(Tokyo) Cette fois, la magie de Penny Oleksiak n’a pas suffi.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

La tâche était titanesque : revenir sur trois rivales qui filaient vers le record du monde. Penny Oleksiak a beau être un poids lourd de la natation et posséder la rare faculté de revenir de l’arrière, elle avait trois torpilles à rattraper, dont Katie Ledecky, bruyamment encouragée par Michael Phelps depuis la tribune de presse.

Oleksiak s’est rapprochée de l’Américaine sur la première longueur, avant de céder du terrain par la suite. Les Canadiennes ont terminé quatrièmes, à deux secondes et demie de la troisième marche du podium occupée par l’Australie d’Ariarne Titmus.

Avec un chrono de 7 min 43,77 s, une marque nationale, les Ontariennes Summer McIntosh, Rebbeca Smith, Kayla Sanchez et Oleksiak auraient fini deuxièmes aux JO de Rio en 2016.

Mais comme le rappelle toujours leur entraîneur Ben Titley, le reste de la planète continue d’avancer. Ainsi, la Chine de Yang Junxuan a inscrit un record mondial pour remporter l’or en 7 min 40,33 s. Ledecky a réussi le meilleur dernier relais (1 min 53,76 s), menant son pays vers l’argent, juste devant l’Australie.

« On est certainement déçues de manquer le podium, mais on savait que ce serait une course difficile », a réagi Oleksiak, qui a raté une première occasion de devenir la Canadienne la plus décorée de tous les temps. Son compte est toujours à six, dont deux à Tokyo.

« Les trois autres équipes sont comme sorties de nulle part avec ça. Elles étaient vraiment rapides. Plusieurs d’entre elles étaient reposées pour ce matin. »

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Penny Olesiak avant le début de la course

On a toutes fait de notre mieux, c’est tout ce que tu peux demander. On ne peut pas être déçues avec un record canadien. Ç’aurait été bien d’obtenir une médaille, mais tu ne peux pas avoir toujours toutes les médailles !

Penny Oleksiak

Oleksiak accusait un retard d’un peu moins de deux secondes sur Ledecky, alors troisième, au moment de recevoir l’échange de Sanchez. La Torontoise de 21 ans ne voulait pas connaître son temps (1 min 55,14 s, un peu plus lent qu’à Rio et qu’en finale pour le bronze d’il y a deux jours à Tokyo).

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Sous le regard de Summer McIntosh et Rebecca Smith, le dernier relais canadien se passe entre Kayla Sanchez et
Penny Olesiak.

« Je savais que ce serait dur, mais je voulais y aller et y mettre tout ce que j’avais. Je l’ai fait, je l’ai senti dans mes jambes pendant toute la course ! Je n’avais pas la portion sous l’eau que j’aurais souhaité. »

Unies

Avec raison, Sanchez a souligné la performance « folle » de McIntosh, 14 ans, qui a lancé le relais de façon magistrale, plaçant son équipe au troisième rang. Son temps de 1 min 55,74 s lui a permis d’améliorer son propre record national dans son groupe d’âge.

Nerveuse, l’adolescente ? « Non », a-t-elle répondu en dévoilant ses broches. « Elle n’est jamais nerveuse », a précisé Sanchez.

Je ne suis pas seulement heureuse de ma performance, mais de celle de l’équipe au complet. Je m’entraîne avec elles tous les jours et je suis juste fière d’elles. Elles me soutiennent tellement.

Summer McIntosh

Oleksiak a admis avoir senti les effets de sa demi-finale du 100 m libre disputée une heure et demie plus tôt. Elle s’est qualifiée pour la finale au cinquième rang. « Ce n’est pas aussi facile que quand j’avais 16 ans. J’ai clairement plus d’acide lactique. Je l’ai senti pendant la course, mais je voulais faire de mon mieux pour elles. »

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Dans l’ordre : Summer McIntosh,
Rebecca Smith
,
Penny Olesiak

et Kayla Sanchez (non visible à droite)

Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey, qui avaient nagé en préliminaires, ont suivi la finale du haut des gradins. Elle auraient reçu une médaille si leurs coéquipières étaient montées sur le podium.

« J’étais plus nerveuse de les regarder que de nager moi-même ! », a souligné Savard, médaillée de bronze dans cette épreuve à Rio. « Quand tu n’as pas le contrôle sur quelque chose, c’est quand même stressant. »

Toutes les filles ont fait la job. C’est sûr, la position est décevante, mais la performance ne l’est pas. Les filles ont super bien nagé.

Katerine Savard

Avec Sydney Pickrem, qui avait aussi nagé la veille en préliminaires, les deux Québécoises ont accompagné les finalistes jusque dans la chambre d’appel.

Harvey, qui participe à ses premiers JO, a vécu une toute nouvelle expérience comme spectatrice. « Pour être honnête, il y a un petit pincement, mais les filles ont donné leur 100 %, comme nous la veille. On ne peut pas être déçues quand on donne notre 100 %. »

Les autres performances

Favori attendu, Caeleb Dressel a remporté le 100 m libre en 47,02 s, un record olympique par trois centièmes. Fidèle à son habitude, l’Américain de 25 ans a pris l’avance grâce à son départ extraterrestre. Kliment Kolesnikov, premier des demi-finales, lui a cependant livré une chaude lutte dans la deuxième longueur.

Dressel a baissé la tête et accéléré la cadence dans les 10 derniers mètres pour toucher le premier devant… l’Australien Kyle Chalmers, qui revenait dans le couloir 7. Le tenant du titre n’a échappé l’or que par six centièmes.

Kolesnikov, du Comité olympique russe, a pris le bronze en 47,44 s, devançant le Français Maxime Grousset, au grand dam du descripteur français qui se faisait entendre sur toute la galerie de presse.

La session s’est ouverte avec la toute première finale du 800 m masculin olympique. Et ce fut tout un début ! L’Américain Robert Finke a réalisé une dernière longueur monstrueuse (26,39 s !) pour passer du quatrième au premier rang. Il a soufflé la victoire à l’Italien Gregorio Paltrinieri (+ 0,24 se), tenant du titre au 1500 m, qui avait mené l’épreuve sur les 700 premiers mètres. L’Ukrainien Mykhailo Romanchuk (+ 0,46 s) a complété le podium.

Au 200 m dos, Markus Thormeyer, de Vancouver, n’a pas été en mesure d’améliorer son temps des préliminaires au 200 m dos. Le finaliste aux derniers Mondiaux s’est classé 16e des demi-finales. Au 200 m brasse, Kelsey Wog, de Winnipeg, a été disqualifiée lors de la première demi-finale, où elle avait terminé huitième. Elle a exécuté un battement de jambes au papillon avant l’arrivée.