(Chiba) Un effort de cinq ans pour revenir au sommet du podium aux Jeux olympiques s’est arrêté en cinq minutes, dimanche, pour la lutteuse canadienne Erica Wiebe.

Gregory Strong La Presse Canadienne

L’Estonienne Epp Maee a rapidement pris les devants et a tenu le coup pour l’emporter 5-4 lors du premier tour. Il s’agissait d’une sortie surprise de la championne olympique en titre, qui n’a pas été en mesure de se ressaisir après un lent départ.

« Mon seul objectif aujourd’hui était de compétitionner à mon meilleur. Je crois que je l’ai fait dans les deux dernières minutes de l’affrontement, a dit Wiebe. Ce n’était pas suffisant aujourd’hui. »

Son élimination officielle dans la catégorie des 76 kilogrammes a été confirmée quelques instants plus tard. Wiebe avait une petite chance de glisser à l’intérieur de la ronde de repêchage et de se battre pour la médaille de bronze, mais ses espoirs se sont envolés quand Maee a perdu son duel suivant.

« C’est une nouvelle compétition, a déclaré Maee à propos de son match contre la championne des Jeux de Rio. Le résultat précédent ne veut rien dire. C’est un nouveau match et une nouvelle journée. »

Maee, une double médaillée de bronze aux Mondiaux, menait 3-0 à la pause et elle a accentué son avance de deux points au début du deuxième round. Wiebe a réussi une projection au sol et elle a récolté deux autres points.

Dans les dernières secondes, la Canadienne a tenté d’aller chercher d’autres points, mais Maee a résisté.

« Je connais la façon dont Erica peut bouger et je connais la pression qu’elle peut appliquer sur ses adversaires. Elle ne l’a pas fait dès le départ, a mentionné l’entraîneur canadien Paul Ragusa. Elle a pris un peu de temps avant de se sentir à l’aise. »

Wiebe a dû ajuster ses plans d’entraînement pendant la pandémie, apportant des poids et un tapis de lutte dans son sous-sol. Lorsque les installations ont été fermées, l’an dernier, l’athlète a dû s’entraîner à l’extérieur sur le gazon et a dû faire des mouvements dans le vide pour visualiser ses attaques.

« J’ai assurément été tenue loin des tapis de lutte pendant plus de temps que lors des 10 dernières années combinées, probablement », a-t-elle fait savoir.

Ragusa a noté que les programmes de haute performance dans les pays européens avaient plus d’options l’année dernière pour les voyages et l’entraînement, ajoutant que de nombreuses équipes étaient en mesure d’organiser des camps réguliers.

Pendant ce temps, Wiebe s’est entraînée avec un nombre limité de partenaires et d’options de voyage.

« Nous avons vraiment dû ajuster notre plan en fonction des quarantaines, a exprimé Wiebe. Nous avons créé un bon environnement solide pour nous-mêmes. Dans les circonstances actuelles, nous avons pu faire ce que nous pouvions et être le mieux préparés possible pour ce tournoi. »

Wiebe a repris la compétition tard l’an dernier, mais a dû surmonter des blessures au genou et à la cheville pendant la période menant aux Jeux de Tokyo. Elle était déterminée à persévérer, peu importe le défi.

Maee s’est inclinée face à la Japonaise Hiroe Minagawa, qui est passée en demi-finale contre l’Allemande Aline Rotter Focken. L’Américaine Adeline Maria Gray, quintuple championne du monde, devait affronter la Kirghize Aiperi Medet Kyzy dans l’autre demi-finale.

Les matchs de médaille sont prévus lundi.