(Montréal) Il n’y aura pas de préparation de quelques semaines en Floride pour le CF Montréal cette année. La totalité du camp d’entraînement se tiendra à Montréal avec, peut-être, un court déplacement à Vancouver pour disputer quelques matchs amicaux contre les Whitecaps.

Mis à jour le 8 févr. 2021
Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Olivier Renard, directeur sportif du club, l’a fait savoir lundi au cours d’une visioconférence avec les médias qui, cette question mise à part, a porté essentiellement sur les nombreux mouvements de joueurs des quatre dernières semaines.

« C’est sûr et certain que ça va être complexe. Je n’en doute pas », avait indiqué le président Kevin Gilmore, en entrevue avec La Presse le mois dernier, à propos du calendrier 2021. « Mais le niveau de complexité et l’impact que ça aura sur notre calendrier restent à déterminer. »

Renard a dit lundi ne pas avoir encore d’informations à ce sujet. Peut-être, a-t-il avancé, que seront d’abord jouées les confrontations avec Toronto et Vancouver pour gagner du temps et disputer quelques rencontres à Montréal.

« Mais il y a de fortes chances, je pense, de devoir déménager aux États-Unis », a-t-il enchaîné.

Comme pour la quasi-totalité de la dernière année.

Pour cette raison, la direction et le personnel d’entraîneurs ont pris la décision de garder tout le monde au Canada avant le lancement du calendrier de 34 matchs.

« Nous sommes conscients qu’il y a beaucoup de points négatifs dans cette décision. S’entraîner sur le terrain synthétique pendant de longues semaines, ça ne va pas être facile physiquement, surtout après les vacances », a admis le directeur sportif.

« Mais après l’expérience de l’an passé, on préfère peut-être avoir un retard physique, de préparation ou d’automatismes, et avoir une fraîcheur mentale pour les joueurs et le staff en restant au maximum près de leurs proches avant de partir pour plusieurs semaines aux États-Unis. »

Ce ne sont pas des excuses préméditées, a assuré Renard. C’est plutôt la désagréable réalité que s’apprêtent une fois de plus à affronter les trois formations canadiennes de la MLS.

L’essentiel est fait

Rajeunir le club a toujours été son intention, a réaffirmé Renard. Mais le contexte actuel l’a conforté dans cette approche.

« Ce sont des joueurs qui ne sont pas tous mariés, n’ont pas tous des enfants, même très peu dans le groupe. Et je pense, effectivement, que si nous devons passer plusieurs semaines, plusieurs mois sur la route, cet aspect va peut-être nous aider un peu », a-t-il expliqué.

Depuis un mois, le CF Montréal a mis la main sur cinq nouveaux éléments :

- Bjørn Johnsen, 29 ans, attaquant, double nationalité américaine et norvégienne. Dernier club : Ulsan Hyundai

- Aljaz Struna, 30 ans, défenseur, Slovène. Dernier club : Dynamo FC de Houston

- Joaquín Torres, 24 ans, milieu de terrain, Argentin. Dernier club : Newell’s Old Boys

- Ahmed Hamdi, 22 ans, milieu de terrain, Égyptien. Dernier club : El Gouna FC

- Sunusi Ibrahim, 18 ans, attaquant, Nigérian. Dernier club : 36 Lion FC

L’incertitude entourant les négociations sur le contrat de travail entre la ligue et l’association des joueurs a retardé le travail du directeur sportif.

« À la fin, on a quand même réussi à boucler la plupart des dossiers qu’on voulait terminer. »

La « difficulté énorme » de recruter en temps de pandémie, avec toutes les limitations évidentes qu’elle impose, a aussi grandement compliqué sa tâche.

Comme l’a rappelé Renard, le mercato est encore jeune et se poursuivra jusqu’au début de mai. Mais le magasinage du CF Montréal, bien qu’il ne soit probablement pas tout à fait terminé, est pratiquement fini.

« Il y aura certainement encore peut-être deux, trois petites retouches. Mais la grosse sortie du mercato a été conclue, oui », a-t-il résumé.

« Changer l’odeur du vestiaire »

Renard n’a pas renié cette idée d’acquérir des jeunes dans l’espoir de les revendre à meilleur prix plus tard.

Mais, à court terme, l’objectif est de générer davantage de compétitivité à l’interne.

« Et de changer un petit peu, pas la mauvaise attitude – il n’y en avait pas dans le vestiaire –, mais de changer quand même l’odeur du vestiaire », a ajouté celui qui avait relevé lors du bilan de fin d’année que son club manquait de « personnalité ».

Par ailleurs, Renard a souligné que, malgré le virage jeunesse du club, plusieurs joueurs de 29 ou 30 ans peuvent légitimement être perçus comme des partants potentiels de l’effectif : Romell Quioto, Victor Wanyama, Rudy Camacho, Aljaz Struna et Bjørn Johnsen.

Le directeur sportif aime donc le mélange des genres, la diversité qui composent le club. Il est satisfait de ses acquisitions et entrevoit la saison d’un bon œil.

Vers la fin de la conférence, il a appuyé son optimisme sur le fait qu’il n’avait pas eu à descendre très bas dans ses listes pour aller chercher les types de joueurs qu’il convoitait.

Puis, il a eu cette boutade : « Je suis plus confiant que vous, et c’est normal. »

Olivier Renard à propos de :

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Bjørn Johnsen

Bjørn Johnsen : « Il est fort dans les airs. Je sais que ce n’est pas la philosophie de Thierry, qui préfère jouer au football. Mais je crois qu’il a un profil qui nous manquait. De pouvoir jouer dans un certain style de football par moments. »

Aljaz Struna : « On regardait défensivement pour amener, ce que j’avais dit en fin de saison dernière, un certain niveau d’expérience, et Struna nous apporte ça. »

Joaquín Torres : « Dans l’effectif 2020, on avait beaucoup de joueurs costauds qui savent pousser le ballon et courir, avec de la vitesse, mais il nous manquait un peu ce profil de joueur. Celui qui peut provoquer, avoir des fautes sur lui, créer quelque chose dans les petits espaces. »

Ahmed Hamdi : « Dans mes contacts, quelqu’un me l’a conseillé, il y a plusieurs mois. J’ai suivi ses performances et je crois que ça pourrait être une très bonne surprise dans notre effectif. »

Sunusi Ibrahim : « Il est beaucoup plus petit [que Johnsen], beaucoup plus rapide, plus vivace. Il peut jouer sur les côtés aussi. »