Dans votre salon, vous aimez bien les bruits de foule virtuels des matchs. Mais au stade Saputo, mardi et vendredi soir, vous aviez l’impression d’entendre des extraits sonores d’un match de Pelé en 1962. Voici pourquoi.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

« On prend le son et on l’envoie dans les systèmes de sono du stade alors que ce n’est pas conçu pour ça. C’est conçu pour l’annonceur maison, la musique, ce n’est pas l’idéal pour un stade. Les bruits ne se rendent pas nécessairement très bien au terrain, en particulier du côté sud, où sont les spectateurs.

« Mais on a 200 000 personnes qui l’écoutent à la télé et il y a 250 personnes dans le stade. Donc, l’objectif premier est le téléspectateur », explique Jimmy James-Bergeron, directeur marketing de l’Impact, qui ajoute que les joueurs du club ont apprécié l’ambiance.

L’employé à la console dispose d’une banque d’une vingtaine de sons dans l’ordinateur. But, passe manquée, but manqué. En plus de les sélectionner, il en contrôle le volume. Aux dires de M. James-Bergeron, 80 % du match tourne autour de cinq sons, essentiellement de l’ambiance, des chants… mais pas n’importe lesquels.

« On utilise du son authentique de notre stade, on est retournés dans des anciens broadcasts, on a choisi des matchs précis où il y avait beaucoup d’ambiance et on est allés chercher des trames sonores de ces matchs-là », raconte le directeur marketing.

Des données claires

L’expérience, donc, se veut d’abord télévisuelle. Et de ce côté, aucun doute, c’est ce que veulent les fans, souligne Jimmy James-Bergeron.

Pendant le tournoi MLS is Back, la ligue a fait le choix de ne pas utiliser de bruits de foule enregistrés. Mais, en parallèle, elle a mené un sondage auprès de ses amateurs pour connaître leurs préférences à ce sujet. Et le verdict a été limpide.

Il y avait une majorité accablante de fans qui préféraient avec bruits de foule, d’où notre décision d’aller dans cette direction.

Jimmy James-Bergeron

L’Impact s’est également basé sur le comportement des habitués du site web DAZN, où la majorité des amateurs nord-américains consomment le soccer européen.

Sur DAZN – qui possède entre autres les droits de diffusion des ligues anglaise et italienne Serie A –, les fans peuvent décider de regarder les matchs avec ou sans bruits de foule. Ces données sont assez facilement récupérables, indique le directeur marketing. Or, là encore, « une forte majorité écoute les versions avec bruits de foule ».

Au final, la MLS n’a toutefois pas imposé l’utilisation de son ambiant à ses clubs. Cette décision revient à chaque organisation. Ainsi, il appert que le Toronto FC n’a pas choisi cette voie, selon ce qu’a lu le directeur marketing du onze montréalais.

Donc, n’ajustez pas les paramètres de votre téléviseur lorsque l’Impact visitera le TFC, mardi. À moins que la direction torontoise change son fusil d’épaule entre-temps, aucun bruit de « fausse foule » n’en sortira. Ce qui, cependant, permettra peut-être de laisser filtrer jusqu’à vous quelques insultes et jurons bien sentis…