(New York) Une journée de travail pas comme le autres attend Serena Williams samedi aux Internationaux des États-Unis: quand cette mère de famille de 37 ans partira pour Flushing Meadows, ce sera pour affronter la jeunesse explosive de Bianca Andreescu avec l’espoir de décrocher un 24e titre record en Grand Chelem.

Agence France-Presse

Ce sera une finale des extrêmes: Serena (38 ans le 26 septembre) est deux fois plus âgée qu’Andreescu (tout juste 19 ans) qui n’était pas née quand l’Américaine a gagné en 1999 son premier US Open. Le premier d’une très longue série de trophées du Grand Chelem qui lui permet de viser le record de Margaret Court.

« Même si j’avais déjà battu ce record, je jouerais toujours », a déclaré Serena comme pour assurer qu’elle n’en faisait pas son objectif ultime.

Ça tombe bien car l’un des objectifs d’Andreescu était de l’affronter « avant qu’elle ne prenne sa retraite ». Et en plus, ce sera en finale des Internationaux des États-Unis!

« Je rêve de ce moment depuis que je suis toute petite, mais je ne pense pas que beaucoup de gens croyaient que ça pouvait se réaliser », a dit la Canadienne qui n’avait pas passé les qualifications de ce tournoi il y a tout juste un an.

Cratère Arthur-Ashe

Quand elle se présentera dans le cratère du court Arthur-Ashe en grondement permanent et si prompt à entrer en éruption, elle se targuera en tout et pour tout de deux titres de la WTA, glanés cette année, dont l’un en bénéficiant de l’abandon de Serena à Toronto.

En face, la reine de Flushing Meadows visera un 7e trophée aux Internationaux des États-Unis et une 102e victoire record sur ces courts. Pour le moment, elle est à égalité avec sa compatriote Chris Evert tant au nombre de victoires (101) que de titres (6).

« Être encore en finale, honnêtement ça paraît fou. En même temps, je n’en attends pas moins », a déclaré Serena à l’issue de sa demi-finale.

Depuis son retour de maternité en mars 2017, elle a joué trois finales de Grand Chelem, à Wimbledon et l’US Open 2018, ainsi qu’à Wimbledon 2019. Mais elle n’a pas encore réussi à s’imposer.

Elle aura donc une nouvelle chance samedi, devant un public qui l’adule et épargnée par les blessures qui l’ont handicapée cette saison, notamment à Roland-Garros où elle a été éliminée au 3e tour.

« Je me sens mieux préparée, a-t-elle annoncé. À Wimbledon, je n’avais eu qu’une semaine environ de préparation mais Simona (Halep) a joué de façon incroyable, je ne pouvais rien faire. En Australie, j’étais super préparée et je m’en sortais très bien quand je me suis tordu la cheville. Je n’aurais même pas dû jouer les Internationaux de France ensuite […] Il faut juste que je ne me blesse pas », a-t-elle assuré.

Heures gagnées

Face à la fougue, Serena aura aussi réussi à économiser ses forces: elle ne sera restée que 7h33 sur le court, avec notamment 44 minutes en quarts contre Qiang Wang, alors que son adversaire à mis 3 heures de plus (10h35) pour se frayer un passage jusqu’à la finale.

Des heures gagnées qui peuvent jouer leur rôle puisque la nouvelle maman aime à rappeler que pour elle, « les journées de repos n’en sont pas » car elle s’occupe autant qu’elle peut de sa toute jeune Olympia.

« Je m’entraîne et je fonce à la maison. L’autre jour, j’ai trouvé un jardin où il y avait un trampoline et j’ai décidé de l’y emmener », a-t-elle raconté.

Sa détermination sera décuplée par le souvenir de l’incident du coaching qui lui avait coûté un jeu de pénalité et l’avait fait complètement sortir de son match lors de la finale de 2018.

En tout cas, comme à son habitude, elle prend son adversaire très au sérieux.

« Elle embrouille les choses: on ne sait jamais ce qu’elle va faire, a relevé Serena. Elle sert bien, se déplace bien, a des tonnes de puissance. Elle est très attrayante à regarder jouer. Je pense que c’est très bien pour l’avenir du tennis ».

Mais donc pas pour samedi…