Il a beaucoup été question de besoin de changement lors du point de presse du nouveau venu de l’Impact, Djordje Mihailovic, lundi. Et de leadership, aussi.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Deux journalistes de Chicago ont posé des questions qui étaient en fait des variations sur le même thème : le besoin de changement du milieu de terrain.

À la deuxième occasion, alors qu’on lui demandait quand avait germé ce besoin, Mihailovic a entamé sa réponse par un léger soupir…

PHOTO TREVOR RUSZKOWSKI, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le nouveau joueur de l’Impact, Djordje Mihailovic (à gauche)

« Ça fait quelque temps. Je ne dirai rien de précis. Mais ma famille, mon conseiller et moi avons parlé de ce qui serait le mieux. C’est juste une de ces situations où, c’est triste, mais les choses doivent bouger. »

Le produit de l’académie du Fire a réalisé un rêve en disputant ses quatre premières années professionnelles dans le maillot de la ville où il a grandi. Il a donc qualifié de « doux-amer » ce déménagement de Chicago vers Montréal.

Chaque joueur arrive à un moment où un changement est ce qu’il y a de mieux pour continuer de grandir. La saison dernière, j’ai atteint un point où quelque chose devait être fait. Bien sûr, c’est triste de quitter une équipe qu’on aime, qu’on a regardée jouer en grandissant. Mais ça arrive dans tous les sports. Parfois, le changement est ce qu’il y a de mieux.

Djordje Mihailovic, nouveau joueur de l’Impact

En quatre saisons avec Chicago, il a disputé 73 matchs en saison, dont 45 titularisations, marquant 7 buts et amassant 15 passes décisives.

L’Impact lui a consenti une entente de trois saisons plus une année d’option.

De petit à grand frère

Le directeur sportif de l’Impact, Olivier Renard, avait quelque peu surpris en affirmant, vendredi, à l’occasion du bilan de saison, que son groupe manquait de personnalité. De leadership, bref.

À l’évidence, Djordje Mihailovic compte faire partie de la solution, malgré ses 22 ans. Renard avait justement affirmé qu’il n’y a pas d’adéquation entre l’âge et le leadership…

« Je veux prendre des responsabilités, démontrer du leadership de moi-même. Les quatre dernières années, je sentais un peu qu’on me regardait comme le petit frère, a raconté le milieu de terrain de 5 pi 10 po. Que je marquerais quelques buts, récolterais un peu plus d’aides, mais qu’on me voyait toujours comme ce jeune joueur du coin de qui on n’attendait pas trop de choses. Que j’allais contribuer, mais de qui on pouvait disposer. »

Ici, je sens cet engagement envers moi, ces attentes et cette pression sur mes épaules dont j’ai besoin. Et ça m’aidera à progresser. C’est ce dont j’ai le plus besoin pour m’améliorer : de la pression et du défi.

Djordje Mihailovic

Bien sûr, l’Américain – qui a également disputé six matchs avec son équipe nationale, marquant une fois – affirme être « excité » de se joindre à son nouveau groupe, qui compte, il le sait, plusieurs jeunes, même de très jeunes joueurs.

Le coup de fil de Thierry Henry, il y a quelques semaines, n’est pas étranger à ce sentiment.

« Que quelqu’un comme lui m’appelle sur mon téléphone, c’était gros pour moi. Nous savons tous qui il est, a-t-il laissé tomber, louant le palmarès de son nouvel entraîneur. Dès ce moment, je savais que Montréal était clairement un endroit où je voulais jouer. Je sentais ce désir de m’avoir dans le club et le sentiment que son staff et lui croient en moi. »

Où jouera-t-il ?

Djordje Mihailovic assure ne rien tenir pour acquis. Il ne prétend pas mériter de choisir lui-même le rôle qu’il aura dans le onze de Henry. Il ne cache pas sa préférence, toutefois.

« Je pense que ma meilleure position est au centre du terrain, où j’ai beaucoup de ballons, je me sens à l’aise de faire des jeux. C’est ce que je fais depuis toujours », indique celui qui avait davantage patrouillé le côté gauche la saison dernière.

Au jeu des comparaisons, il évoque, prudemment, Thiago, de Liverpool.

« J’aime aller vers l’avant, pousser, attaquer, créer des chances et marquer moi-même », note-t-il.

Par ailleurs, Mihailovic est bien au fait de la saison qu’a connue Romell Quioto à Montréal.

Sans doute espère-t-il construire avec le Hondurien une complicité aussi solide que celle qu’il avait à Chicago avec l’attaquant slovène Robert Berić. La saison dernière, ils ont formé l’un des bons duos de la MLS, surtout en fin de campagne.

Mihailovic s’est fait complice sur une grande partie des 12 buts de Berić. Ce qui lui a fait dire ce qui suit : « Je ne sais pas comment il pourra marquer maintenant, sans moi ! »