(Tokyo) Jessica Sevick a tenté de retenir les larmes.

Joshua Clipperton La Presse Canadienne

Le fait de réfléchir à son parcours qui l’a amenée d’un coma, à la suite d’un accident d’enfance dévastateur, jusqu’à une finale olympique d’aviron était beaucoup à prendre en compte.

« Je suis désolée, a-t-elle dit après sa finale en deux de couple aux Jeux olympiques de Tokyo. C’est un peu difficile en ce moment. »

Sevick et sa partenaire Gabrielle Smith ont montré le quatrième meilleur temps des demi-finales, mais elles ont terminé à plus de 12 secondes des gagnantes, mercredi.

« Ce n’était simplement pas assez bon », a déclaré Smith.

« Ç’a été incroyable, a ajouté Sevick en parlant de son expérience. Des Olympiques… pas comme les autres. »

Son chemin vers la baie de Tokyo pourrait être décrit de la même façon.

Âgée de 32 ans, Sevick a subi un traumatisme crânien il y a 20 ans, sur la piste de luge du Parc olympique de Calgary.

Les médecins ont dit à ses parents de se préparer à l’impensable. Et si leur fille s’en sortait, il y avait une chance qu’elle souffre d’un grave handicap.

Sevick a été dans ce coma pendant deux semaines et est restée à l’hôpital pendant deux autres. Mais alors que sa blessure a entraîné une atrophie cérébelleuse — rester en équilibre, à la fois sur terre et dans le bateau, peut être difficile — elle a surmonté des obstacles incroyables pour non seulement mener une vie normale, mais devenir une olympienne.

« C’est simplement un message qui dit de ne jamais être limité par votre situation, a affirmé Sevick. Et que toute sorte de handicap physique ou quelque chose que vous ne pouvez pas contrôler qui vous arrive n’est pas quelque chose qui doit vous définir. »

Sevick et Smith ont conclu la course de 2000 mètres en 6 : 53,19, loin derrière la Roumanie (6 : 41,03), la Nouvelle-Zélande (6 : 44,82) et les Pays-Bas (6 : 45,73) pour une place sur le podium.

« Nous sommes évidemment très chanceuses et très reconnaissantes d’être ici, a insisté Sevick. Il y a beaucoup de choses dont nous pouvons être fières. »

Le duo n’avait jamais pris part à une compétition ensemble avant les Jeux de Tokyo en raison des impacts de la pandémie de COVID-19 sur le monde du sport. Elles avaient pris la deuxième position lors de chacune de leurs deux épreuves avant la déception de mercredi.

« C’était un parcours amusant et excitant, a décrit Smith. Nous sommes toutes les deux des personnes travaillantes. Ç’a été un très bon partenariat.

Dans d’autres courses impliquant des embarcations canadiennes, mercredi, trois équipes ont obtenu leur billet pour une finale, alors que le pays tente de faire oublier une désastreuse performance aux Jeux de Rio, en 2016.

L’Ontarien Conlin McCabe et le Britanno-Colombien Kai Langerfeld ont terminé au troisième rang de l’épreuve de deux de pointe.

Les meilleurs espoirs de médaille du Canada en aviron, les Britanno-Colombiennes Caileigh Filmer et Hillary Janssens ont aussi pris le troisième échelon à l’épreuve féminine de deux de pointe.

Les deux paires participeront aux finales de jeudi, tandis que l’équipe féminine à huit rameuses s’est hissée en deuxième position du repêchage et participera à la finale de vendredi.

L’un des fers de lance du programme national pourrait toutefois avoir participé à sa dernière compétition olympique, plus tôt mercredi.

Médaillé d’argent avec l’équipe à huit rameurs aux Jeux de Londres, en 2012, Will Crothers a conclu la finale B de consolation au deuxième rang en aviron à quatre.