Si le Canadien et ses fans rêvent encore aux défenseurs Hampus Lindholm ou Cam Fowler, les Ducks devront arrêter de gagner des matchs.

Mathias Brunet LA PRESSE

À la surprise générale, les Ducks ont remporté trois de leurs quatre matchs depuis l'arrivée derrière le banc du directeur général Bob Murray, pourtant sans expérience à ce chapitre.

La mission première de Murray en succédant à l'entraîneur déchu Randy Carlyle consistait d'abord à bien évaluer le personnel en place de façon à prendre les décisions les plus avisées possibles pour l'avenir de l'équipe.

Cette stratégie avait été confirmée par les propriétaires de l'équipe, Henry et Susan Samueli, dans une lettre envoyée aux détenteurs de billets de saison le 10 février.

Or, les récentes victoires des Ducks, dont deux blanchissages contre Vancouver et le Minnesota, hier, ont replacé Anaheim à trois points du Wild et d'une place en séries éliminatoires, vu la faiblesse des équipes en compétition dans l'Ouest.

À preuve, le Wild serait qualifié pour les séries si celles-ci démarraient aujourd'hui malgré une fiche de 27-27-6. Dans l'Est, les Hurricanes de la Caroline constituent le premier club exclu et ils détiennent huit points de plus que le Minnesota.

Lors du congédiement de Carlyle, il y a dix jours, Bob Murray a déclaré qu'il n'hésiterait pas à demander à certains de ses vétérans surpayés de renoncer à leur clause de non-échange, ce qui pouvait laisser supposer une vente de feu.

Mais les récents succès des Ducks pourraient forcer Murray à réviser ses plans et à se retirer du camp des vendeurs. Une telle décision bouleverserait encore davantage le marché des échanges à six jours de la date limite des transactions: les Blues de St. Louis ne sont vraisemblablement plus vendeurs, tandis que les Blackhawks de Chicago, les Canucks de Vancouver, les Coyotes de l'Arizona, l'Avalanche du Colorado et même les Oilers d'Edmonton peuvent encore espérer une place en séries éliminatoires.

Murray n'a pas non plus de fusil sur la tempe puisque Jakob Silfverberg constitue le seul éventuel joueur autonome sans compensation d'importance et il a souvent répété sa volonté de demeurer à Anaheim.

Ryan Getzlaf, Corey Perry et surtout Ryan Kesler, ont des contrats très lourds, mais ils ne sont pas des joueurs de location et Murray pourrait très bien aussi régler l'un de ces dossiers cet été sans pression.

Fowler et Lindholm, dont les noms ont alimenté certaines rumeurs, seraient des acteurs importants des Ducks dans le contexte d'une course aux séries éliminatoires.

Bob Murray aura six jours pour choisir son camp. Mais il pourrait facilement conserver son personnel actuel sans pour autant hypothéquer l'avenir de son organisation.

Anaheim affrontera Calgary vendredi et Edmonton samedi. Le portrait pourrait être un peu plus clair à la veille de la date limite des échanges, ou pas.

Plusieurs équipes acheteuses auront certainement les Ducks à l'oeil ces prochains jours.

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À LIRE

Richard Labbé a raison de rappeler l'importance de Tomas Tatar chez le Canadien. Tatar a marqué le but gagnant hier, son 19e but de la saison, son 44e point. À ce rythme, il atteindra la marque des 25 buts et des 60 points. Des statistiques épatantes pour un joueur qui ne constituait pas la pièce centrale de l'échange de Max Pacioretty. Celui-ci a 32 points, dont 18 buts, en 48 matchs avec les Golden Knights cet hiver. Tatar a une moyenne de 0,75 point par match, contre 0,67 pour Pacioretty.