(Paris) Rafael Nadal et Novak Djokovic, les deux favoris venus à Roland-Garros cette année tenter d’ajouter un bout de légende à leur palmarès, ont parfaitement débuté leur campagne lundi, une entrée en lice beaucoup plus compliquée pour Serena Williams.  

Cyril TOUAUX
Agence France-Presse

Nadal et Djokovic, sans sourciller

Personne ne donnait cher de la peau de Yannick Hanfmann, issu des qualifications, face au roi de Roland-Garros, en quête d’un 12e sacre Porte d’Auteuil. Et le scénario prévu d’une démolition en règle n’a pas connu d’accroc: Nadal, du haut de ses 17 couronnes de Grand Chelem, n’a jamais été inquiété par l’Allemand (6-2, 6-1, 6-3).

Le numéro 2 mondial, qui n’a pas connu une préparation sur terre aussi flamboyante qu’à l’accoutumée (3 défaites en demi-finales avant 1 titre à Rome), a surtout profité de ce premier tour pour se régler sur le tout nouveau court Philippe-Chatrier.

«Je n’ai pas senti beaucoup de différences», a-t-il assuré. «C’était un premier tour et j’ai fait pas mal de bonnes choses.»

PHOTO THOMAS SAMSON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Novak Djokovic

Le défi était censé être un peu plus compliqué pour Novak Djokovic face au Polonais Hubert Hurkacz (44e). Il n’en a rien été. Celui qui reste sur un titre à Madrid et une finale à Rome s’est chargé de démontrer que sa quête d’un quatrième titre du Grand Chelem d’affilée, ce qu’il a déjà réalisé entre 2015 et 2016, n’était pas du tout fantasmée.  

Très impressionnant, il n’a laissé aucune chance à son adversaire (6-4, 6-2, 6-2). S’il fallait une réponse à la facile victoire de Nadal, il ne pouvait pas mieux faire.

«C’est un tournoi très long, deux semaines. J’ai des ambitions très hautes ici. Ce n’est pas un secret», a réagi le Serbe.

Les choses ont été beaucoup plus compliquées pour Dominic Thiem, 4e mondial, et désigné principal outsider. Face au modeste Américain Tommy Paul (131e), le finaliste de la saison dernière et deux fois-demi-finaliste Porte d’Auteuil s’est fait quelques frayeurs. Bousculé, l’Autrichien s’est retrouvé au pied du mur, mené 4-0 dans le bris d'égalité du 3e set alors que les deux hommes étaient à un set partout. Il s’est finalement extirpé de cette situation en 4 sets 6-4, 4-6, 7-6 (/75), 6-2. Comme quoi, un premier tour de Grand Chelem n’est jamais si simple, même pour les favoris.

Le Russe Daniil Medvedev (14e) a pour sa part déjà fini son aventure parisienne. Alors qu’il menait 2 sets à 0 face au Français Pierre-Hugues Herbert, il s’est finalement incliné en cinq sets après 4 heures de jeu. «Il s’est mis à mieux jouer après deux sets», a laconiquement réagi le Russe.

PHOTO THOMAS SAMSON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Serena Williams

Serena Williams s’est fait peur

L’Américaine Serena Williams, venue à Paris pour tenter d’accrocher un incroyable record, celui de l’Australienne Margaret Court et de ses 24 couronnes en Grand Chelem, n’a pas connu une entame si tranquille.  

Un léger vent de panique a même traversé le Central quand, après une demi-heure de jeu, elle était menée 6-2 par la 83e mondiale, la Russe Vitalia Datchenko. Mais l’ex-numér 1 mondiale s’est reprise. Et de façon radicale. Une fois remise dans le match, elle a aligné douze jeux contre un seul pour son adversaire. C’est passé cette fois-ci mais le couperet n’est pas passé loin.

«Au début j’ai eu très peur. Ce n’était pas simple aujourd’hui. J’ai besoin d’entraînement», a-t-elle confié.

Arrivée sans repère Porte d’Auteuil, avec neuf matchs cette année dont un seul sur terre battue, sa campagne ne s’annonce pas simple.  

Le tableau féminin s’est allégé de quelques têtes de série, dont la Tchèque Petra Kvitova (6e mondiale), forfait en raison de douleurs au bras gauche, et l’ex-numéro 1 mondiale aujourd’hui 13e, la Danoise Caroline Wozniacki, battue d’entrée par la Russe Veronika Kudermetova 0-6, 6-3, 6-3.