Impartialité oblige, le commissaire de la MLS, Don Garber, ne s'est pas risqué à prédire si les débuts de l'Impact allaient être meilleurs que ceux de Vancouver ou de Toronto sur le terrain. Il a toutefois indiqué que les fondations montréalaises étaient déjà solides et que le marché offrait de nouvelles perspectives à la Ligue.

Mis à jour le 16 févr. 2012
Pascal Milano LA PRESSE

Au terme d'une allocution organisée par la chambre de commerce du Montréal métropolitain, mercredi, Garber n'a pas manqué de donner une bonne note à l'état-major montréalais.

«Joey Saputo et son équipe ont fait un excellent boulot. En travaillant avec la Ligue et les autres équipes, ils ont pu apprendre les défis rencontrés par les clubs d'expansion précédents. Puisque l'Impact est le dernier venu dans la MLS, ils peuvent reprendre les bonnes idées et ne pas répéter les mêmes erreurs», a expliqué Garber.

Contrairement à d'autres équipes d'expansion depuis 2007, l'Impact pouvait déjà s'appuyer sur son histoire et ses accomplissements réalisés depuis près de 20 ans. Il reste que le passage à l'échelon supérieur s'est accompagné de nouveaux défis financiers. Là encore, Garber croit que l'Impact a bien géré la situation grâce à de bons appuis du gouvernement et du milieu des affaires.

«Le stade Saputo est notre 14e bâti spécifiquement pour le soccer dans la MLS, la plupart sous la forme d'un partenariat public-privé. Ici, c'est l'un des meilleurs processus que nous ayons eus.

«L'Impact a aussi été capable de trouver des commanditaires assez rapidement alors que pour les nouvelles équipes, cela peut parfois prendre un certain temps. Cela en dit beaucoup sur le désir du milieu des affaires local de faire partie de cette histoire.»

Si 32 000 billets ont déjà été vendus en vue du match d'ouverture, la vente des abonnements de saison n'a, elle, pas atteint le niveau escompté. Seulement 7000 acheteurs ont déjà réservé leur place. Fidèle à sa philosophie depuis son arrivée à la tête de la MLS, en 1999, Garber a insisté sur la volonté de bâtir sur du long terme. Saputo, lui, croit toujours que les objectifs initiaux seront respectés.

«Nous ne sommes pas au niveau où nous souhaitions être, mais nous pensons que nous allons l'atteindre.»

Une aide réciproque

L'Impact est la 19e équipe de la MLS et Montréal est la troisième ville canadienne à se joindre au circuit. Alors que les langues anglaise et espagnole se côtoient dans les vestiaires, les galeries de presse ou sur le site officiel de la Ligue, Garber voit en Montréal la possibilité de rejoindre un public différent. Un public francophone certes, mais également plus varié qu'à Kansas City ou à Columbus.

«Notre expansion au Québec nous offre l'occasion de rejoindre une nouvelle culture. Il est important que nos clubs illustrent le côté international du sport et l'Impact en sera un excellent exemple pour nous.

«Montréal est une ville internationale et nous sommes très intrigués par la palette d'ethnies qui vit dans ce marché», a-t-il souligné en se félicitant que les matchs de la MLS soient maintenant diffusés dans les trois langues.

La MLS a également beaucoup à offrir au Canada après avoir contribué à l'essor du ballon rond aux États-Unis. Entre 1958 et 1986, la sélection américaine a par exemple échoué dans toutes ses tentatives de participer à la phase finale du Mondial. Depuis le lancement du championnat en 1996, les Américains en sont devenus des abonnés. Grâce notamment aux Académies, le Canada peut-il viser une trajectoire semblable?

«Notre objectif ici au Canada est que les trois clubs forment la prochaine génération de joueurs afin de qualifier la sélection nationale pour la Coupe du monde. C'est très important pour nous, ce serait même le plus grand indicateur du succès de la MLS au Canada», a commenté Garber.