Quelques échanges avec Phillip Danault, une présence au party des joueurs, une visite impromptue du premier ministre François Legault… Félix Auger-Aliassime est très sollicité depuis son arrivée à Montréal.

MICHEL MAROIS MICHEL MAROIS
La Presse

Entre les activités promotionnelles, les sollicitations des amateurs, les obligations avec les commanditaires, le joueur de 18 ans trouve néanmoins le temps de préparer son tournoi.

« Nous sommes rentrés vendredi matin, a rappelé hier son entraîneur Guillaume Marx. Comme Félix avait un gros sentiment d’avoir raté son dernier match à Washington, au troisième tour contre Marin Čilić, il a voulu frapper dès notre arrivée, ce que nous avons fait vendredi soir ici. Et c’est encourageant de le voir aller ces derniers jours. »

C’est toujours exigeant de jouer « à la maison », malgré l’appui et l’énergie de la foule. Il n’y a eu qu’un Canadien en finale dans l’ère moderne du tennis : Milos Raonic en 2013. Et si Vasek Pospisil (2013) et Denis Shapovalov (2017) ont aussi atteint les demi-finales, les exploits canadiens se sont habituellement limités à quelques victoires surprises dans les premiers tours.

Les distractions sont nombreuses, et ce n’est pas facile de garder la tête au tennis.

« Pour l’instant, je sens Félix très concentré sur le tennis, malgré toutes les distractions, estime Guillaume Marx. À ce stade, c’est plus la fatigue que les distractions qui me fait peur. Il sait qu’il est là pour jouer au tennis, mais il va falloir gérer cette fatigue. »

Alors qu’on pourrait penser qu’on a vite hâte d’aborder les matchs dans le clan Auger-Aliassime, Marx explique : « Il ne faut pas précipiter les choses, y aller un jour à la fois. Heureusement, Félix va pouvoir profiter du match de double [cet après-midi] pour se mettre dans le tournoi. »

Auger-Aliassime disputera en effet à 15 h son match de premier tour en double, avec son compatriote Vasek Pospisil, contre les Français Jeremy Chardy et Fabrice Martin. Il retrouvera Pospisil demain, au premier tour du simple, résultat d’un tirage peu favorable pour les Canadiens.

« Au moins, on est en terrain connu, puisque Félix a affronté Vasek récemment, rappelle Marx. Il l’a déjà battu deux fois, et sera donc confiant. Mais on ne sait pas ce que Vasek peut sortir comme match. Il a déjà très bien fait ici par le passé et peut se transcender. Mais bon, le tirage, c’est le tirage, et maintenant, il ne faut plus trop y penser. »

Auger-Aliassime a déjà pris part à 16 tournois cette saison, et présente une fiche de 28 victoires et 15 défaites. 

« Jusqu’ici, il encaisse très bien les choses, assure son entraîneur. Maintenant qu’il est plus haut dans le classement, on a plus de choix et on peut mieux gérer la programmation de ses tournois. Ça lui permet de se ménager.

« On a eu des périodes de repos aussi et, pour l’instant, il est très en santé. C’est bien, parce qu’il est à la fois très bien entraîné et relativement frais, alors qu’on est en plein été, ce qui est encourageant pour la suite de la saison. »

Des conseils pour bien jouer devant ses partisans

Félix Auger-Aliassime est apprécié des autres joueurs. Hier, deux des meilleurs joueurs du circuit n’ont pas hésité à lui offrir des conseils pour bien faire devant ses partisans.

Alexander Zverev, Allemand, demi-finaliste récemment à Hambourg : « Je sentais de la pression, mais je sentais aussi l’énergie positive, l’amour de la foule. Oui, c’est probablement plus de pression de jouer chez soi, mais c’est une expérience agréable, car tu sais que tu seras le favori de la foule. J’aime cette sensation. J’espère que ce sera pareil pour Félix, et qu’il va savourer le moment plutôt que de ressentir la pression. Cela dit, les situations diffèrent. À Hambourg, j’étais deuxième tête de série, parmi les favoris, et le tournoi était moins important. J’ai beaucoup de respect pour Félix et je crois qu’il deviendra un champion incroyable, mais il n’est pas encore favori pour gagner des tournois de l’envergure de celui-ci. Il en est capable, il a le potentiel d’en gagner plusieurs, mais il a encore 18 ans. Les gens devront lui donner du temps. Je lui souhaite du succès, je le respecte beaucoup et j’aime bien le voir jouer. C’est aussi un des joueurs les plus gentils, il est très respectueux pour un jeune de 18 ans. »

Kei Nishikori, Japonais, deux fois champion à Tokyo : « Je me suis habitué à jouer chez moi. Ça fait peut-être 10 fois que je participe au tournoi de Tokyo. Les deux premières années, je n’aimais pas jouer au Japon, il y avait trop de pression. Je ne pouvais pas jouer comme je le voulais, la pression m’empêchait de bouger comme je l’aurais voulu. À mes premières années, je ne jouais pas du bon tennis, mais maintenant, je peux rester calme sur le terrain. Maintenant, j’aime jouer au Japon, j’ai du soutien de la foule. Félix, ce qu’il fait à 18 ans, il aura 19 ans la semaine prochaine, c’est incroyable ! Je l’ai dit quelques fois, le Canada a deux potentiels gagnants de tournois du Grand Chelem en Félix et Denis [Shapovalov]. Ce sont des joueurs incroyables et j’ai hâte de voir ce que l’avenir leur réserve. »