Ce serait sans doute intéressant de pouvoir flâner ces jours-ci dans les bureaux des décideurs des Golden Knights, à Las Vegas. Premièrement, ce n'est jamais désagréable de se promener à Vegas, mais aussi, on se demande bien ce que ces gens-là pensent maintenant de ce qu'ils ont eu à donner pour obtenir Max Pacioretty.

Richard Labbé LA PRESSE

Bon, premièrement, rappelons la marque finale du match d'hier soir au Centre Bell: Canadien 3, Blue Jackets 2.

Qui, croyez-vous, a marqué le but gagnant? Tomas Tatar, avec son 19e de la saison. Il s'agit d'un des joueurs obtenus de Vegas plus tôt cette saison, en septembre, dans le cadre de la célèbre transaction que l'on sait.

Après le match d'hier soir, Tatar a expliqué à quel point il s'était entraîné comme un fou cet été, dans l'espoir de retrouver un rôle de premier plan chez les Golden Knights.

«J'ai tout fait cet été pour retrouver une place de choix avec l'équipe, a-t-il expliqué. Je ne dirais pas que j'avais confiance de pouvoir rebondir, mais j'ai fait tous les entraînements, tous les exercices pour être préparé au maximum et obtenir une place dans l'un des deux premiers trios des Golden Knights... et puis ils m'ont échangé. Ça arrive.»

Bien sûr que ça arrive, mais ce qui arrive moins souvent, c'est qu'un joueur comme ça, que l'on croit en fin de carrière, soit en mesure de se relancer à ce point. Imaginez: en obtenant son 44e point de la saison hier, Tatar n'est plus qu'à 12 points de sa meilleure récolte en carrière, soit les 56 points qu'il avait pu récolter en 2014-2015 avec les Red Wings de Detroit.

«Une autre chose qui est arrivée, a-t-il ajouté, c'est que dès l'instant où je me suis présenté ici, tout le monde s'est arrangé pour que je me sente le bienvenu dans cette équipe. Et c'est comme ça: je me sens un peu comme à la maison. En plus, ça parle français ici, comme chez moi en Europe.»

Et avec tout ça, il n'y a personne par ici qui s'ennuie de Max Pacioretty. C'est bien pour dire.

Ce but de Tatar est vraiment bien tombé, par ailleurs, parce que plus tôt en matinée, l'entraîneur-chef Claude Julien avait évoqué l'importance d'obtenir une production offensive de la part de tous ses trios. C'est un peu ce que l'on a vu hier, incluant le 11e de la saison de Paul Byron, qui faisait un retour au jeu après une absence qui remontait au 3 février. Cette équipe peut espérer des résultats seulement quand tout le monde fonctionne.

Ils sont plusieurs dans ce vestiaire à ne pas vouloir parler de classement, alors faisons-le à leur place. La victoire d'hier, même contre des Blue Jackets affaiblis (le meilleur marqueur du club, Artemi Panarin, n'y était pas, tout comme le solide défenseur Ryan Murray), est immense, parce qu'elle permet au Canadien de se pousser un peu des Hurricanes de la Caroline, qui commencent vraiment à faire parler d'eux, et pas seulement à cause de Don Cherry.

Autre détail à ne pas négliger: le Canadien a mis un stop à une mauvaise série de quatre défaites. Les séries de défaites, surtout les longues, seront évidemment à éviter si cette équipe veut viser quelque chose comme 96 points pour obtenir une place en séries.

En attendant, un joueur qui s'était préparé comme un fou cet été pour plaire aux patrons de Vegas rapporte maintenant à ses nouveaux patrons, qui ne s'attendaient certes pas à ça. Le hockey, comme la vie en général, regorge parfois de belles surprises.

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En hausse: Tomas Tatar

Il a marqué le but gagnant, mais il a aussi et surtout disputé l'un de ses très bons matchs de la saison.

En baisse: Artturi Lehkonen

Ce pauvre garçon n'a plus aucune confiance. Il a été relégué au quatrième trio et il a passé la rondelle au lieu de tirer dans un filet désert en fin de match.

Le chiffre du match: 18

Sa première aide du match, sur le but de Paul Byron, fut sa 18e de la saison, ce qui égalait un record de Mario Tremblay (1974-1975) et de Petr Svoboda (1984-1985) pour le plus grand nombre d'aides avec le CH pour un joueur de 18 ans. Jesperi Kotkaniemi a ajouté sa 19e aide sur le but de Tatar.