La Fédération internationale de football association (FIFA) exige qu’il y ait un « vacuum événementiel » dans les villes qui présenteront des matchs de la Coupe du monde de soccer en 2026. C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement du Québec a décidé de se retirer du projet la semaine dernière, ont confirmé à La Presse trois sources directement impliquées dans le dossier.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Selon nos informations, la présentation de trois matchs à Montréal à l’été 2026 forcerait l’annulation ou le report du Grand Prix de Formule 1 du Canada, du Festival international de jazz, des Francos et peut-être du festival Juste Pour Rire. La FIFA demande aussi à ce que le Stade olympique ne serve qu’à la Coupe du monde pour une période de trois mois, alors que l’évènement ne dure que cinq semaines.

En forçant un report ou une annulation des festivals, Québec craignait de fragiliser davantage les évènements phares de l’été montréalais, déjà lourdement affectés par la pandémie.

L’exigence du vacuum n’est pas nouvelle. En 2018, The Province, un journal de Vancouver, avait publié un document de la FIFA à l’intention des villes désireuses d’organiser la Coupe du monde de soccer de 2018. Au point 413.7, il est indiqué qu’« aucun évènement sportif majeur – autre que la compétition – ne peut être présenté dans la ville hôtesse pour une période débutant sept jours avant l’évènement et se terminant sept jours après ». Aussi, « aucun évènement culturel substantiel (comme des spectacles de musique) qui pourrait attirer une large foule » ne peut avoir lieu dans la ville-hôtesse un jour avant ou après chaque match.

De 150 à 300 millions

Par ailleurs, le gouvernement du Québec n’a pas apprécié l’augmentation substantielle des coûts d’exploitation de l’évènement.

En 2018, ces coûts étaient évalués à 150 millions pour six matchs. La Ville de Montréal, Québec et Ottawa s’étaient alors engagés à absorber chacun le tiers de la facture. Les retombées économiques étaient estimées à 210 millions.

En 2021, ces coûts sont maintenant évalués à près de 300 millions, pour seulement trois matchs. La part de Québec avait doublé, de 50 à 103 millions. Les retombées économiques, elles, chutaient de moitié, à 105 millions. De plus, de nouveaux frais pouvaient s’ajouter d’ici le dépôt du cahier de charges final, en 2023, à la discrétion de la FIFA. Le gouvernement craignait d’allonger une vingtaine de millions de dollars de plus. Un risque que personne à Québec ne désirait assumer.

À noter que la contribution de Québec n’aurait pas servi à rénover le toit du Stade olympique. Ce montant devait plutôt couvrir des frais logistiques – notamment la sécurité-, ainsi que des engagements en commandite.

Montréal et Ottawa sont présentement en train d’étudier leurs options.

Dans le cadre des discussions à propos de la candidature de Montréal, le seul site pressenti pour présenter des matchs est le Stade olympique. Jamais il n’a été question du stade Saputo, du stade Percival-Molson ou d’un nouveau stade de baseball au centre-ville. Le Centre Nutrilait servirait de centre d’entraînement pour les équipes basées à Montréal.