis deux semaines. Nous sommes arrivés à Paris le week-end dernier et j’ai pu m’entraîner dans le stade Philippe-Chatrier, le stade Suzanne-Lenglen et sur le court Simonne-Mathieu ce matin. J’ai eu de bons entraînements et je suis contente de ma préparation jusqu’ici. » Fernandez est accompagnée à Paris par ses deux entraîneurs, son père, Jorge, et le Français Romain Derrider.

Nous sommes encore dans une bulle, mais c’est un peu différent de New York. Les organisateurs font tout ce qu’ils peuvent pour que nous soyons en sécurité et ça se passe bien jusqu’ici.

Leylah Annie Fernandez

Une chance pour Bouchard

Reléguée dans les profondeurs du classement, Eugenie Bouchard revient lentement à la surface. Finaliste au tournoi d’Istanbul il y a deux semaines, la Canadienne est revenue à la 168e place et elle a reçu un gros coup de pouce il y a quelques jours lorsque les organisateurs de Roland-Garros lui ont accordé un laissez-passer pour le tableau principal.

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À Roland-Garros, Eugenie Bouchard disputera son premier tournoi du Grand Chelem depuis plus d’un an.

Résultat de négociations entre la Fédération française et Tennis Canada, cette invitation offre à Bouchard la chance de disputer un premier tournoi du Grand Chelem depuis plus d’un an. « Je n’espérais recevoir qu’un laissez-passer pour les qualifications, a reconnu la joueuse de 26 ans en entrevue à TSN. Je suis donc très excitée de pouvoir jouer à Paris. »

Demi-finaliste à Roland-Garros en 2014, Bouchard n’a jamais franchi le deuxième tour depuis.

Des Canadiens à suivre

Denis Shapovalov : 21 ans, 10e mondial

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Denis Shapovalov

Encore sur l’élan de son premier quart de finale en Grand Chelem, Shapovalov a atteint les demi-finales à Rome, accédant ainsi au top 10 mondial pour la première fois de sa carrière. Il devra être patient, surtout lors des premières rondes.

Vasek Pospisil : 30 ans, 76e mondial

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Vasek Pospisil

Il n’a jamais franchi le premier tour à Roland-Garros et n’a joué qu’une fois depuis 2016. Pas vraiment à l’aise sur la terre battue, il va au moins pouvoir travailler au projet de création d’une association des joueurs qu’il anime avec Novak Djokovic.

Steven Diez : 29 ans, 179e mondial

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Steven Diez

Solide en qualification, il a obtenu jeudi son billet pour le tableau principal et disputera le premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière. La terre battue est sa surface de prédilection.

Gabriela Dabrowski : 28 ans, 8e mondiale (en double)

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Gabriela Dabrowski

L’une des favorites en double avec la Lettone Jelena Ostapenko, Dabrowski devrait aussi être dans la lutte en double mixte où elle a été couronnée en 2017 (avec Rohan Bopanna), en plus d’être finaliste en 2018 et 2019 (avec Mate Pavic).

Les matchs des Canadiens

Dimanche : Eugenie Bouchard c. Anna Kalinskaya

Lundi : Félix Auger-Aliassime c. Yoshihito Nishioka ; Steven Diez c. Mackenzie McDonald

Lundi ou mardi : Denis Shapovalov c. Gilles Simon ; Vasek Pospisil c. Matteo Berrettini ; Leylah Annie Fernandez c. Magda Linette