La jeune Canadienne Bianca Andreescu a réussi plusieurs exploits au cours des dernières semaines, passant du 107e rang au top 40, mais elle n'avait encore jamais dominé une joueuse de premier plan, comme elle l'a fait mercredi devant l'Espagnole Garbiñe Muguruza.

Michel Marois LA PRESSE

La joueuse de 18 ans s'est imposée 6-0, 6-1, en tout juste 52 minutes, gagnant ainsi sa place en demi-finale de l'Open BNP Paribas d'Indian Wells, un tournoi de première catégorie sur le circuit féminin, tout juste en dessous de ceux du Grand Chelem. Elle affrontera à son prochain match l'Ukrainienne Elina Svitolina (6e).

Andreescu présente maintenant une fiche de 23 victoires et seulement 3 défaites cette saison, la meilleure sur le circuit de la WTA, et bien malin celui qui pourrait dire jusqu'où elle pourra grimper. «Je réalise que c'est un peu incroyable, ce que j'ai accompli au cours des dernières semaines, a-t-elle avoué après son match. J'ai probablement joué l'un des meilleurs matchs de ma carrière aujourd'hui.

Invitée sur la tribune du réseau Tennis Channel, un «honneur» réservé aux vedettes, la Canadienne a confié: «Sur le circuit, toutes les filles savent jouer et la victoire va souvent à celle qui connaît une bonne journée. C'était incontestablement mon cas aujourd'hui!»

Muguruza ne pouvait certes en dire autant. La gagnante de deux titres du Grand Chelem en carrière n'a jamais été dans le match et a dû attendre 40 minutes avant de remporter son seul jeu du match. En point de presse, elle a confié: «Mon entraîneur m'a conseillé de changer ma stratégie, mais chaque fois que j'essayais quelque chose de nouveau, [Andreescu] répliquait avec un meilleur coup!»

Tout en exprimant sa gratitude pour tous les succès qu'elle obtient en ce moment, Andreescu n'a pas hésité à s'attribuer une partie du mérite. «J'ai travaillé fort et je pense que je mérite ce qui m'arrive aujourd'hui. Depuis l'âge de 10 ans, je n'ai ménagé aucun effort et Tennis Canada m'a toujours soutenue dans la réalisation de mon rêve», a ajouté celle qui est accompagnée à Indian Wells de l'entraîneur Sylvain Bruneau.

La joueuse originaire de Mississauga est déjà assurée d'une bourse de 354 000 $ US, la plus grosse de sa carrière, et du 37e rang au classement de la WTA.

Raonic passe, pas Shapovalov

Chez les hommes, deux Canadiens tentaient de se qualifier pour les quarts de finale, et si Milos Raonic (15e) y est parvenu pour la cinquième saison d'affilée, Denis Shapovalov a dû s'avouer vaincu.

Raonic a disposé de l'Allemand Jan-Lennard Struff, tombeur d'Alexander Zverev au tour précédent, 6-4, 6-3. Le Canadien a assuré ses services et n'a cédé aucun bris. Il affrontera au prochain tour l'étonnant Serbe Miomir Kecmanović, repêché des qualifications (lucky loser), qui pourrait réussir un exploit inédit en tournoi Masters 1000 s'il continue à gagner.

De son côté, Shapovalov (24e) s'en voudra sûrement d'avoir cédé devant le Polonais Hubert Hurkacz (67e), 6-7 (3), 6-2, 3-6. Le Canadien n'a pas été assez patient, surtout en fin de match, quand il a eu plusieurs occasions de revenir au pointage et de mettre la pression sur son adversaire.