Malgré les controverses, les huées, les critiques au fil des années, Carey Price vient, à 31 ans, de rejoindre l'illustre Jacques Plante pour les victoires chez le Canadien, 314.

Publié le 6 mars 2019
Mathias Brunet LA PRESSE

Patrick Roy, Ken Dryden et Bill Durnan suivent dans ce prestigieux classement.

Nous vous avons préparé un dossier étoffé ce matin dans La Presse+. Nous revenons sur le repêchage de 2005, le choix déchirant entre Price et Halak, une comparaison entre les époques de Plante et Price, des interviews avec ses anciens auxiliaires, dont Cristobal Huet, bref, beaucoup de matière.

J'aimerais m'attarder ici à la saison actuelle, la première de son contrat de 84 millions pour huit ans.

Une saison forte rassurante, après une année fort difficile l'an dernier, la pire de sa carrière.

Malgré de sérieuses blessures au genou, des distractions, Price n'est donc pas sur la pente descendante, au contraire.

Il devient même, contre toute attente, après son faux départ, un sérieux candidat au trophée Vézina remis au gardien par excellence dans la LNH.

Analysons les statistiques et gardons en tête le fait que Price ne joue pas derrière une équipe puissante comme celle du Lightning de Tampa Bay, des Maple Leafs de Toronto ou des Predators de Nashville.

Price vient au cinquième rang au chapitre des victoires, sur un pied d'égalité avec Sergei Bobrovsky des Blue Jackets et Connor Hellebuyck des Jets. Il a une victoire de plus que Pekka Rinne des Predators. 

En accordant un seul but hier, Price a baissé sa moyenne de buts alloués à 2,51. Seul Andrei Vasilevskiy a une moyenne inférieure (2,24) chez les gardiens ayant disputé au moins 40 matchs.

Son taux d'arrêts se situe désormais à ,917. Ça lui confère le quatrième rang derrière Vasilevskiy, Frederik Andersen des Leafs et Darcy Kuemper des Coyotes.

Le 2 décembre, pourtant, Carey Price avait une fiche de 8-8-4, une moyenne de 3,05 et un taux d'arrêts de ,898. Depuis, il a maintenu une fiche de 20-11-1 et il a accordé plus de trois buts seulement six fois en 32 matchs, et jamais plus de quatre. Il a une moyenne de buts alloués de 2,15 depuis cette date.

En toute logique, Andrei Vasilevskiy devrait remporter le trophée Vézina cette année, même si certains hésiteront à lui donner des votes de première place parce qu'il joue pour l'équipe la plus dominante des dernières décennies.

Mais une place parmi les trois finalistes serait déjà une victoire pour Price, compte tenu de son lent départ. Il a remporté le trophée en 2015 et a été finaliste, derrière Bobrovsky et Holtby, en 2017.

La prolongation de contrat offerte à Price en juillet 2017 a soulevé la controverse. Il s'agissait d'une sage décision de la part de Marc Bergevin.

Marc-André Fleury est encore au sommet de son art à 34 ans. Pekka Rinne connaît une autre très bonne saison à 36 ans. Henrik Lundqvist et Craig Anderson présenteraient de meilleures statistiques s'ils ne jouaient pas pour des équipes en reconstruction.

Un gardien peut toujours émerger de façon temporaire. Mais les bons, vrais, durables, sont plus rares. Demandez aux Oilers d'Edmonton et aux Sabres de Buffalo, par exemple.

Il ne manque pas grand-chose à Carey Price pour entrer dans la légende: une Coupe Stanley. Mais il faut aussi comparer les époques. Jacques Plante se battait avec cinq autres clubs, peut-être deux même puisque seuls Toronto et Detroit étaient de taille dans les années 50.

Patrick Roy était un gardien unique, incomparable. Il y avait aussi 10 clubs de moins en 1986. La parité n'était pas la même. Parmi ces 21 clubs, six n'avaient même pas réussi à amasser 60 points au classement.

En 1986, le Canadien comptait en outre trois autres éventuels membres du Temple de la renommée en plus de Patrick Roy: les défenseurs Chris Chelios et Larry Robinson et l'attaquant Bob Gainey.

En 1993, malgré les apparences, le Canadien comptait quatre compteurs de 80 points ou plus, et une défense menée par Éric Desjardins.

Carey Price n'a jamais été aussi gâté en terme d'équipe. Cela dit, le CH n'aurait jamais gagné ces deux Coupes sans Patrick Roy. Et Price n'a encore jamais montré les nerfs d'acier de Roy une fois le printemps venu.

Mais on compare ici Price avec l'un, sinon le plus grand gardien de l'histoire du hockey. Pas si mal quand même pour un gardien ténébreux que ses détracteurs auraient chassé mille fois de Montréal...

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À LIRE 

Le pari de Claude Julien a fonctionné. L'entraîneur du Canadien a donné une soirée de congé au jeune Jesperi Kotkaniemi, hier soir à Los Angeles, et son remplaçant, Jordan Weal, a marqué à son premier match avec le Canadien. Le CH a pris un point sur les Hurricanes, perdants en prolongation, mais Columbus et Pittsburgh ont gagné. Le classement est toujours aussi serré. Analyse de Guillaume Lefrançois.