(New York) Quinze heures après s’être couché sur le court comme champion des Internationaux des États-Unis — épuisé mentalement, les jambes molles — Dominic Thiem a souri lorsqu’on lui a demandé comment il se sentait à sa sortie du lit, lundi.

Howard Fendrich
Associated Press

« Eh bien, je ne me suis pas réveillé ce matin, puisque je n’ai pas dormi du tout. J’étais encore envahi par les émotions, l’adrénaline. Mais c’est parfait ainsi », a mentionné Thiem.

Bien sûr que c’est parfait. Après tout, l’Autrichien de 27 ans avait perdu les trois finales de Grand Chelem qu’il avait disputées.

Et maintenant ? Il est l’unique joueur à avoir été sacré champion en Grand Chelem une première fois au cours des six dernières années.

Avec le talent et la confiance que Thiem possède, il devait gagner pour réaliser que c’était possible.

Il a vaincu Alexander Zverev 2-6, 4-6, 6-4, 6-3, 7-6 (6), dimanche soir, alors que pour la première fois la finale des Internationaux des États-Unis se décidait par un bris d’égalité. C’était aussi la première fois depuis 1949 qu’un joueur comblait un déficit de deux manches en finale du tournoi.

« Un match cruel, a lancé Thiem, c’était renversant. »

Zverev a laissé glisser le titre entre ses mains. Il menait par deux manches, puis il a servi pour le match à 5-3, mais il ne se laisse pas abattre pour autant. « J’ai seulement 23 ans, je ne crois pas que c’est ma dernière opportunité. Je présume que je serai champion d’un Grand Chelem un jour. »

Il ne faut pas écarter les trois grands champions (Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic), même si les occasions pour Thiem et les autres joueurs de remporter des Grands Chelems seront de plus en plus à leur portée.

Le trio avait remporté les 13 derniers Grands Chelems (et 56 des 67 derniers). Malgré l’absence de Federer pour le reste de la saison, en raison de deux opérations aux genoux, les deux autres seront affamés d’entamer une nouvelle série de victoires. Les Internationaux de tennis de France débutent le 27 septembre.

Thiem croit que ce qui s’est passé dimanche — en fait, les deux dernières semaines — a changé sa vision de lui-même pour les prochaines compétitions. Et, il espère, pour toujours. Selon son point de vue, il est devenu dimanche une personne différente, un joueur différent.

Il a finalement réussi à surmonter ses défaites de 2018 et de 2019 face à Nadal à Roland Garros et plus récemment celle en 2020 aux Internationaux d’Australie contre Djokovic.

« Après chaque défaite, c’était un peu plus de pression. Mais, évidemment, c’est disparu maintenant, car peu importe ce qui arrivera, je pourrai toujours dire que j’ai remporté les Internationaux des États-Unis. C’est complètement fou pour moi, a-t-il ajouté. J’espère que cela va me libérer sur le court pour faire de moi, un meilleur joueur. »