(Tokyo) De petits groupes de manifestants se sont rassemblés dimanche à Tokyo et à Sapporo afin de s’opposer à la candidature nipponne pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver de 2030.

Publié le 12 juin
Yuri Kageyama Associated Press

Une cinquantaine de personnes se sont réunies dans chaque ville avec des affiches sur lesquelles on pouvait lire : « Pas d’Olympiques ». Ils ont tenté de faire valoir leur point de vue aux passants.

Sapporo est considérée parmi les favorites pour obtenir ces Jeux d’hiver, avec Salt Lake City et Vancouver. Les trois villes ont déjà accueilli les Olympiques.

La semaine dernière, la préfecture de Sapporo a rejeté une proposition sur la tenue d’un référendum sur la tenue des JO. Les villes qui ont tenu ce genre de vote public ont habituellement rejeté l’idée de se porter candidates.

Les autorités de Sapporo disent que les sondages montrent un appui de 52 % en faveur de la candidature et qu’un référendum n’est donc pas nécessaire.

« Ce sera tellement coûteux, a déclaré Yuki Kubo, un résidant de Sapporo, après la manifestation dans la ville du nord du Japon. Les gens ont dû mal à arriver. Ce n’est pas le temps de gaspiller de l’argent sur les Jeux olympiques. »

Sapporo estime les coûts d’organiser les JO 2030 à 2,6 milliards US, mais les coûts réels des Jeux dépassent toujours les estimations. La ville espère utiliser des infrastructures mises en place pour les Jeux d’hiver de 1972, en plus d’en utiliser d’autres construites pour les Jeux de Nagano, en 1998.

Le coût officiel des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, tenus en 2021 en raison de la pandémie, ont été de 13,6 milliards, deux fois les coûts estimés à l’origine. De plus, plusieurs audits gouvernementaux ont démontré que ces coûts pourraient bien être plus élevés. En tout, 6 milliards provenant des deniers publics ont été consacrés à l’organisation de Tokyo 2020.

« Tokyo est criblée de dettes que nous devons payer, alors ces Jeux sont loin d’être terminés », a pour sa part estimé Misako Ichimura, qui a manifesté près de la station Shinjuku, à Tokyo.

L’opposition aux Jeux de Tokyo a été constante, mais s’est estompée une fois les Jeux lancés, il y a un peu moins d’un an, et que les partisans ont pu assister aux compétitions.

La candidature de Sapporo est pratiquement assurée d’obtenir l’aval du parti LDP, au pouvoir au Japon, et un important appui corporatif. Le Comité international olympique (CIO) doit aussi une faveur au Japon pour avoir tenu les Jeux malgré les coûts additionnels et la perte de près de 1 milliard en revenus de billetterie pour les organisateurs locaux.

Le CIO doit identifier la ville hôtesse lors d’une réunion en mai 2023, à Mumbai en Inde. Elle pourrait aussi attribuer les JO 2034 lors de cette réunion.

Les trois prochains Jeux d’été sont déjà déterminés : Paris 2024, Los Angeles 2028 et Brisbane, en Australie, en 2032. Les prochains Jeux d’hiver auront lieu à Milan-Cortina d’Ampezzo, en 2026.

Akira Hayama, une étudiante qui a manifesté à Tokyo, a déclaré qu’il est « incroyable qu’on parle de tenir les Jeux à Sapporo. Il semble que tout le monde a oublié ».