Malgré l’incertitude ambiante, le chef du sport au Comité olympique canadien est convaincu que les athlètes en mettront plein la vue aux Jeux olympiques de Pékin

Publié le 10 janvier
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

S’appuyant sur son plan des Jeux de Tokyo, le Comité olympique canadien (COC) est persuadé de pouvoir mener sa mission à bien dans moins d’un mois à Pékin.

Le grand défi sera de s’y rendre. Avant ses deux victoires à la Coupe du monde de Tremblant, la semaine dernière, le bosseur Mikaël Kingsbury soulignait qu’il ne pouvait pratiquement plus se permettre de contracter le virus de la COVID-19, sans quoi sa participation serait compromise.

« Mon dossier prioritaire est de m’assurer que tous les athlètes qui se sont qualifiés puissent aller aux Jeux, a indiqué Eric Myles, chef du sport au COC, lundi après-midi. On a mis tous les efforts possibles, toutes les choses en place, pour s’assurer d’amener ce monde-là. C’est l’objectif numéro un. »

Plusieurs fédérations ont mis en place des mesures pour que leurs athlètes s’entraînent dans un format de « bulle » d’ici leur départ pour la capitale chinoise.

C’est le cas entre autres de l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste, dont 11 des 12 membres ont subi un test positif à la COVID-19 avant les Fêtes. L’équipe féminine de hockey a également été aux prises avec une éclosion. Hockey Canada a annulé tous ses matchs préparatoires d’ici les Jeux. Les joueuses doivent se réunir bientôt pour un stage en circuit fermé.

« Ce qui est un défi, c’est ceux qui doivent toujours se qualifier et qui doivent voyager, a souligné Eric Myles. On a vu des sports qui ont rajusté leurs plans pour rester le plus possible dans ce concept de bulle là, quitte à manquer une Coupe du monde. »

PHOTO FOURNIE PAR LE COMITÉ OLYMPIQUE CANADIEN

Eric Myles, chef du sport au Comité olympique canadien

L’équipe canadienne de bobsleigh a dû se cloîtrer en Lettonie après une éclosion qui a touché 14 de ses membres – 11 athlètes et 3 entraîneurs. Le Québécois Samuel Giguère a dû faire une croix sur une Coupe du monde.

Fumante depuis le début de la saison, l’équipe de ski cross a aussi revu son programme dans la dernière ligne droite. Les athlètes se concentreront sur de l’entraînement dans une bulle au pays. La Québécoise Brittany Phelan, médaillée d’argent olympique en 2018, a annoncé la semaine dernière qu’elle avait été infectée, mais qu’elle n’était plus positive.

La COVID-19 s’est également introduite dans l’équipe canadienne de ski acrobatique dans les dernières semaines.

Sans vouloir quantifier le nombre de cas, Eric Myles reconnaît qu’ils se multiplient, incluant dans le personnel de mission du COC. « Je n’entrerai pas dans les détails, mais on en a. Tout le monde en a partout, que ce soit dans du staff, dans les équipes, chez les athlètes, etc. »

La majorité des athlètes canadiens gagneront la Chine à partir de Vancouver dans deux vols nolisés par le COC, les 26 et 29 janvier. Tous les voyageurs doivent se soumettre à un test de détection PCR de 16 à 18 jours avant leur départ, en plus des deux tests requis par le comité organisateur 96 et 72 heures avant le décollage. Le COC songe également à ajouter un contrôle avant de monter à bord.

L’idée avec ça n’est pas de créer du stress, mais de protéger le plus de monde possible. On préfère savoir que de ne pas savoir.

Eric Myles, chef du sport au Comité olympique canadien

La pleine vaccination (deux doses) est obligatoire pour les athlètes, ce qui n’était pas le cas pour Tokyo, où elle n’était que fortement recommandée. Plusieurs d’entre eux ont reçu une injection de rappel dans les dernières semaines.

Un test positif dans les prochains jours ne serait pas un obstacle rédhibitoire à une participation aux Jeux, a affirmé Eric Myles. « Non, la porte n’est pas fermée. Il y a encore des choses sur lesquelles on peut travailler avec le [Comité international olympique]. Dépendamment des tests, de l’absence ou non de symptômes. Il y a encore des possibilités. »

Il a été rassuré en ce sens par les propos du chef médical et scientifique du CIO, le DRichard Budgett, lors d’une réunion avec tous les pays participants la semaine dernière.

Par ailleurs, les places dans les vols seront soigneusement attribuées en fonction des liens entre chacun des athlètes. Même chose dans le Village olympique, où certains devront partager des chambres pour deux personnes dans des appartements à six ou à huit.

« Un plan solide »

Mais à partir de là, le chef du sport a bon espoir que le plan du COC, calqué sur celui de Tokyo et adapté en fonction du variant Omicron, tiendra la route. Le Canada n’avait déploré aucun cas positif au sein de la délégation durant la quinzaine japonaise.

Le Canada peut-il penser répéter la même chose à Pékin ? « Je peux difficilement répondre à ça, mais on a vraiment un plan solide. On a même des équipes de désinfection intégrées. Ça va dans les détails, jusqu’aux cliniques pour traiter les athlètes à nos salles de musculation. J’ai confiance en ça, mais je ne pourrais dire à 100 % qu’il n’y en aura pas. »

Eric Myles s’est prêté à l’entrevue dans le cadre du lancement de la campagne « La gloire vient de partout » en vue des Jeux d’hiver de Pékin. Elle met en vedette huit athlètes, dont Kingsbury et le planchiste Maxence Parrot.

« Tout le monde est hyper motivé et concentré sur ce qui s’en vient. La campagne dit : ‟Ensemble, on peut tout surmonter”. C’est vraiment cette approche-là qu’on a. »

Malgré l’inquiétude ambiante, le chef du sport est persuadé que le public sera conquis comme à Tokyo, il y a cinq mois.

« Ça a été une vague qui m’a quasiment assommé quand je suis revenu. De réaliser tout l’impact et l’effet que ça a eu en des temps de pandémie. Je suis convaincu qu’en sortant de ces deux semaines-là, les gens vont être encore renversés. »