Déjà le meilleur joueur canadien de l'histoire, Milos Raonic a démontré cette saison qu'il avait l'étoffe pour non seulement accéder au top 10, mais peut-être aussi aller jusqu'au sommet du tennis masculin.

Michel Marois LA PRESSE

«Il n'y a pas beaucoup de différences entre les meilleurs joueurs du circuit et moi, a-t-il répété récemment, à Toronto, en conférence de presse. J'ai toujours senti que j'étais proche de leur niveau de jeu. Au début de l'année, je voulais m'approcher du top 10 et j'y suis presque.»

Le joueur de 21 ans a terminé la saison au 13e rang du classement mondial, fort de deux titres - San Jose et Chennai, deux Masters 250 - et de plusieurs victoires contre des joueurs de premier plan. Avec deux quarts de finale en Masters 1000 (Toronto et Cincinnati), deux finales en Masters 500 (Memphis et Tokyo), Raonic aurait pu grimper encore plus haut. Et personne n'a oublié le duel homérique qu'il a livré au Français Jo-Wilfried Tsonga au deuxième tour du tournoi olympique, ne s'inclinant que 23-25 en troisième manche.

«J'ai beaucoup plus d'expérience et de confiance qu'auparavant, a confié Raonic. Je suis plus fort physiquement, grâce à un gros travail à l'entraînement, mais aussi mentalement. J'ai eu la chance de jouer souvent contre des joueurs mieux classés, de disputer des matchs importants en tournoi ou en Coupe Davis, et cela m'a permis de progresser encore plus vite.

«Je suis heureux de ce que j'ai accompli cette année, mais je ne peux pas dire que je suis entièrement satisfait. J'en veux toujours plus et je ferai tout pour atteindre mes objectifs.»

Ceux qui le connaissent bien savent que Raonic est extrêmement ambitieux. Le jeune homme de Thornhill (près de Toronto) l'a démontré cette saison en passant à la vitesse supérieure dans sa course vers le sommet. Il n'a pas hésité à s'installer en Europe - il vit à Monaco et s'entraîne à Barcelone - pour travailler dans les meilleures conditions avec son entraîneur Galo Blanco.

Le grand Milos a aussi profité de son physique avantageux pour multiplier les contrats de commandite - Lacoste, Biotherm, SAP... - et ainsi accroître sa visibilité internationale. Aucun joueur canadien n'a connu une telle popularité et Raonic n'est encore qu'au début de sa carrière.

On pourrait évidemment craindre que le succès monte à la tête du jeune athlète, mais ce n'est pas le cas. Les Montréalais ont pu le constater lors de la rencontre de Coupe Davis Canada-Afrique du Sud, au mois de septembre au stade Uniprix, quand Raonic a été à la fois brillant, disponible et... bilingue!

Il vient d'ailleurs de lancer une fondation qui porte son nom et dont l'objectif est d'aider de jeunes athlètes handicapés à obtenir les prothèses nécessaires à la pratique de diverses activités sportives.

Le mois dernier, à Toronto, ses amis Andy Roddick et Serena Williams s'étaient déplacés pour l'aider à recueillir des fonds. Pas de doute, Raonic a l'étoffe des grands.