Les joueuses n'ont pas toutes le même rapport à la défaite. Si certaines peuvent être d'humeur massacrante après un revers, d'autres demeurent tout de même faciles d'approche et ne perdent pas leur sens de l'humour. Roberta Vinci entre dans cette deuxième catégorie.

Mis à jour le 29 juill. 2016
Guillaume Lefrançois LA PRESSE

L'Italienne, septième tête de série, venait d'être battue 7-5 et 6-3 par la Russe Daria Kasatkina. Et à son point de presse, la plupart des questions portaient sur sa tombeuse.

« Elle est sans aucun doute en confiance. Elle est jeune, elle a 19 ans. J'en ai 33 ! Come on ! lance Vinci dans un éclat de rire. Elle a un bel avenir. »

Sur ce dernier point, impossible de la contredire. Kasatkina fait certainement partie des révélations du premier semestre 2016. Et à en juger par sa tenue à Montréal cette semaine, la deuxième moitié de l'année devrait bien se dérouler.

Mercredi, l'athlète de Togliatti s'était offert une victoire sur l'Australienne Samantha Stosur (no 13). Et hier, c'était au tour de Vinci de tomber. En deux jours, elle a éliminé les deux joueuses les plus expérimentées du top 50 mondial qui ne s'appellent pas Williams.

« Cela ne veut pas dire grand-chose pour moi parce que je joue souvent contre des adversaires qui sont plus âgées que moi », a répondu Kasatkina après sa victoire d'hier.

Si elle cite le nom de l'aînée des soeurs Williams, c'est qu'elle lui a livré une bataille épique à Wimbledon, il y a quatre semaines, dans un duel de troisième tour. Venus Williams l'avait finalement emporté difficilement en trois manches, 10-8 dans la manche ultime !

« Pourquoi me rappelez-vous ce match ? demande-t-elle à la blague. J'ai beaucoup appris dans ce match. C'est très dommage que j'aie perdu deux fois d'affilée dans un tournoi de Grand Chelem au troisième tour. Mais c'était une bonne expérience. »

ASCENSION FULGURANTE

Kasatkina avait donné un aperçu de son talent en 2015 en atteignant le troisième tour des Internationaux des États-Unis, puis les demi-finales du tournoi de Moscou, battant au passage deux joueuses du top 30.

Mais son escalade au classement est aussi spectaculaire que régulière, cette saison. Classée 75e en début d'année, elle n'a pas grimpé sur la base d'une seule performance extraordinaire, mais plutôt en alignant des parcours de moyenne durée. Et en évitant les éliminations rapides.

Elle a donc atteint le troisième tour à chaque tournoi du Grand Chelem cette saison, de même que les quarts de finale à Indian Wells, puis ici à Montréal, deux tournois très payants après les majeurs. Curieusement, cette même capacité à éviter les faux pas se reflète aussi dans son jeu, aux yeux de Vinci.

Résultat : la voici maintenant au 33e rang, une position qu'elle améliorera à la prochaine mise à jour du classement, lundi.

« Je n'ai pas d'objectifs pour le classement, assure Kasatkina. Quand j'ai ce genre d'objectif, mon classement descend généralement. Je ne me concentre pas sur le classement, contrairement à ce que je faisais chez les juniors. Je veux juste progresser dans mon jeu, et si j'ai du succès, mon classement s'améliorera. »

Son prochain défi ne sera toutefois pas de tout repos. Aujourd'hui, elle a rendez-vous avec la deuxième joueuse mondiale, l'Allemande Angelique Kerber.

photo Robert Skinner, La Presse

Roberta Vinci