Félix Auger-Aliassime doit annuler sa participation à l’Ultimate Tennis Showdown (UTS) en raison d’une blessure, a annoncé l’organisation du tournoi, mercredi.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

La reprise de Félix Auger-Aliassime devra attendre. Légèrement blessé à une cheville, le joueur de 19 ans a préféré déclarer forfait pour l’Ultimate Tennis Showdown (UTS), tournoi nouveau genre qui s’ébranlera samedi dans la région de Nice.

Le Québécois devait affronter le jeune Australien Alexei Popyrin dans ce que l’organisation de l’UTS avait qualifié de « bataille de la prochaine génération ».

Auger-Aliassime, 20e mondial, s’est blessé à la cheville droite lors d’un entraînement mardi. « C’est malheureux, mais ce n’est pas grand-chose, c’est une petite entorse », a précisé l’agent Bernard Duchesneau, qui venait de parler à son client mercredi.

« Avec la compétition qui commençait samedi, on n’a voulu courir aucun risque. Il est déçu, comme tout athlète qui n’a pas joué depuis longtemps, mais il n’est pas défait. »

Le vétéran espagnol Feliciano López (56e au monde) agira comme remplaçant pour ce tournoi qui se déroulera sur cinq week-ends consécutifs, avec les rondes finales programmées les 11 et 12 juillet.

« C’est dommage parce que ça faisait un bout qu’il était vraiment prêt, a affirmé Duchesneau. C’est un truc un peu banal, un peu plate, qui lui est arrivé. C’est vraiment dans une optique de prévention. Ce ne sont pas des blessures compliquées à guérir. Ça prend une ou deux semaines sans marcher dessus pour assurer une guérison complète. On a consulté et on s’est fait dire que c’était plus prudent de passer outre. »

Toujours la même philosophie

Ce forfait s’aligne avec la philosophie adoptée par Auger-Aliassime depuis le début de sa carrière, a ajouté l’agent. L’an dernier, il avait raté Roland-Garros pour soigner une blessure aux muscles adducteurs. Il avait également fait l’impasse sur deux tournois de fin de saison pour protéger une cheville endolorie, la gauche cette fois-là.

« Félix suit vraiment les recommandations des médecins. Sa carrière va être longue. Il ne prend donc pas le risque de jouer un tournoi et d’aggraver une blessure mineure qui pourrait devenir majeure. »

On a cette patience et ça donne de bons résultats parce qu’il ne traîne pas de vieilles blessures. C’est une approche qui le sert bien.

Bernard Duchesneau, agent de Félix Auger-Aliassime

L’UTS est un tournoi organisé par l’entraîneur français Patrick Mouratoglou à son académie privée de Sophia Antipolis. Non sanctionné par l’ATP ou l’ITF, il regroupera 10 joueurs qui se mesureront d’abord dans un tournoi rotation présenté à huis clos, mais diffusé sur l’internet.

Mouratoglou, qui vise un rajeunissement de la clientèle pour le tennis, a promis une interaction avec les partisans. Les règles de jeu seront inédites. « Une ligue révolutionnaire qui est là pour rester », assure le site internet de l’UTS.

Le Grec Stéfanos Tsitsipás (6e), l’Italien Matteo Berrettini (8e) et le Belge David Goffin (10e) seront entre autres de la partie.

Après avoir passé un peu moins de deux mois à Montréal pendant le confinement, Auger-Aliassime avait retrouvé les terrains à la mi-mai à l’académie de Mouratoglou. Il est supervisé par son coentraîneur Frédéric Fontang et son préparateur physique Nicolas Perrotte.

Avant l’arrêt des activités, à la mi-mars, le jeune prodige avait atteint la finale aux tournois de Marseille et de Rotterdam.

« Incertitude complète »

La décision au sujet de la tenue des Internationaux des États-Unis et du Masters 1000 de Cincinnati, attendue le 15 juin, déterminera la suite des choses pour les meilleurs joueurs.

« Ce sera de trouver la préparation idéale pour ces deux tournois, a anticipé Duchesneau. S’il n’y en a pas, est-ce qu’il y aura autre chose pendant cette période en Europe ? Ou est-ce que ce sera d’aller à Roland-Garros [du 20 septembre au 4 octobre] et peut-être Madrid et Rome avant comme certains le soulèvent ? C’est l’incertitude complète à l’heure actuelle. »

D’ici là, Auger-Aliassime, dont « la motivation est presque montée d’un cran » pendant le confinement, selon ce qu’il a dit à L’Équipe, doit aiguiser sa patience, un pied sur le pouf.