Novak Djokovic-Rafael Nadal, épisode 53: Melbourne assistera dimanche à une finale entre les no 1 et no 2 mondiaux aux Internationaux d'Australie. Le Serbe, opposé au Français Lucas Pouille (31e), n'a pas perdu de temps vendredi pour rejoindre l'Espagnol, qualifié depuis déjà 24 heures.

Mis à jour le 25 janv. 2019
ELODIE SOINARD AGENCE FRANCE-PRESSE

6-0, 6-2, 6-2 en seulement 1h23: au Rod Laver Arena, la machine Djokovic a tourné à plein régime et Pouille, qui, à 24 ans, vivait sa toute première demi-finale en Grand Chelem, n'a jamais été en mesure ne serait-ce que de l'enrayer ou la ralentir.

Une série de sept jeux en guise d'introduction, seulement cinq fautes directes tout au long de la partie, pas la moindre balle de bris à affronter: «c'est assurément un de mes meilleurs matchs sur ce court. Tout a fonctionné de la manière dont je l'avais imaginé, même mieux encore», a résumé «Djoko».

«J'ai essayé de trouver une solution, mais je n'ai réussi à en trouver aucune. Il a été trop bon», a reconnu Pouille, première balle grippée sous la pression du retour chirurgical du Serbe.

Consolation pour le joueur français: malgré la rudesse de cette première expérience, le nouvel élève d'Amélie Mauresmo fera son retour dans le top 20 dès lundi, au 17e rang, lui qui a connu une triste saison 2018, au cours de laquelle, envie, sérieux et confiance évanouis, il avait glissé du top 10 aux portes du top 30.

Nadal et Djokovic, eux, se préparent à jouer une finale de plus pour l'histoire.

S'il s'impose, le premier reviendra à deux longueurs du record de couronnes en Grand Chelem de Roger Federer, avec un 18e trophée majeur. Le second est lui en quête d'un 15e sacre au total, et d'un septième record aux Internationaux d'Australie.

Nadal, sacré à Melbourne pour la seule fois il y a dix ans, deviendrait le premier joueur de l'ère Open à remporter au moins deux fois chacun des quatre tournois majeurs.

Djokovic, lui, serait le premier à répéter trois fois une série d'au moins trois triomphes d'affilée en Grand Chelem (trois de suite entre 2011 et 2012, quatre de suite entre 2015 et 2016).

Depuis qu'il a recouvré ses esprits et sa plénitude physique au début de l'été dernier, peu après avoir renoué avec l'entraîneur de tous ses succès, le Slovaque Marian Vajda, après deux ans de vicissitudes, «Djoko» s'est montré irrésistible ou presque et a triomphé coup sur coup à Wimbledon puis aux Internationaux des États-Unis.  

Il y a 12 mois précisément, le Serbe de 31 ans était pourtant sur le point de se faire opérer du coude droit dans la foulée de son élimination en huitièmes de finale des Internationaux d'Australie (par Chung).

«Il y a un an, c'était très improbable que je sois où j'en suis un an après», a-t-il rappelé.

Depuis le début de la quinzaine australienne, Djokovic a laissé échapper deux sets (un contre Shapovalov au troisième tour, un contre Medvedev en huitièmes de finale). Nadal n'en a lui concédé aucun: ça ne lui était jamais arrivé à Melbourne ! Et dire que le Majorquin de 32 ans fait aux Internationaux d'Australie son retour à la compétition après un peu plus de quatre mois hors circuit, la faute à une panoplie d'ennuis physiques (genou, abdominaux, cheville opérée et cuisse).

Que réserve cette finale entre deux des plus grands champions de l'histoire du tennis?

La dernière en date à Melbourne, il y a sept ans, remportée par Djokovic en cinq sets (5-7, 6-4, 6-2, 6-7 (5/7), 7-5), s'était éternisée pendant 5h53!