Comment décrire l’énergie du CF Montréal à la veille de sa demi-finale contre son éternel rival du Toronto FC en Championnat canadien ? On n’a qu’à demander à Alistair Johnston.

Publié le 21 juin
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

« On va sortir des vestiaires tout feu tout flamme [guns blazing] », a déclaré le défenseur toujours souriant, mardi matin, au Centre Nutrilait.

« Tout le monde sera excité. C’est le premier match de cette rivalité cette saison. On sera sur la route, à Toronto. La foule sera animée et hostile. On connaît l’importance de ce match. »

Petite vengeance

Alistair Johnston a plus d’une raison d’être allumé par l’idée de cet affrontement. Il a grandi dans la région de Toronto. Sans toutefois que le Toronto FC ne lui fasse de l’œil.

« Je n’ai jamais été un partisan du TFC en grandissant. Cet amour n’a jamais pris forme parce que l’académie m’a toujours ignoré. »

Mercredi soir, Johnston pourra donc savourer un tout premier derby Montréal-Toronto depuis qu’il enfile les couleurs du Bleu-et-noir. Et il compte bien « faire payer » l’équipe qui l’a toujours tenu à l’écart.

« Il y a une motivation supplémentaire, souligne-t-il. Nous voulons leur prouver qu’ils ont pris une mauvaise décision. »

Il parle en « nous » parce qu’il n’est pas le seul issu de la région métropolitaine de Toronto qui a été ignoré par le Toronto FC. Il cite notamment Kamal Miller, autre défenseur aujourd’hui montréalais, et Dayne St. Clair, gardien du Minnesota United. Ces deux-là sont aussi régulièrement sélectionnés dans l’équipe canadienne.

Sur la sélection nationale, beaucoup de joueurs sont de la grande région de Toronto. Mais il y en a étonnamment très peu qui sont passés par le Toronto FC. Nous avons tous quelque chose à leur prouver aujourd’hui.

Alistair Johnston, défenseur du CF Montréal

« D’un autre côté, ça a aidé nos carrières respectives, ajoute-t-il. Rien ne nous a été offert tout cuit dans le bec. Kamal et moi avons dû prendre le chemin collégial. Ça nous a motivés parce que chez nous, personne ne nous a donné une chance. Et maintenant, regardez où nous en sommes. »

Attention à Toronto

Les joueurs du CF Montréal n’auront donc aucun problème à se motiver. Les champions en titre devront néanmoins se méfier d’un adversaire piège.

PHOTO BRAD PENNER, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le Toronto FC affrontait les Red Bulls de New York le 18 juin dernier dans le New Jersey.

Oui, le Toronto FC connaît un début de saison chaotique. Il siège au 12rang sur 15 dans la conférence de l’Est, avec seulement 4 victoires en 15 matchs. La troupe de Bob Bradley est une des équipes qui génèrent le moins de chances de marquer en MLS. Tout en étant une des formations qui en accordent le plus. Ses 29 buts concédés en font la troisième parmi les pires défenses de la MLS.

Le hic, c’est que le CF Montréal n’est pas bien mieux à ce chapitre. Il en a accordé 27. En plus de perdre trois de ses quatre derniers matchs de ligue.

Qui plus est, Toronto a remporté au début de juin... le Championnat canadien de 2020. La finale contre le Forge de Hamilton avait été reportée de deux ans. Cette expérience récente en Coupe devrait l’encourager.

Mais pour Alistair Johnston, « quand on joue un match contre un tel rival, on peut passer outre la forme actuelle des deux équipes ».

« On est dans une bonne position au classement, ajoute le défenseur. On est en demi-finale du championnat canadien, avec une belle chance de mettre la main sur un trophée supplémentaire. C’est ça, le plan. »

PHOTO CHRISTOPHER HANEWINCKEL, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Kamal Miller, du CF Montréal, a maille à partir avec Alex Muyl, du Nashville SC, le 18 mai dernier à Nashville.

Montréal devra encore composer avec l’absence de plusieurs titulaires habituels, comme Kamal Miller et Djordje Mihailovic. Une occasion que Matko Miljevic ne compte pas laisser passer, lui qui joue à la même position que le fougueux Américain.

« Ça fait des mois que je me prépare à relever de tels défis et à avoir un rôle plus important », a soulevé l’Argentin par l’entremise d’un interprète, mardi.

Il parle de « compétition naturelle, mais très saine » avec Mihailovic pour le poste de milieu offensif.

« Je m’en sers pour continuer de grandir, explique-t-il. Ça me surprend même parfois de voir à quel point c’est vécu de façon positive. Parfois, en Argentine, il y a une certaine compétition qui peut devenir un peu contre-productive. Ici, au sein du groupe, c’est quelque chose de très sain. »

Alistair Johnston ne veut toutefois pas s’avancer quant au favori pour ce match.

« Je vais laisser les pronostics pour Vegas, lance-t-il en riant. À vous de choisir qui sont les favoris ! »

Saphir Taïder en « visite amicale »

Sa présence au stade Saputo samedi, ainsi que sa rencontre avec certains anciens coéquipiers lundi, ont attisé quelques tisons de rumeurs d’un retour à Montréal. Mais Saphir Taïder assure que sa visite chez son ancienne équipe était bel et bien seulement qu’« amicale ». « Je suis venu vraiment parce que j’ai des amis ici, a-t-il expliqué au téléphone par La Presse. Ça n’a rien à voir avec le football et le club. Je suis d’ailleurs passé et j’ai vu un peu tout le monde. Ça nous a fait plaisir. Mais non, rien à voir avec le football. »

Jean-François Téotonio, La Presse