Marie-Michèle Gagnon participera à Pékin à ses troisièmes Jeux olympiques. Mais pour la première fois, la skieuse de Lac-Etchemin participera aux épreuves de vitesse. Plus que jamais, elle a l’impression d’être à la bonne place au bon moment.

Publié le 21 janvier
Frédéric Daigle La Presse Canadienne

« Les résultats de la saison dernière m’ont confortée, mais j’ai aussi l’impression d’être où je dois être, d’avoir la sensation que j’emprunte le parcours que j’étais supposée suivre, a-t-elle confié en entrevue à La Presse Canadienne plus tôt ce mois-ci.

« Les épreuves de vitesse épousent davantage mon style de vie, ma façon de voir les choses. Je suis complètement en paix avec ma décision. Avec les résultats qui viennent appuyer cela, ça m’aide beaucoup. »

Gagnon a toujours rêvé de vitesse. C’est d’ailleurs en descente et en super-G qu’elle avait amorcé sa carrière. Une fracture de la jambe subie alors qu’elle avait 18 ans est venue tout chambouler, alors qu’on lui a fortement suggéré de se concentrer sur les épreuves techniques à son retour en piste.

De retour à ses « premiers amours » depuis cinq ans, elle ne regrette en rien son expérience du côté technique.

« Je pense que mon parcours dans les épreuves techniques m’a préparée pour la vitesse. Je n’aurais pas voulu faire autrement », a indiqué l’athlète de 32 ans.

PHOTO CHRISTOF STACHE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Marie-Michèle Gagnon est montée sur la troisième marche du podium au Super-G de Garmisch-Partenkirchen, le 30 janvier.

Je me suis prouvé que j’étais capable de bien faire dans plusieurs disciplines. Je pense que ç’a toujours été le but d’aller vers la vitesse plus tard dans ma carrière, avec une bonne base de technique.

Marie-Michèle Gagnon

« En vitesse, on s’entraîne en géant, on fait beaucoup de travail sur le côté technique pour bien performer. Ça m’a donc vraiment aidée », ajoute-t-elle.

C’est aussi une tendance remarquée sur le circuit.

« Le ski de vitesse, de plus en plus, ce sont les filles qui sont fortes techniquement qui sont parmi les meilleures. Auparavant, c’étaient davantage les filles qui ne focalisaient que sur la vitesse qui remportaient les épreuves. Maintenant, depuis cinq ou six ans, les filles fortes en technique, les [Mikaela] Shiffrin, [Wendy] Holdener, [Michelle] Gisin s’en vont [vers les épreuves de] vitesse et sont les plus fortes. C’est vraiment important d’avoir un bon background technique pour être bonne sur toutes les pistes. De plus en plus. »

Dernier tour de piste

Possiblement à ses derniers Jeux — mais pas à sa dernière saison en carrière —, Gagnon ne ressent pas une pression différente. De toute façon, prendre part aux JO n’est pas différent pour elle que de prendre part à une Coupe du monde ou aux Mondiaux.

« C’est ce que j’essaie d’avoir comme approche. Après tout, ce sont les mêmes adversaires. Chaque fois que je fais une course, je veux faire de mon mieux, pourquoi ce serait différent aux JO ? D’ailleurs, quand j’essaie d’en faire trop, ça ne donne pas de bons résultats.

« Nous ne sommes pas dans un sport de cardio, où si tu en donnes un peu plus, ça peut donner de meilleurs résultats, poursuit-elle. Au contraire : en ski alpin, plus tu essaies d’en mettre, plus tu es tendue et moins ton ski est fluide. La ligne est mince, mais c’est tellement facile de trop en faire. Il faut trouver l’équilibre parfait pour obtenir une bonne performance. »

Cet équilibre, elle semble l’avoir atteint.

« J’étais vraiment contente d’avoir plus de constance cette saison. L’année passée, j’ai vraiment prouvé que je faisais partie de l’élite et cela fait que j’ai de meilleurs dossards de départ et que j’ai de meilleures performances. […] Je veux progresser de course en course afin d’être vraiment une menace [à Pékin]. »

Que vise-t-elle à ces Jeux ?

« Je n’arrive pas dans une compétition avec un objectif de classement. […] Je veux arriver là sans pression, mais en pleine confiance. Si je fais tout ce que j’ai à faire et que ça donne une médaille, tant mieux. Mais si je fais tout ce que j’ai à faire et que je ne monte pas sur le podium, je serai quand même fière de moi. Je veux offrir la meilleure performance que je suis en mesure de donner. Ma meilleure performance peut donner une neuvième, une 15e ou une troisième place : je ne peux pas contrôler la performance des autres autour de moi. »

Les épreuves féminines de vitesse aux Jeux olympiques de Pékin seront lancées par le super-G, le 11 février, suivi de la descente le 15. Le combiné alpin aura lieu le 17. Gagnon et son équipe décideront une fois sur place à quelles épreuves elle s’inscrira.