(Tokyo) La nuit porte conseil, dit-on. Elle a tout au moins permis au trampoliniste Jeremy Chartier de prendre le recul nécessaire pour mieux digérer la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), vendredi, de lui refuser une participation aux Jeux olympiques de Tokyo.

Marc Delbès La Presse Canadienne

Chartier a espéré jusqu’au bout qu’il aurait gain de cause et qu’il ferait partie des 16 athlètes qui prendront part à la compétition olympique, le 31 juillet.

« C’est vrai qu’à la seconde même où j’ai appris la nouvelle, ç’a été un choc, j’ai ressenti de la tristesse, de la colère même. Aujourd’hui, j’arrive à prendre un minimum de recul, a confié le Montréalais âgé de 20 ans.

« Aujourd’hui, disons que je vois la décision d’un cœur plus léger. Je suis parvenu à mettre de côté des émotions et je me suis rendu compte que mes chances étaient de 50/50, c’était soi oui ou non. Et j’étais prêt à ce que la décision soit non. »

Dans les circonstances, il estime qu’il n’est pas totalement perdant.

Compte tenu de tout le processus devant le tribunal, je n’ai rien perdu. Si la décision était oui, parfait, je vais aux Jeux. Sinon, je ne revenais pas à la case départ puisque je suis ici au Japon même si je ne suis pas qualifié pour les Jeux.

Jeremy Chartier

Chartier a effectivement accompagné l’équipe au Japon dans l’attente du résultat de l’appel déposé par Gymnastique Canada et le Comité olympique canadien devant le TAS. L’objet du litige était l’interprétation du règlement qui a permis au Colombien Angel Hernandez, champion panaméricain, d’obtenir l’une des deux dernières places disponibles.

« Malheureusement, ils [le TAS] en sont arrivés à une interprétation différente de la nôtre et de la grande majorité du circuit international. Les nouvelles règles étaient très larges et laissent place à beaucoup d’interprétations. Pour notre part, on croyait vraiment que j’étais sélectionné, mais quand les résultats initiaux sont sortis il y a quelques semaines, je ne l’étais pas. »

Il ne croit pas que l’année supplémentaire sans compétition a desservi sa cause.

« Honnêtement, je ne sais pas si ça m’a mis des bâtons dans la roue. Tout le monde s’est retrouvé dans la même situation. Moi, ça m’a permis de m’améliorer. Entre la dernière Coupe du monde en avril 2021 et celle avant, en février 2020, j’ai eu plus d’un an pour m’entraîner et préparer une routine avec un plus haut degré de difficultés. Évidemment, impossible de savoir ce qui serait advenu s’il n’y avait pas eu la COVID. »

Avec la possibilité qu’il intègre encore l’équipe à titre de substitut en cas de blessure et/ou de maladie – une décision devrait venir avant que l’équipe quitte sa base d’entraînement de Yokkaishi, le 28 juillet – il refuse de s’avancer sur ses plans d’avenir.

« Je vais laisser retomber la poussière et regarder ce qui a devant. Il y a plein d’options qui s’offrent à moi. Je pourrais continuer sans envisager de faire un cycle complet. Je pourrais continuer en envisageant un cycle ; je pourrais prendre un petit, un moyen, un long congé, je ne sais pas encore. »