Pour la première fois de l’histoire des Jeux olympiques d’été, deux athlètes de sports d’équipe porteront le drapeau canadien lors de la cérémonie d’ouverture, vendredi. La joueuse de basketball Miranda Ayim et le joueur de rugby Nathan Hirayama sont les heureux élus.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l’annonce dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux d’Équipe Canada, lundi matin.

« Ces Jeux seront une célébration non seulement de l’accomplissement de nos athlètes, mais [aussi] de la résilience collective et du focus que ça nous a tous pris collectivement pour naviguer au travers des défis de la pandémie », a-t-il notamment déclaré avant de nommer les deux athlètes.

L’Ontarienne Miranda Ayim en sera à ses troisièmes et derniers Jeux olympiques.

Joueuse d’expérience, elle représente le pays sur la scène internationale depuis 15 ans. Elle a d’ailleurs fait partie de l’équipe canadienne qui a été décorée d’or aux Jeux panaméricains de Toronto, en 2015. À Tokyo, elle tentera de mener son équipe vers la toute première médaille olympique du Canada en basketball féminin.

PHOTO NATHAN DENETTE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La joueuse de basketball canadienne Miranda Ayim

« Je suis très fière de vous représenter. Pas que mes collègues athlètes, mais aussi vous, les Canadiens d’une nation à l’autre. Vous faites partie d’Équipe Canada, surtout après cette période difficile où on a montré notre esprit de solidarité et comment on était. Je suis très fière, merci beaucoup. C’est un réel honneur », a-t-elle indiqué, en français, en conférence de presse en direct du Japon.

Quant à Nathan Hirayama, il s’agira de sa première participation aux Jeux olympiques. C’est aussi la première fois que le Canada comptera une équipe masculine de rugby à sept.

Arrivé au sein du programme national en 2006 à l’âge de 18 ans, le natif de la Colombie-Britannique est depuis 15 ans un joueur clé des équipes canadiennes de rugby à sept à l’international. Il est notamment le meilleur marqueur de points de l’histoire du Canada dans ce sport. Quand la saison a été interrompue en 2020, il occupait le troisième rang des marqueurs de la Série mondiale de R7 de World Rugby.

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le joueur de rugby canadien Nathan Hirayama

« J’étais vraiment surpris [d’avoir été choisi], mais j’étais encore plus honoré », a affirmé l’athlète de 33 ans, qui a aussi remporté l’or deux fois et l’argent une fois aux Jeux panaméricains.

« C’est un énorme honneur, spécialement d’y être aux côtés de quelqu’un qui est autant décoré et qui a eu une grande carrière comme Miranda. Je suis vraiment excité de m’y rendre avec mon équipe », a-t-il lancé, lui qui se trouvait toujours en Colombie-Britannique au moment de la conférence de presse.

M. Trudeau a qualifié Ayim et Hirayama de « leaders » qui « incarnent la résilience, la persévérance et l’excellence d’Équipe Canada ».

En équipe

C’est la toute première fois qu’un ou une athlète de sports d’équipe est nommé porte-drapeau du Canada aux Jeux olympiques d’été. Une décision qui a bien du sens considérant que, depuis 1984, aucune délégation canadienne n’a été plus nombreuse (370 athlètes) ni n’a compté plus d’équipes de sports collectifs (8).

« Les sports d’équipe représentent l’unité et le fait de surmonter des défis tous ensemble. C’était naturel de choisir des athlètes qui sont des leaders au sein de leur équipe pour être les leaders d’Équipe Canada », a laissé entendre la chef de mission, Marnie McBean.

« Je pense que c’est une belle représentation de ce que nous avons traversé au cours de la dernière année et demie. Les sports d’équipe sont différents. Ils nécessitent d’être performants, mais aussi de travailler ensemble, en tant qu’équipe, et de savoir s’ajuster à différents contextes et différentes personnalités. Je pense que c’est ce qu’on vit tous au quotidien, qu’on soit athlètes ou non », a pour sa part soutenu Miranda Ayim.

Les deux porte-drapeaux, qui combinent 28 années à représenter le pays sur la scène internationale, mèneront cependant un plus petit groupe d’athlètes qu’à l’habitude pour la cérémonie d’ouverture, en raison des protocoles liés à la pandémie. Ces derniers imposent entre autres aux athlètes d’arriver seulement cinq jours avant le début de leur compétition. Par ailleurs, aucun membre du personnel ne pourra prendre part à la cérémonie. Et il n’y aura aucun spectateur.

« La plupart des athlètes, nous opérons sous ces conditions depuis un petit bout, à l’entraînement dans des bulles et en compétition dans des stades vides, a noté la joueuse de basketball. Nous sommes familiers avec ce contexte. Évidemment, la cérémonie d’ouverture sera différente, mais je suis certaine que ce sera une expérience extraordinaire. Je suis convaincue qu’ils feront du beau travail avec la présentation. »

C’est la première fois que deux athlètes, et non un seul, mèneront l’équipe canadienne lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été. La seule fois où deux athlètes ont porté le drapeau était en 2018, lors des Jeux d’hiver de PyeongChang.

Faire confiance aux protocoles

Miranda Ayim et Marnie McBean, qui se trouvent déjà au Japon, n’avaient que de bons mots à l’endroit de la communauté locale et de l’organisation olympique dans ces circonstances plus que spéciales.

« Nous avons été si bien accueillis depuis que nous sommes arrivés, a soutenu Ayim. Tout le monde est tellement élégant et merveilleux. Toutes les précautions, les protocoles ont été suivis à la lettre dans l’objectif de garder les athlètes et les habitants du Japon le plus en sécurité possible. »

Certains athlètes, arrivés dans le village olympique, ont déjà été déclarés positifs à la COVID-19 au cours des derniers jours.

« Ça prouve que le système fonctionne. Les gens se font tester quotidiennement, et ça permet aux différentes organisations sportives nationales de répondre instantanément, de les isoler jusqu’à ce qu’elles puissent déterminer ce qui se passe », a précisé McBean, tout en ajoutant que le port du masque est respecté malgré les 40 oC à Tokyo.

« Nous faisons entièrement confiance aux protocoles en place », a pour sa part ajouté Nathan Hirayama.