On dit souvent que la routine peut devenir lourde à supporter à la longue, mais elle peut aussi avoir de bons côtés. C’est peut-être ce que pensent les joueurs de l’Impact de Montréal maintenant qu’ils sont rentrés au Québec et qu’ils renoueront avec leur domicile sportif, pas entièrement désert, mardi soir.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Exactement un mois après leur élimination au tournoi de relance de la MLS à Orlando, et environ deux semaines après être sortis de leur quarantaine, Thierry Henry et ses joueurs accueilleront les Whitecaps de Vancouver dans le cadre de la phase canadienne de la reprise du calendrier de la MLS.

En visioconférence lundi après-midi, Henry n’était pas en mesure de dire quels sont les joueurs qui seront disponibles en vue de ce match, car, comme il l’a indiqué, deux ou trois « ont de petits pépins ».

Par contre, il estime que ses joueurs se trouvent dans de meilleures dispositions qu’avant de prendre la direction de la bulle floridienne.

« C’est sûr qu’on est mieux que quand on est partis à Orlando parce que la pause de trois, voire quatre mois, ce n’était pas évident à gérer, bien que c’était le cas de tout le monde. Là, ils sont beaucoup mieux. Est-ce qu’ils sont à 100 % ? Non. Bien sûr, ils ne sont pas à 100 %. Si à Orlando, ils étaient à 60 %, là, je dirais qu’ils sont à 75 ou 80 %, peut-être », s’est avancé à dire Henry.

Par ailleurs, l’entraîneur-chef de l’Impact a noté que le retour au Québec a permis aux joueurs de reprendre certaines habitudes quotidiennes.

« Tu sors de l’entraînement, tu es en famille, tu peux avoir une espèce de train-train habituel alors que quand on était à Orlando, ce n’était pas évident mentalement pour les gars, pour nous aussi d’ailleurs, et pour tout le monde. Là, au moins, ils peuvent rentrer à la maison. Tu joues contre Vancouver, tu rentres. Tu joues contre Toronto, tu es à la maison. »

Les mecs peuvent voir leurs enfants et être auprès des leurs. C’est vrai que ça change un peu la donne.

Thierry Henry

Au cours des derniers jours, les joueurs de l’Impact qui ont été interrogés ont affirmé que le contexte dans lequel la saison a avancé cette année, avec un début de campagne, une pause forcée de trois mois, quelques matchs et une autre pause, a été difficile pour le corps.

« Il faut s’adapter à tout. On a essayé de gérer ce qu’il fallait gérer au niveau physique quand on est partis au tournoi à Orlando. Ça n’a pas été évident, là aussi, ce n’est pas évident. Ça n’est pas évident pour Vancouver », a fait remarquer Henry, en faisant référence au fait que les Whitecaps ont joué deux matchs à Toronto – qu’ils ont perdus chaque fois par blanchissage – la semaine dernière avant de prendre la direction de Montréal.

« Mais il faut s’adapter et essayer de se préparer du mieux possible et essayer d’éviter les blessures, même si ce n’est pas toujours évident parce qu’il faut préparer les gars. Essayer de perdre le moins de gars en chemin et voir ce qu’on peut faire quand on va devoir jouer », a-t-il enchaîné.

À ce sujet, Romell Quioto a insisté sur l’importance de se comporter en professionnels, même s’il reconnaît que la situation est difficile pour tous les joueurs.

« C’est un type de préparation qui est différent, le format des compétitions n’est pas le même », a soulevé Quioto en comparant le tournoi de relance de la MLS à la reprise du calendrier.

« C’est une situation assez difficile et atypique à affronter, mais malgré ça, il faut demeurer professionnels en tant que groupe, mais aussi individuellement pour pouvoir nous rendre au niveau le plus élevé sur le terrain. »

250 spectateurs

Le match aura lieu au stade Saputo et les gradins accueilleront un maximum de 250 amateurs, dans le respect des directives de la Santé publique du Québec.

« La dernière fois que j’ai joué devant 250 personnes dans un vrai match, je pense que c’était France-Belgique en 2000, avant l’Euro », a évoqué Henry lorsqu’on l’a interrogé à ce sujet.

« Pour nous, ça ne change rien. On sort d’Orlando où il n’y avait personne. Ça va paraître plein pour nous demain [mardi] ! », a ajouté Henry à la blague.

Henry est évidemment content de savoir qu’il y aura quelques spectateurs pour venir encourager la formation montréalaise. Quioto s’est également dit heureux.

« C’est plaisant de savoir que nous allons pouvoir de nouveau jouer devant une foule, a déclaré Quioto avec l’aide d’un interprète. Quatre matchs à Orlando sans spectateurs, c’était complètement différent. C’est important pour moi et pour l’équipe, même si c’est seulement 250 personnes. »