Les principaux commanditaires des Jeux olympiques d’hiver de Pékin devraient expliquer pourquoi ils restent largement silencieux sur les violations présumées des droits de la personne en Chine alors que les Jeux s’ouvriront dans un peu moins de trois mois, a déclaré Human Rights Watch vendredi.

Stephen Wade Associated Press

Le groupe de défense des droits de la personne a déclaré dans un communiqué qu’il avait contacté toutes les entreprises faisant partie du Programme des Partenaires olympiques du Comité international olympique (CIO), sauf un.

Human Rights Watch a également communiqué avec NBC, « l’entreprise médiatique basée aux États-Unis dont les droits de diffusion représentent environ 40 % de tous les revenus du CIO », selon le communiqué.

La seule entreprise qui a répondu à l’organisation est Allianz.

« Nous soutenons le mouvement olympique, et notre soutien de longue date à ses idéaux ne faiblira pas », a répondu l’assureur.

Les Jeux de Pékin débutent le 4 février.

Dans sa demande, Human Rights Watch demandait aux commanditaires d’être conscients de la situation des droits en Chine et d’examiner les chaînes d’approvisionnement et autres opérations pour s’assurer qu’elles ne « contribuent pas aux violations des droits humains ».

« Il ne reste que trois mois avant les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin, mais les entreprises qui les commanditent restent muettes sur la façon dont elles exercent leur influence pour lutter contre le bilan épouvantable de la Chine en matière de droits humains », a déclaré Sophie Richardson, directrice pour la Chine auprès de la division Asie de Human Rights Watch.

Les principaux commanditaires, au moment où la lettre a été envoyée, comprenaient notamment : Airbnb, Alibaba, Allianz, Atos, Bridgestone, Coca-Cola, Intel, Omega, Panasonic, Procter & Gamble, Toyota et Visa.

Au total, les principaux commanditaires ont versé environ 1 milliard de dollars américains au CIO au cours du cycle olympique 2013-2016, un chiffre qui devrait doubler lorsque les montants complets seront publiés pour le cycle 2017-2020. Ce cycle a été retardé d’un an en raison de la pandémie.

Le réseau américain NBC a représenté environ 40 % des revenus du CIO sur le cycle 2013-2016.

La déclaration du groupe de défense des droits intervient trois jours seulement après qu’un groupe syndical mondial a publié un rapport cinglant qui remettait en question le bien-fondé d’organiser les jeux en Chine en raison des allégations de génocide et de crimes contre l’humanité qui auraient eu lieu dans le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Le rapport de la Confédération syndicale internationale (CSI) s’intitule « Chine : une médaille d’or pour la répression ».

La Chine a nié à plusieurs reprises qu’un génocide ait lieu, qualifiant l’allégation de « mensonge du siècle ». Elle a déclaré que les camps du nord-ouest de la Chine sont destinés à l’éducation et non à l’internement arbitraire d’un million de musulmans ouïghours et d’autres minorités religieuses et ethniques.

Pour sa part, le CIO affirme que son seul objectif concerne le sport et qu’il n’a pas pour mandat d’agir sur les politiques d’un État souverain. Le CIO détient cependant un siège d’observateur aux Nations unies, contrairement aux entreprises.

« Nous avons beaucoup de respect pour les autres organisations qui ont d’autres objectifs », a déclaré plus tôt cette semaine Juan Antonio Samaranch, membre du CIO en charge des préparatifs de Pékin, en réponse au rapport de la CSI. « Mais nous pensons que notre responsabilité est ce qu’elle est : célébrer les Jeux olympiques comme une célébration de l’humanité, dans son ensemble, malgré nos différences. »

La plupart des commanditaires du CIO ont adhéré aux « Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ». Ceux-ci énoncent l’obligation des États et des entreprises de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits de l’homme et les libertés fondamentales.

Cependant, le CIO n’a pas inclus ces directives dans son contrat de ville hôte pour les Jeux olympiques de Pékin, mais les a ajoutées au contrat pour les Jeux olympiques de Paris 2024 et des futurs Jeux.

Lorsque le CIO a décerné à Pékin les Jeux olympiques d’été de 2008, il a déclaré que les jeux amélioreraient les droits de l’homme en Chine.

« L’échec des autorités chinoises à respecter les engagements relatifs aux droits qu’elles ont pris pour obtenir les Jeux olympiques d’été de 2008, et leur répression croissante depuis lors, démontrent clairement qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement respecte les droits de la personne lors des Jeux d’hiver de 2022 », a déclaré Human Rights Watch.