(Tokyo) La première finale olympique du 100 m depuis la retraite du roi Usain Bolt s’annonce très ouverte dimanche à Tokyo, sans aucun sprinteur déjà détenteur d’un grand titre dans les blocs de départ (Christian Coleman est suspendu, Justin Gatlin pas qualifié). Revue d’effectif.

Keyvan NARAGHI Agence France-Presse

Trayvon Bromell : l’homme à battre

Après trois ans loin des pistes en raison d’une grave blessure au tendon d’Achille, l’Américain Trayvon Bromell, auteur du meilleur chrono de l’année sur 100 m en 9 sec 77, vit une soudaine renaissance et s’annonce comme le grand favori.

Une façon pour le sprinteur de St Petersburg (Floride), âgé de 26 ans, de rattraper le temps perdu après un début de carrière en fanfare subitement brisé par deux opérations après les JO de Rio en 2016. Premier junior de l’histoire sous les 10 secondes (9 sec 97 en 2014), troisième des Mondiaux en 2015 à seulement 20 ans et champion du monde en salle du 60 m en 2016, ce fervent croyant, élevé par sa mère dans un quartier difficile et entraîné par le charismatique coach américain Rana Reider, est enfin de retour au premier plan.

Akani Simbine, l’ambitieux

Le Sud-Africain a semblé monter en puissance en cette année olympique, jusqu’à réussir 9 sec 84 (vent +1,2 m/s) début juillet en Hongrie, battant un record d’Afrique vieux de 15 ans.

Deuxième meilleur performeur de la saison derrière Bromell, Simbine postule pour devenir le premier champion olympique africain du 100 m depuis son compatriote Reginald Walker en 1908 à Londres, une éternité.

À 27 ans il n’a pour l’instant collectionné que les places d’honneur au niveau international : 5e des derniers JO, 4e aux Mondiaux de Doha en 2019 et 5e aux Mondiaux de Londres en 2017.

« C’est son année pour gagner une médaille individuelle olympique. Nous avons coché toutes les cases avant les Jeux, travaillé dur depuis longtemps pour cela. Il a besoin d’avoir confiance et de croire en lui », a indiqué son entraîneur Werner Prinsloo à la presse sud-africaine.

Ronnie Baker, l’inconnu

À 27 ans, cet inconnu du grand public va vivre la première grande compétition internationale de sa carrière. Mais la 2e place des Trials US lui offre forcément un statut.

Troisième performeur mondial en 2021, Baker avait marqué les esprits en remportant le 100 m de la rencontre de Monaco le 10 juillet, le seul qui regroupait tous les favoris des JO.

« J’étais soulagé de ma deuxième place aux sélections. Je me suis dit que si j’étais capable d’endurer un tel niveau de pression et d’excitation, rien ne m’était impossible », a déclaré le médaillé de bronze des Mondiaux en salle sur 60 m en 2018.

Andre De Grasse : le revenant

Considéré comme un possible successeur de Sa Majesté Usain Bolt après des JO de Rio très prometteurs en 2016 (3e du 100 m, 2e du 200 m), Andre De Grasse a dû ensuite composer avec un corps trop souvent meurtri. Mais le Canadien, compagnon de la championne du monde du 100 m haies Nia Ali, s’est remis d’aplomb à partir de 2019 sous la houlette de Rana Reider et apparaît comme un solide outsider sur la ligne droite même si sa distance de prédilection reste le 200 m.