Après un début de tournoi olympique en deçà des attentes, avec une fiche d’une victoire et deux défaites en ronde préliminaire, la formation canadienne a terminé son parcours en beauté sur une victoire de 24-10 contre le Kenya. Un classement inférieur à l’objectif, mais moins déterminant que le chemin parcouru pour se rendre à Tokyo.

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« L’important pour nous, c’était de nous présenter sur le terrain la tête haute pour finir notre tournoi ensemble. On voulait avoir du plaisir et le faire de façon fière, même si ce n’est évidemment pas le résultat souhaité », a déclaré Karen Paquin après la victoire de l’équipe.

Les Canadiennes ont été exclues des quarts de finale après leur défaite face à la France vendredi en début de journée. Elles se sont reprises de belle façon en battant les Brésiliennes, ce qui leur permettait d’affronter les Kényanes samedi pour s’assurer la neuvième place au classement général.

On a pris le temps de vivre nos émotions quand on a appris qu’on n’allait pas jouer en demi-finale. On s’est regroupées pour se dire que c’était un privilège de représenter le Canada, qu’on finisse sur un podium ou non. C’était important de bien terminer le tournoi.

Karen Paquin

Charity Williams a donné le ton à la rencontre avec un premier essai rapide en tout début de match, résultat d’une belle course de sa part. La Montréalaise Bianca Farella a ensuite ajouté un second essai à l’avance de l’unifolié.

PHOTO SHUJI KAJIYAMA, ASSOCIATED PRESS

Bianca Farella

Le Kenya a réussi à réduire l’écart à 12-5, mais Farella est rapidement revenue à la charge avec un troisième essai canadien, son deuxième de la rencontre. La capitaine Ghislaine Landry a ensuite concrétisé la victoire des Canadiennes avec une autre réussite.

En plus de Paquin et de Farella, Elissa Alarie, de Trois-Rivières, et Pamphinette Buisa, de Gatineau, sont les deux autres Québécoises ayant fait partie de l’équipe canadienne à Tokyo.

Pas le résultat souhaité, mais un tournoi qui fait du bien

La préparation des Canadiennes pour Tokyo n’a pas été de tout repos. En plus de la pandémie, elles ont dû faire face à des montagnes russes d’émotion avec la démission de l’entraîneur-chef à la suite de multiples plaintes reçues contre lui de la part d’anciennes joueuses et de joueuses actuelles.

Un groupe d’enquêteurs indépendants avait à ce moment déclaré que le comportement de l’entraîneur ne contrevenait pas à la politique de la fédération sur l’intimidation et le harcèlement. Une décision difficile à accepter pour les joueuses qui se sont senties lâchées par la fédération.

Les Jeux olympiques de Tokyo représentaient pour elles une occasion de tourner la page sur des moments difficiles.

Ça faisait très longtemps qu’on attendait de pouvoir jouer des matchs. On savait que le tournoi allait être une boîte à surprise à cause de la pandémie. Le plaisir de jouer était présent. On a eu l’impression de ne pas avoir toute l’énergie voulue, mais c’était important d’être ici et de vouloir jouer.

Karen Paquin

« On aurait voulu ajouter une médaille à notre héritage. On voulait aussi laisser un héritage pour les futures joueuses de rugby en leur offrant un environnement sûr où elles se sentent respectées, où tout le monde a sa place. On savait que c’était un risque et que ça pouvait nous coûter notre rêve de médaille », a ajouté Karen Paquin, très émotive.

Même si les joueuses ne retourneront pas au pays avec une médaille olympique au cou, elles se disent fières du travail accompli quant à la visibilité du rugby féminin.

« Évidemment, on vient toutes ici pour gagner l’or, mais on voit l’évolution du rugby féminin, notamment avec des équipes comme les Fidji. Nous savons que nous étions capables de donner de meilleurs résultats. C’est un sport très rapide et les choses changent rapidement », a déclaré Elissa Alarie avant le match contre le Kenya.

Karen Paquin a également voulu mettre de l’avant l’esprit de camaraderie qui règne au sein de la formation canadienne.

« Certains matchs sont plus difficiles, on a été très unies là-dedans. Tout le monde s’est donné à son plein potentiel », a conclu la médaillée de bronze des Jeux olympiques de Rio, en 2016.