Le monde du tennis a pris une pause, jeudi à New York, après que la USTA a décidé d’interrompre l’Omnium Western & Southern et de reporter les demi-finales prévues de jeudi à vendredi. Faisant face à la possibilité d’un boycottage à quelques jours des Internationaux des États-Unis, les autorités sportives ont opté pour un compromis.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

Dans un communiqué commun avec les circuits féminin et masculin, les organisateurs ont expliqué : « En tant que sport, le tennis a pris position contre les inégalités raciales et l’injustice sociale qui sont en évidence aux États-Unis. La USTA, l’ATP et la WTA ont décidé de reconnaître ce moment en interrompant le jeu ce jeudi 27 août. Le jeu reprendra le vendredi 28 août. »

Jeudi matin, la Fédération internationale de tennis (ITF) et plusieurs fédérations nationales ont signalé leur appui. Dans un communiqué, Tennis Canada a souligné : « Nous soutenons fermement la décision de prendre une pause […] initiée par Naomi Osaka. Nos joueurs canadiens unissent leurs forces à celles des athlètes du monde entier pour dénoncer l’injustice raciale et appuyer le mouvement Black Lives Matter.

« Comme Milos Raonic l’a déclaré mercredi soir : “Comme en bâtissant une carrière au tennis, il faut bâtir ce mouvement progressivement, par petits gestes, en tentant d’être meilleur chaque jour et de faire une plus grande différence chaque jour.” »

La Japonaise Naomi Osaka, qui avait été à l’origine du mouvement mercredi en annonçant son intention de se retirer du tournoi, est finalement revenue sur sa décision et elle devrait affronter la Belge Elise Mertens vendredi en demi-finale.

PHOTO ANDY WONG, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Naomi Osaka

Dans un communiqué, la Japonaise a expliqué : « Comme vous le savez, je me suis retirée du tournoi hier pour soutenir la lutte contre l’injustice raciale et la violence policière continue. J’étais (et je suis) prête à donner le match à mon adversaire. Cependant, après mon annonce et de longues consultations avec la WTA et la USTA, j’ai accepté leur demande de jouer vendredi. Ils ont proposé de reporter tous les matchs et, dans mon esprit, cela apporte plus d’attention au mouvement. »

Mercredi soir, après sa victoire en quart de finale, Milos Raonic avait évoqué la possibilité de voir les joueurs agir de façon à avoir un impact réel sur la situation. Après avoir souligné qu’il avait envisagé de ne pas disputer son match, le Canadien a expliqué : « Je ne pense pas que ce soit juste aux athlètes qui restent dans ce tournoi [d’agir], mais que tout le monde doit être sur la même longueur d’onde. »

Si quelques athlètes se retirent ici demain, mais que tout revient à la normale lundi lorsque les Internationaux des États-Unis débuteront, est-ce que nous n’aurons fait qu’un trop petit geste ? Je crois que pour vraiment faire une différence, nous devons être un groupe uni.

Milos Raonic

Raonic devrait donc affronter Stéfanos Tsitsipás vendredi à New York, l’autre demi-finale opposant le favori, Novak Djokovic, à Roberto Batista Agut. Chez les femmes, la deuxième demi-finale opposera Johanna Konta à Victoria Azarenka.

Prêt pour les Internationaux des États-Unis ?

Disputés dans le même environnement « protégé » du Centre national de tennis, en banlieue de New York, les Internationaux des États-Unis devraient donc s’amorcer comme prévu lundi matin. Les organisateurs ont d’ailleurs dévoilé jeudi les tableaux de la compétition en simple, annulant toutefois l’émission spéciale prévue au réseau ESPN, diffuseur du tournoi.

Cinq joueurs canadiens sont inscrits. Félix Auger-Aliassime, 15e tête de série, affrontera au premier tour le Brésilien Thiago Monteiro (82e), alors que Leylah Annie Fernandez fera face à la Russe Vera Zvonareva. Denis Shapovalon (12e favori) se mesurera à l’Américain Sebastian Korda (225e), Milos Raonic (25e favori) jouera contre l’Argentin Leonardo Mayer (118e) et Vasek Pospisil (92e) amorcera le tournoi contre l’Allemand Philipp Kohlschreiber (74e).

Chez les femmes, la favorite Karolína Plíšková, qui cherche à remporter un premier titre en Grand Chelem, a hérité d’un tableau très favorable. Serena Williams, qui tente pour sa part d’égaler le record de 24 titres majeurs de Margaret Smith-Court, aura par contre un parcours truffé de pièges.

Chez les hommes, Djokovic a lui aussi été favorisé par le tirage, mais tous les autres prétendants au titre affronteront des obstacles difficiles.