(Montréal) Bien qu’il s’agisse encore d’un scénario très hypothétique, la possibilité que l’Impact de Montréal doive de nouveau s’installer aux États-Unis pour jouer d’autres matchs en MLS, à l’automne, semble perturber plusieurs joueurs de l’équipe. Tout particulièrement Saphir Taïder.

Michel Lamarche La Presse canadienne

Lors d’une visioconférence organisée par l’Impact vendredi après-midi, le milieu de terrain n’a pas caché une vive inquiétude à l’idée de devoir s’éloigner, une fois de plus, de sa famille et de ses trois enfants, comme ce fut le cas pendant le tournoi de relance à Orlando.

« C’est clair que je préfère ne pas y penser parce que ça serait fou et illogique. Je pense à moi, mais il y a aussi beaucoup de joueurs qui sont dans des situations délicates. Moi, j’ai une famille, et même si tu n’as pas de famille, partir deux mois, comme ça, aux États-Unis, pour un sportif de haut niveau, c’est impossible. Parce que psychologiquement, au bout de quelques semaines, tu lâches », a-t-il affirmé.

Partir deux mois, ce n’est pas la solution parce que psychologiquement les joueurs n’y seront plus. C’est impossible. Pour jouer au football, il faut être libéré, être bien dans sa tête, sinon ça gâche la moitié du spectacle.

Saphir Taïder

Au fil de la visioconférence, Taïder a précisé qu’il avait envoyé ses enfants en France en juin et qu’il ne les avait pas revus depuis. Selon ce qu’il a expliqué, ses enfants étant français, il leur fallait une autorisation du gouvernement canadien pour revenir au pays.

La bonne nouvelle, c’est que Taïder devait les retrouver vendredi soir, au moment où l’esprit de la grande majorité des amateurs de sports du Québec allait être tourné vers le duel entre le Canadien de Montréal et les Flyers de Philadelphie.

« Si vous vous imaginez bien, ils sont partis fin juin, on est déjà fin août, je ne les ai pas vus. Si nous devons partir dans trois semaines, je ne peux pas laisser mes enfants six mois dans l’année de côté et ne pas les voir. C’est complètement impossible. Donc, si c’est pour aller là-bas et ne pas être bien dans ma tête, je ne vois pas où est l’intérêt parce que moi, je joue au football pour prendre du plaisir, pour avoir le sourire sur le terrain et en dehors avec mes coéquipiers. Mais en étant aussi loin et aussi longtemps, non, je ne peux pas. Je ne peux pas sacrifier ça, c’est impossible. »

Un format pas idéal

Avec les enfants qui seront de retour dans le giron familial, Taïder aura sans doute l’esprit plus en paix mardi soir prochain alors que l’Impact disputera son premier match du volet canadien de la relance de la saison de la MLS.

À l’occasion de la visite des Whitecaps de Vancouver, non seulement Taïder et ses coéquipiers auront l’occasion de renouer avec la pelouse du stade Saputo, mais ils retrouveront aussi une poignée de spectateurs, soit un maximum de 250.

C’est bien, ça nous fait plaisir, surtout pour eux parce que nous, on ne ressentira pas la différence, honnêtement.

Saphir Taïder

« Un stade plein et 200 personnes, c’est complètement différent. Mais on est contents pour eux, car justement ils pourront venir au stade et prendre un peu de plaisir. »

Ce volet canadien comptera un total de six matchs pour chacune des trois formations du pays et permettra, en plus de compter pour le classement de la MLS, de déterminer l’équipe finaliste en vue du Championnat canadien de soccer.

« Ça ne sera pas facile. Ça va se jouer, je pense, sur les détails. Quand tu connais bien l’équipe et que tu as l’habitude de jouer contre elle, c’est peut-être un coup de pied arrêté ou une erreur grossière de l’équipe adverse qui pourra débloquer le match », estime Taïder.

« C’est vrai que ce n’est pas la plus belle des choses de se rencontrer trois fois en deux semaines, a ajouté Taïder. Mais voilà, la ligue a essayé de faire de son mieux. Nous, on ne peut pas sortir du Canada, donc on doit l’accepter. C’est comme ça. On va essayer d’en tirer les points positifs et de soutirer le maximum de points possible. »