(Melbourne, Australie) Enfant, elle annonçait à qui voulait l’entendre son intention de remporter un tournoi du Grand Chelem : samedi, l’Américaine Sofia Kenin, 21 ans, a accompli son rêve en s’imposant aux Internationaux d’Australie.

Igor GEDILAGHINE Agence France-Presse

« Mon rêve s’est officiellement réalisé ! Si vous avez des rêves, allez les chercher : ils peuvent se réaliser ! », a-t-elle lancé sur le court en recevant son trophée.

Elle a battu en finale l’Espagnole Garbine Muguruza 4-6, 6-2, 6-2 en démontrant une force de caractère exceptionnelle quand son aînée (26 ans) n’est pas parvenue à maîtriser ses nerfs.

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Garbine Muguruza félicite Sofia Kenin à la suite de sa victoire.

Pour preuve, ce désastreux dernier jeu de service où Muguruza, ancienne N.1 mondiale actuellement 32e à la WTA, a commis trois doubles fautes, dont celle qui a offert sur un plateau la victoire à Kenin.

Mais le match s’est vraisemblablement joué au 5e jeu du 3e set. À 2-2 sur son service, la 15e mondiale a magistralement sauvé trois balles de bris consécutives (elle était menée 0-40) et conservé sa mise en jeu en enchaînant cinq points d’affilée (3-2). Dans la foulée, elle a pris la mise en jeu de Muguruza en profitant déjà d’une double faute de l’Espagnole (4-2).

« C’est le jeu qui a tout changé, a analysé Kenin. Il fallait que je joue mon meilleur tennis… et je l’ai fait. Après ça, j’étais en feu. J’étais prête à décrocher ce magnifique trophée ».

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De Moscou à Pembroke Pines

L’Américaine, née à Moscou et arrivée à New York enfant avant de s’installer en famille en Floride, est ainsi devenue à 21 ans et 80 jours la plus jeune lauréate à Melbourne depuis Maria Sharapova qui avait 20 ans et 283 jours quand elle a gagné en 2008.

« Félicitations Sofia, tu as super bien joué tout le tournoi et on te reverra souvent en finale », a commenté Muguruza qui visait son troisième trophée du Grand Chelem (après Roland-Garros 2016 et Wimbledon 2017).

Sur la route du sacre, Kenin a notamment écarté en demi-finales la numéro 1 mondiale australienne Ashleigh Barty.

Lundi, Kenin doit devenir 7e mondiale et donc numéro 1 américaine devant Serena Williams.

« C’est génial, je suis si heureuse. C’est un tel honneur… J’adore représenter les États-Unis, j’aime ça. C’est un honneur. Tout se met en place, un rêve se réalise… Tout ce que j’ai fait, tout ce travail si dur que j’ai accompli est en train de payer », a-t-elle commenté.

Elle est la plus jeune Américaine à intégrer le top 10 depuis Serena le 5 avril 1999.

Sofia Kenin, entraînée par son père Aleksander, jouait pour la 3e fois à Melbourne, comme Martina Hingis quand elle a gagné en 1997. Avant la Suissesse, Steffi Graf (1988) et Mary Pierce (1995) s’étaient imposées à leur 3e participation. Monica Seles, elle, a triomphé en 1991 à sa toute première participation.

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Sofia Kenin et son père Aleksander

Muguruza, ancienne numéro 1 mondiale, remontera à la 16e place du classement de la WTA grâce à sa finale australienne. Elle n’avait plus atteint la finale d’un Majeur depuis Wimbledon en 2017.

À tel point qu’elle n’était même pas tête de série à Melbourne, pour la première fois dans un Grand Chelem depuis Roland-Garros 2014, où elle avait atteint les quarts de finale en étant 35e mondiale.

Pour arriver en finale, elle a notamment balayé la N.5 mondiale Elina Svitolina au 3e tour.