(Rome) Novak Djokovic a appris « une grande leçon » après avoir été disqualifié des Internationaux des États-Unis pour avoir involontairement atteint une juge de lignes à la gorge avec une balle.

Andrew Dampf
Associated Press

L’incident survenu il y a huit jours a marqué la conclusion inattendue d’une séquence de 29 victoires consécutives de Djokovic et sa tentative de remporter un 18e titre du Grand Chelem.

« Je travaille mentalement et émotionnellement aussi fort que je travaille physiquement, a mentionné Djokovic au tournoi de Rome. J’essaie d’être la meilleure version de moi-même sur le terrain et en-dehors et je comprends que j’ai parfois des gestes de frustration et c’est un peu la personnalité et le joueur que j’ai toujours été.

PHOTO SETH WENIG, AP

Le Serbe Novak Djokovic s’excusant auprès de la juge de ligne qu’il a atteinte à la gorge avec une balle de tennis durant les Internationaux des États-Unis.

« Je vais prendre ce qui est arrivé comme une grande leçon. J’y ai réfléchi. J’ai compris. J’ai parlé à mon équipe. C’est juste une de ces choses malheureuses qui arrive. Tu dois passer à autre chose. »

La disqualification est survenue lors du match de quatrième tour de Djokovic contre Pablo Carreno Busta.

Alors qu’il se dirigeait vers la ligne de touche du stade Arthur Ashe pour un changement de côté, en déficit 6-5 à la première manche, Djokovic — qui était première tête de série, no 1 mondial et grand favori pour le titre — a eu un geste de colère en frappant la balle vers le fond du court. La balle a atteint directement la juge de ligne au cou et elle est tombée à genoux au fond du court.

« C’était totalement inattendu et très involontaire aussi, a ajouté Djokovic. Lorsque vous frappez une balle comme ça, vous risquez d’atteindre quelqu’un sur le terrain. Les règles sont claires. Alors j’ai accepté. Je devais passer à autre chose et c’est ce que j’ai fait.

« Bien sûr, je ne l’ai pas oublié. Je pense que je ne l’oublierai jamais, car c’est l’une des choses que vous vous rappelez le reste de votre vie. Mais je ne pense pas que j’aurai de gros problèmes pour revenir au jeu et être capable de bien jouer. »

Djoko repentant

Djokovic a précisé qu’il s’était entretenu avec la juge de lignes après l’incident et qu’on lui avait dit qu’elle n’était pas gravement blessée.

« J’étais vraiment désolé de lui avoir causé ce choc, car elle ne méritait pas ça, a confié Djokovic. Elle fait du bénévolat et fait son travail. Elle adore le tennis et elle est là, d’après ce que j’ai compris, depuis plusieurs années. »

Djokovic avait remporté cinq des sept derniers tournois du Grand Chelem pour porter son total à 17, se rapprochant de ses rivaux Roger Federer, qui détient le record chez les hommes de 20, et Rafael Nadal, qui en totalise 19.

Federer (blessure) et Nadal (préoccupations concernant les voyages au milieu de la pandémie de coronavirus) n’ont pas disputé les Internationaux des États-Unis.

« Désolé pour lui. Il a eu une occasion là-bas, a révélé Nadal. Mais d’une certaine manière, vous ne devriez pas faire ça. Il est important d’avoir la bonne maîtrise de soi sur le terrain. »

Djokovic dispose d’un laissez-passer au premier tour à Rome. Son premier match cette semaine se déroulera soit contre l’Italien Salvatore Caruso, qui bénéficie d’une invitation des organisateurs, ou contre un qualifié.

Le tournoi au Foro Italico a été reporté de sa date d’origine en mai en raison de la pandémie de coronavirus et se jouera sans la présence des spectateurs.

Rafael Nadal, nonuple champion à Rome, est à l’opposé du tableau de Djokovic, et ce tournoi marque le retour de l’Espagnol au tennis après une pause de sept mois.

Comme aux Internationaux des États-Unis, les joueurs sont maintenus dans une bulle et sont fréquemment testés pour le coronavirus. Mais contrairement à New York, les joueurs ne sont pas obligés de porter des masques lorsqu’ils entrent et sortent du terrain.

« Tous les joueurs ont été testés, c’est donc tout à fait logique, a déclaré Stefanos Tsitsipas, au sixième rang mondial. Et il n’y a pas des gens qui courent partout pour vous dire ce que vous faites et quel protocole vous devez suivre chaque minute que vous êtes dans la bulle.

« De plus, l’hébergement est à un autre niveau. »

Les joueurs séjournent au Rome Cavalieri, un cinq-étoiles, qui surplombe le centre-ville depuis une colline.